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Quetelet

Lambert-AdoIphe-Jacques Quételet est un mathématicien, astronome et statisticien belge, né à Gand le 22 février 1796, mort à Bruxelles le 17 février 1874. 

Il fit ses études à Gand, fut nommé en 1814, à dix-huit ans, professeur de mathématiques au Collège royal de cette ville, puis en 1819 à l'Athénée de Bruxelles et, en 1824, après un séjour de deux ans à Paris, qu'il employa à se rendre compte des conditions d'organisation et de fonctionnement de notre observatoire, fut chargé, par son gouvernement, d'en ériger un dans la capitale de la Belgique. Il en prit la direction en 1828 et la conserva jusqu'à sa mort. Il était, en outré, depuis 1836, professeur d'astronomie et de mathématiques à l'Ecole royale militaire et, à partir de 1841, président de la commission centrale de statistique du royaume de Belgique. 

Membre de l'Académie des sciences de Bruxelles à  partir de 1820, il en avait été nommé secrétaire perpétuel en 1834. Il faisait aussi partie, comme associé étranger, de l'Académie des sciences morales et politiques de Paris, et il était membre ou correspondant de la plupart des sociétés savantes d'Europe et d'Amérique

Comme mathématicien, on lui doit de remarquables travaux sur les ovales de Descartes, sur les courbes d'intersection des surfaces du second ordre, sur l'identité des sections coniques avec les courbes du second degré, sur la construction des foyers et des directrices de ces sections, etc.

La physique et la météorologie ont fait également, de sa part, l'objet d'intéressantes recherches; ses belles études sur les caustiques secondaires méritent, notamment, une mention spéciale. 

Mais c'est surtout comme statisticien qu'il s'est rendu célèbre. Initiateur de la physique sociale, il a tenté de réaliser le programme déjà envisagé par Laplace et Condorcet d'appliquer le calcul statistique aux sociétés humaines. Entouré de renseignements de toute sorte qu'il recueillait de tous les points du monde et qu'il savait classer avec une rigoureuse méthode, il ne se contenta pas, comme ses prédécesseurs, de dénombrer des objets matériels, de grouper des chiffres en vue de constater l'intensité des besoins physiques de l'homme ou les lois des phénomènes physiques. Il créa la statistique dite morale, celle qui poursuit la solution des grands problèmes de démographie et d'économie sociale, et il crut remarquer dans les conditions de développement des facultés humaines une constance de résultats qui se trouve formulée dans sa « loi de vitalité ». Les huit grands congrès de statistique qui se tinrent en Europe de 1895 à 1872 le choisirent comme président. 

Outre de nombreux mémoires et articles de mathématiques, d'astronomie, de physique, parus dans les recueils et journaux spéciaux, Quételet a publié: Astronomie élémentaire (Bruxelles, 1826, 2 vol. ; 5e éd., 1848); Recherches statistiques sur le royaume des Pays-Bas (Bruxelles, 1830); Sur l'homme et le developpement de ses facultés (Paris, 1835); traduction allemande, Stuttgart, 1838); Lettres au duc régnant de Saxe-Cobourg sur la théorie des probabilités (Bruxelles, 1845); Du Système social et des Lois qui le régissent (Paris, 1848); Sur le Climat de la Belgique (Bruxelles, 1849-1857, 2 vol.); Physique populaire de la chaleur (Bruxelles, 1852); Sur la Physique du globe (Bruxelles, 1861); Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les Belges (Bruxelles, 1864); Météorologie de la Belgique (Bruxelles, 1864); Statistique internationale (Bruxelles, 1865); Sciences mathématiques et physiques chez les Belges au commencernent du XIXe siècle (Bruxelles, 1866); Physique sociale (Paris, 1869, 2 vol.); l'Anthropométrie ou Mesure des différentes facultés de l'homme (Bruxelles, 1871), etc. 

Quételet dirigeait : la Correspondance mathématique et physique (Bruxelles, 1825-1839, 11 vol.), fondée par lui et Garnier et communément dénommée «-Correspondance de Quételet »; l'Annuaire de l'Observatoire royal de Bruxelles (Bruxelles, 1834 et suiv.), partie astronomique, partie statistique, et également fondé par lui; les Annales de l'Observatoire (Bruxelles, 1834-53, 10 vol.). 

Une statue en marbre, due à Fraikin, lui a été élevée à Bruxelles, en 1880, par les soins de l'Académie royale. (L. S.). 

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