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Richard II

Richard II est un roi d'Angleterre, né à Bordeaux en 1366, mort au château de Pontefract en 1400. Il était fils du fameux Prince Noir, alors gouverneur de la Guyenne. Ce prince, attaqué d'une maladie mortelle, voulut retourner en Angleterre, où il emmena Richard, encore enfant. Lorsqu'il mourut, Édouard III déclara son petit-fils héritier présomptif de la couronne; il voulut même que la noblesse lui prétât serment en cette qualité. 
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Richard II Plantagenet.
Richard II, d'après une gravure du
temps conservée au presbytère de
l'abbaye de Westminster.

Le 21 juin 1377, Richard succéda à son grand-père. Sa minorité fut troublée par l'ambition et la rivalité de ses oncles, les ducs de Lancaster, d'York et de Glocester, par une guerre avec la France et l'Ecosse et par une insurrection formidable. Pour faire la guerre contre Charles V, qui avait envoyé des troupes ravager Ies côtes d'Angleterre, et contre les Ecossais, qui ravageaient le Northumberland, pour subvenir à la cupidité des oncles du roi, on dut accabler le peuple d'impôts. Indignés d'être un objet d'exploitation constante pour le pouvoir royal, un grand nombre d'hommes du peuple, excités par Wat Tyler et quelques autres hommes énergiques, se soulevèrent au nom de l'égalité des droits et envahirent Londres (1381). Le jeune roi, n'ayant avec lui qu'un petit nombre de cavaliers, fut enveloppé par un corps d'insurgés menaçants. Payant d'audace, il leur cria :

"Qu'allez-vous faire? Wat Tyler était un traître. Venez avec moi, vous serez soulagés".
Confiants dans sa parole, les révoltés le suivirent jusqu'en un endroit où se trouvait réunie une troupe nombreuse, qui dégagea Richard et dispersa le peuple armé. Ayant réuni une quarantaine de mille hommes, le roi écrasa le mouvement partout où il s'était produit, fit couler des torrents de sang et remit le peuple sous le joug. 

Richard venait d'atteindre l'époque de sa majorité, lorsque les Ecossais, secondés par un corps de troupes que leur avait envoyé le  roi de France' Charles VI, recommencèrent la guerre avec l'Angleterre (1385). Il envahit aussitôt I'Ecosse, brûla un grand nombre de villes, Edimbourg, Perth, Dumferline, Dundee, etc., puis revint brusquement en Angleterre où, pendant son absence, un corps d'Ecossais avait fait, de son côté, de grands ravages. 

A cette époque, le jeune roi s'était entouré de favoris qu'il gorgeait de richesses aux dépens du peuple, et à qui il donnait tous les honneurs, à la grande irritation des nobles. Le duc de Glocester, qui, par son affabilité et sa générosité, était devenu extrêmement populaire, se mit à la tête d'une opposition formidable qui fut appuyée par le Parlement (1386). Richard dut renvoyer ses ministres. Forcé d'accepter la tutelle d'un conseil qui exerça l'autorité, il résolut de s'en débarrasser par la ruse; mais Glocester, prévenu de ses projets, s'empara de Londres (1387) et du pouvoir, frappa de confiscation, d'exil ou de mort les favoris ou les confidents de Richard et força le roi à subir ses volontés.

Toutefois, deux ans plus tard, Richard II parvint à échapper à cette tutelle, à reprendre le pouvoir, à choisir ses ministres et, pour se concilier le peuple, il accorda une amnistie (3 mai 1389). Pendant quelques années, son administration fut assez calme. En 1394, il alla comprimer une révolte en Irlande et soumit l'île. Deux ans plus tard, il fit un traité de paix avec Charles VI, qui lui promit son appui contre ses sujets, et, comme il était veuf d'Anne de Bohème, il épousa, le 27 octobre 1396, Isabelle, fille du roi de France, bien qu'elle n'eût que sept ans. Comptant sur l'appui de son nouvel allié, Richard ne songea plus qu'à reconquérir le pouvoir absolu et à se débarrasser, soit par la force, soit par l'astuce, des grands qui lui avaient fait opposition, de ses oncles et surtout de Glocester, à qui il ne pouvait pardonner de l'avoir profondément humilié et d'avoir fait périr ses favoris. 

Avec une habileté extrême, il s'attacha d'abord à diviser entre eux ceux qu'il voulait perdre, puis prétextant, en 1397, un complot formé contre lui par Glocester et ses partisans, il fit arrêter Glocester qu'il envoya à Calais, emprisonna Warwick et Arundel, qui périt peu après sur l'échafaud, bannit l'archevêque de Canterbury et Warwick, et fit étouffer, dit-on, Glocester entre deux matelas.

Debarrassé de la plupart de ses ennemis, ayant obtenu, soit par la séduction, soit par la peur, l'acquiescement du Parlement à ses actes, Richard Il mit le comble à la haine qu'il excitait en s'entourant de nouveaux favoris, en épuisant la nation pour les combler de richesses, en confisquant des comtés, en s'emparant suivant son caprice des bien, des bourgeois, etc. 

En 1399, il était allé faire la guerre à l'Irlande, lorsque son cousin, Henri de Hereford, qui s'était réfugié en France et qui, par la mort de son père, était devenu duc de Lancaster, débarqua en Angleterre sous le prétexte de revendiquer les biens paternels qui venaient d'être confisqués, réunit autour de lui les mécontents et se vit bientôt à la tête d'une armée. Il s'empara alors de Londres sans résistance et soumit les comtés qui passaient pour favorables à la cause du roi.

Le 5 août, Richard apprit, en revenant en Angleterre, ce qui venait de se passer. Abandonné par ses troupes, il se retira d'abord au château de Conway, puis demanda une entrevue à son compétiteur, fut conduit à Londres et emprisonné à la Tour. Le 29 septembre, il consentit à signer son acte de déchéance et, le lendemain, Henri de Lancaster fut proclamé roi sous le nom de Henri IV. Enfermé dans le château de Pontefract, il y mourut de faim, selon les uns; selon d'autres, il fut poignardé par ordre de son cousin et on l'enterra au château de Longley. Il n'avait pas eu d'enfants. (PL).

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Dictionnaire biographique
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