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Sténon,
Nicolas, ou Steensen, Niels (né en1638 à Copenhague
- mort en 1686 à Schwerin)
- Anatomiste habile, premier médecin de Ferdinand II, grand duc
de Florence, Sténon a écrit, dans un opuscule intitulé
: Prodrome d'une dissertation sur le solide contenu naturellement à
l'intérieur d'un solide (Florence, 1669, 76 pages, in 4°),
quelques vues qui sont du plus haut intérêt pour l'histoire
de la géologie. Ses raisonnements ont la rigueur de déductions
géométriques. Ainsi, il commence par établir en axiomes
1°) que lorsqu'un corps solide est de toute part enveloppé par
un autre corps solide, celui qui a donné à l'autre son empreinte
s'est développé le premier; 2°) que dans le cas où
un corps solide est de tous points semblable à un autre corps solide,
non seulement par son aspect extérieur et sa configuration, mais
encore par sa composition intime, le lieu ou le mode de leur production
doivent être les mêmes. De là il induit que l'existence
de fossiles est antérieure à celle des roches où ils
sont enfermés; que les terrains stratifiés, étant
complètement analogues aux dépôts laissés par
les eaux troubles, doivent avoir la même origine; enfin que les corps
extraits de la Terre et qui présentent exactement la même
structure de plantes ou d'animaux, ont été produits de la
même manière, dans les mêmes conditions et dans les
mêmes lieux.
Sténon est ainsi parvenu à
distinguer le premier les terrains en primitifs, caractérisés
par l'absence de tout fossile, et en terrains secondaires ou de formation
plus récente, caractérisés par la présence
de fossiles. Il a signalé en même temps la différence
des végétaux et des coquilles
comme un moyen de distinguer les couches sédimenteuses, dues aux
eaux de la mer, de celles dont il faut rapporter l'origine aux eaux fluviales.
Du fait de l'horizontalité, inséparablement lié à
celui du dépôt sédimentaire, et de ce que des couches
de cette nature tapissent le flanc des montagnes, il conclut que ces couches
ont dû être soulevées er redressées par l'effort
des vapeurs souterraines et que celles-ci, s'étant embrasées
et cherchant à se dégager, ont produit, dans certaines directions,
des soulèvements de l'écorce terrestre, et dans d'autres,
des affaissements avec effractions. Ces vues ont servi de base à
la géologie moderne.
(Hoefer). |
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