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Robert II, d'Artois

Robert II d'Artois est un prince français, fils posthume de Robert Ier d'Artois et de Mahaut de Brabant, né en 1250, mort le 11 juillet 1302. Pendant sa minorité, le bail ou la régence du comté d'Artois fut confié à son beau-père, le comte de Saint-Pol. Robert Il fut armé chevalier par saint Louis (5 juin 1267). Le comté d'Artois fut un des premiers apanages royaux érigés en pairie. Robert Il prit part à la croisade de 1270 et remporta sur les Sarrasins un succès où les païens laissèrent cinq mille morts. II figura au sacre de Philippe le Hardi, où il remplit les fonctions de connétable et porta l'épée du roi. Le roi de France fit, à cette occasion un voyage en Artois, pendant lequel il y eut de grandes fêtes à Arras pendant quatre jours (août 1271). 

Robert Il fut envoyé par Philippe le Hardi en Espagne, pour soumettre la Navarre, qui s'était révoltée contre le gouverneur français, Eustache de Beaumarchais, et pour soutenir les droits des infants de la Cerda, neveux du roi de France, à la succession du royaume de Castille. Robert reprit Pampelune et conclut avec Alphonse X, à Vittoria, une convention qui ne fut pas observée (1275-76). A son retour en France, il contribua à la condamnation du favori du roi; Pierre de la Broce.

Robert II d'Artois prit part à l'expédition envoyée en Italie après les Vêpres siciliennes (1282). Pendant la captivité de Charles II d'Anjou, il fut nommé régent du royaume de Sicile (1285-89). Il battit les armées du roi d'Aragon et remporta plusieurs victoires navales, près des côtes de Calabre, sur l'amiral Roger de Loria. 

Robert II, prit part à l'expédition de Guienne contre les Anglais, pendant les premiers démêlés des origines de la guerre de Cent ans. Il fut envoyé, avec le comte de Valois, contre le duc de Lancastre, s'empara de plusieurs villes et remporta une victoire navale sur les Anglais près de Bayonne (1295-96). Pendant les guerres de la Flandre, Robert II d'Artois fut le principal représentant de l'autorité du roi de France. Il défit les troupes flamandes à Furnes (13 août 1297) et s'empara de Lille et de la plupart des villes de la Flandre maritime. Le comte de Flandre et le roi d'Angleterre conclurent une trêve avec lui. Robert II perdit dans cette expédition son fils Philippe (1298). 

Robert II fut ensuite envoyé à Cambrai pour occuper la partie de la ville qui était sous la juridiction de l'évêque (1299) et il recueillit dans ses états d'Artois les échevins de Douai, restés fidèles au roi de France et exilés par leurs compatriotes douaisiens. Pendant la grande révolte des Flamands, Robert d'Artois commanda l'armée française envoyée contre eux et forte d'environ 10 000 chevaliers et écuyers et 10 000 arbalétriers italiens à pied. Les Flamands, qui étaient en nombre à peu près égal, mais n'avaient que des fantassins armés de piques, se retranchèrent derrière des fossés dissimulés sous des branchages et eurent l'habileté, par une série de marches et de contremarches, d'attirer les Français devant leur position, près de Courtrai. Aussi téméraire que son père, Robert Il lança contre les Flamands la cavalerie française, qui vint s'engloutir dans les fossés et y périt presque tout entière sous les coups de l'ennemi (11 juillet 1302). Robert II fut tué et son cadavre, retrouvé seulement au bout de trois jours, fut enseveli provisoirement au couvent flamand de Groeninghe, puis transporté, en 1304, à l'abbaye de Maubuisson, près de Paris, par les soins de la comtesse Mahaut d'Artois, fille de Robert II.

Robert II d'Artois fut surnommé le Noble et l'Illustre. Il administra sagement ses états d'Artois. Il n'eut que peu de démêlés avec la bourgeoisie turbulente du Nord de la France : en 1280, Philippe le Hardi, choisi comme médiateur entre Robert Il et les bourgeois d'Arras, nomma un conseil provisoire de quatre prud'hommes et de quatre trésoriers, en remplacement du conseil ordinaire des échevins de la ville d'Arras. Robert II entama des négociations avec le pape pour la cession du comtat-Venaissin, dont la suzeraineté était alors contestée (1274). 

Robert Il épousa, Amicie de Courtenay, puis Agnès de Bourbon, et enfin Marguerite de Hainaut. (E.-D. Grand).

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Dictionnaire biographique
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