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Bengt
Georg Daniel Strömgren, est un astronome
né le 21 janvier 1908 à Göteborg (Suède)
et mort le 4 juillet 1987 Ã Copenhague
(Danemark). Ses travaux ont profondément marqué la compréhension moderne
de l'espace interstellaire et de la composition
des étoiles.
Il était le fils
du professeur Svante Elis Strömgren, un astronome réputé qui dirigeait
l'observatoire de l'Université de Copenhague, et de Hedvig Strömgren
(née Lidforss), dentiste et écrivaine. Grandir au sein même de l'observatoire,
entouré de scientifiques, d'assistants et d'invités, le plongea dès
le plus jeune âge dans un bain de science. Cette précocité intellectuelle
se manifesta par la publication de son premier article scientifique Ã
seulement 14 ans. Il acheva ses études secondaires en 1925 et intégra
l'Université de Copenhague où, en deux ans à peine, il obtint son diplôme
en astronomie et en physique atomique. Deux années supplémentaires lui
suffirent pour terminer une thèse de doctorat, évaluée avec la plus
haute distinction en décembre 1929, faisant de lui un docteur à l'âge
de 21 ans. Durant ses études, il fréquenta assidûment l'Institut de
Niels Bohr, une expérience décisive qui le convainquit d'appliquer le
cadre théorique novateur de la physique quantique
à l'étude de l'espace et des étoiles.
Sa carrière professionnelle
débuta formellement par un poste de maître de conférences à l'université
en 1932. En 1936, il fit partie, avec Gerard Kuiper,
et Subramanyan Chandrasekhar, des théoriciens
appelés par Otto Struve à l'université de Chicago,
pour y développer une astronomie nourrie de la nouvelle physique quantique,
née essentiellement en Europe. Après un séjour de 18 mois, il revint
au Danemark, où il succéda à son père à la chaire professorale et
à la direction de l'Observatoire royal de Copenhague en 1940, en pleine
période d'occupation allemande. Durant ces cinq années d'isolement, il
jeta les bases d'un nouvel observatoire danois, l'Observatoire de Brorfelde.
Cependant, la lassitude face au manque de financement public et à la stagnation
économique du pays le poussa à quitter le Danemark
en 1951 pour les États-Unis. Lors de
sa période américaine, il prit la direction des observatoires Yerkes
(Williams Bay, Wisconsin) et McDonald (Fort Davis, Texas), postes qu'il
occupa pendant six ans.
En 1957, il fut nommé
premier professeur d'astrophysique théorique à l'Institute for Advanced
Study de Princeton, où il hérita du bureau d'Albert
Einstein. Il y demeura jusqu'en 1967, année de son retour définitif
au Danemark pour occuper la chaire de professeur d'astrophysique
à l'Université de Copenhague et s'installer dans la résidence honorifique
de la brasserie Carlsberg, autrefois occupée par Niels
Bohr. Parallèlement, il assura des responsabilités majeures au sein
de la communauté scientifique internationale : Secrétaire Général de
l'Union Astronomique Internationale (UAI) de 1948 à 1952, Président de
l'American Astronomical Society (1966-67), puis Président de l'UAI de
1970 Ã 1973.
L'oeuvre scientifique
de Bengt Strömgren est immense et couvre un large spectre de l'astrophysique,
tant théorique qu'observationnelle. Avant 1931, ses recherches portaient
sur l'astronomie classique, comme l'astronomie méridienne et la mécanique
céleste. Dans les années 1930, il mena des travaux importants sur
la structure interne des étoiles et, à la fin
de cette décennie, il découvrit que la composition chimique des astres
différait radicalement des hypothèses de l'époque, établissant que
l'hydrogène en représentait environ 70 %
de la masse et l'hélium
27 %.
Sa contribution la
plus célèbre reste la théorie des sphères
de Strömgren, élaborée en 1937 et publiée en 1939. Il s'agit d'un
modèle décrivant d'immenses coquilles interstellaires d'hydrogène
ionisé (H II) autour des étoiles jeunes et chaudes de type
spectral O ou B. Il démontra mathématiquement la relation entre la
densité du gaz, la luminosité de l'étoile et la taille de cette sphère
d'hydrogène ionisé, révélant une frontière très nette entre le gaz
ionisé et le gaz neutre. Ses déterminations de l'abondance des éléments
dans l'espace différaient alors peu des valeurs admises aujourd'hui. Dans
les années 1950 et 1960, il fut un pionnier de la photométrie photoélectrique,
développant un nouveau système à quatre couleurs, connu sous le nom
de système photométrique de Strömgren, qui permit de mesurer avec précision
les spectres stellaires et de déterminer l'âge,
la distance et la composition des étoiles. Il s'intéressa également
à la physique des atmosphères stellaires, à la composition chimique
de l'atmosphère solaire, à la conception
d'instruments optiques et participa activement à la création de l'Observatoire
Européen Austral (ESO) à La Silla, au Chili. |
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