Les gens

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Smith (John), navigateur né en Angleterre (1579-1631), fit trois voyages en Virginie, de 1606 à 1614, présida à la fondation de James-Town (1608) et eut à repousser les attaques des sauvages. Étant tombé entre les mains des Indiens, il allait être égorgé et dévoré par ces anthropophages, lorsque la fille du chef de la tribu, la belle Pocahontas, lui sauva la vie au péril de la sienne propre. Il a publié une Description de la Nouvelle-Angleterre, Londres, 1616.
Smith (Robert), physicien (1686-1768), cousin et ami de Cotes, lui succéda dans sa chaire de physique à Cambridge, publia les oeuvres de ce savant et contribua comme lui à répandre les découvertes de Newton. Il publia lui-même en 1728 un Système complet d'optique (en anglais), qui a été longtemps l'ouvrage le plus complet sur cette matière (trad. par le P. Pezenas, 1767, et par Duval-Leroy, même année).
Smith (Adam), économiste né à Kirkcaldy en Écosse le 5 juin 1723, mort à Londres le 17 juillet 1790. Fils d'un contrôleur des douanes, mort deux mois avant sa naissance, il fut soigneusement élevé par sa mère. Brillant élève de Glasgow, il se passionna pour les mathématiques où il fit des progrès remarquables. Il acheva ses études à Oxford. En 1751, il obtenait la chaire de logique à Glasgow; en 1752, il l'échangeait pour celle de philosophie-morale. Son enseignement eut un succès qui retentit, jusqu'en Europe: Voltaire lui envoya des élèves. Smith faisait partie des clubs littéraires et politiques où il prêchait le libre échange; il se lia avec Hume, et avec lui contribua à la formation de la Société d'Édimbourg «pour encourager les arts, les sciences, l'industrie et l'agriculture en Écosse» (1754).

Son temps s'écoulait en ces occupations toutes spirituelles, et dans la préparation de travaux philosophiques, comme la Theory of the Moral Sentiments (1759), qui, lors de sa publication, excita une grande admiration et lui valut le préceptorat du jeune duc de Buccleuch, avec qui il entreprit le voyage traditionnel sur le continent. Smith visita ainsi Paris, où il rencontra Hume (1764), Toulouse, Montpellier, Genève, où il visita Voltaire pour qui il avait toujours professé un grand respect et, de nouveau de passage à Paris, s'y lança dans la société des philosophes : d'Alembert, Holbach, Helvétius, Necker, Turgot, Morellet, Quesnay, et se plut dans la discussion des questions économiques les plus ardues avec ces hommes éminents. Cette vie toute intellectuelle le satisfaisait pleinement. On dit bien qu'il tomba amoureux d'une Anglaise qui le méconnut; mais ce fut, si l'anecdote est vraie, un amour tout platonique. Le romanesque n'eut jamais la moindre place dans l'existence de Smith.

Au retour de ses voyages, il s'installa paisiblement à Kirkcaldy et se consacra à son grand ouvrage sur la Richesse des Nations (The Wealth of Nations), qui parut le 9 mars 1776. Ce livre eut une influence énorme sur la politique économique de l'Angleterre. Pitt appliqua ses principes dans le traité qu'il signa avec la France en 1786, et s'en servit pour l'élaboration de ses budgets. A vrai dire c'était la première fois qu'on appliquait à l'économie politique les procédés de l'enquête scientifique, ou mieux qu'on tentait d'en faire une science à part.

Après un petit voyage à Londres où il recueillit les témoignages les plus flatteurs de l'admiration de ses amis, Smith avait été nommé commissaire des douanes (1777), comme son père. La composition de son grand oeuvre semble avoir épuisé son esprit. Il avait eu une enfance souffreteuse; il avait souffert à diverses reprises d'étranges absences qui revinrent plus fréquentes, et il s'absorba dans sa petite besogne administratives La mort de sa mère, qui pourtant avait quatre-vingt-dix ans, l'affecta si profondément que sa santé déclina brusquement, et qu'il eut une attaque de paralysie en 1786. En 1787, il fut élu recteur de Glasgow, et n'eut pas la force de prononcer son discours d'installation. Il traîna ainsi jusqu'en 1790.

Peu de livres ont eu autant de succès et un succès si durable que les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Ce livre ruina les économistes français qui tenaient le premier rang dans le monde, et son auteur fut, avec quelque exagération, considéré comme le "père de l'économie politique". Pendant près d'un siècle, il régna seul et, après avoir fait faire à la science économique des progrès immenses, il fut cause qu'elle stagna et qu'on s'en tint trop longtemps à l'unique conception de la « division du travail ». (R. S.).

En bibliothèque - La Richesse des nations a été traduite en français par Blavet dès 1779. D'autres bonnes éditions françaises sont celles de Boucher et de la marquise de Condorcet (1790), de Garnier (1802), et l'édition abrégée de Courcelle-Seneuil (1888). On peut encore citer du grand économiste : Essays on philosophical Subjects (1795); Lectures on justice, police, revenue and arms (1896). Les Oeuvres complètes (1812) comprennent 5 vol. in-8.
Smith (James-Edward), botaniste né à Norwich (Angleterre) le 2 décembre 1759, mort à Norwich le 17 mars 1828. Il fit des voyages scientifiques sur le continent, acquit les collections de Linné et créa en 1788 la Société linnéenne de Londres. Il a publié plusieurs ouvrages de botanique avec planches, d'autres sur la flore britannique, sur la faune des Lépidoptères, etc. Ouvrage capital : English Botany or coloured figures of british plants (Londres, 1790-1814, 36 vol. in-8, avec 2 592 pl.). (Dr. L. Hn).
Smith (Benjamin Leigh), voyageur né le 12 mars 1828 en Angleterre. Inscrit au barreau de Londres en 1856, il abandonna bientôt la procédure pour les explorations géographiques et fut attiré surtout par les régions arctiques où il a fait cinq voyages. En 1871 et 1872), il parcourut les régions presque inconnues qui s'étendent au Nord du Spitzberg; il y revint en 1873 et secourut l'expédition suédoise arrêtée par les glaces, étudia la température des eaux profondes et la direction des courants du Gulf Stream. En 1880, avec un navire spécialement construit, l'Eira, il alla jusqu'à la terre François-Joseph, découvrit des îles et les côtes d'une nouvelle terre. Il revint dans ces parages en 1881, mais l'Eira fut prise dans les glaces et détruite. (R. S.).
Smith (George), assyriologue né à Londres le 26 mars 1840, mort à Alep le 19 août 1876. Il fut d'abord graveur sur cuivre, mais ayant travaillé à la gravure des planches de l'ouvrage de Henry Rawlinson sur les inscriptions assyriennes, il se prit d'enthousiasme pour les études auxquelles il se consacra (1866); une petite place au British Museum le lui permit.

George Smith collabora avec Rawlinson au 3e vol, de ses Cuneiform inscriptions of Western Asia, puis attira l'attention universelle par une série de brillantes découvertes; il établit que les rois Ahas et Asarja de Juda et les rois Pekah et Hosca d'Israël étaient contemporains du roi assyrien Tiglat Pilesar; il fixa la date d'une éclipse totale de Soleil de 763 av. J.-C.; il découvrit, en 1872, sur douze tablettes du British Museum la version assyrienne de l'histoire biblique du Déluge.

Le Daily Telegraph lui fournit alors le moyen de faire un voyage archéologique à Ninive (1873) et à Mossoul ; il rapporta de ses voyages de nombreuses et importantes inscriptions, et en publia le récit (1875) dans Assyrian discoveries. En 1876, il repartit pour Bagdad, mais fut arrêté par la peste, et mourut pendant le voyage de retour à Alep. (J. Oppert).


En bibliothèque - Les ouvrages principaux de George Smith sont : History of Assurbanipal (1871), qui contient trois mille lignes d'inscriptions cunéiformes avec leur traduction anglaise : Phonetic values of the cuneiform characters (1871); Assyria from the earliant times to the fall of ninerch (1875); The Chaldees account of Genesis (1875). 

Les publications plus courtes ont paru dans le journal de la Society of biblical archaeology. Après sa mort ont paru History of Babylonia (1877), et History of Sennaheris (1878). 

Par sa longue habitude des inscriptions cunéiformes, Smith était parvenu à les lire et les traduire presque couramment. Aussi ses travaux ont-ils un haut degré de précision. 


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