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Poinsot

Louis Poinsot est un mathématicien, né à Paris le 3 janvier 1777, mort à Paris le 5 décembre 1859. Il fit partie de la première promotion de l'Ecole polytechnique (1794-1797), en sortit dans les ponts et chaussées, mais se tourna vers l'enseignement et fut d'abord professeur de mathématiques au lycée Bonaparte. 

Nommé en 1809 professeur d'analyse et de mécanique à l'Ecole polytechnique, puis, plus tard, en 1816, examinateur de sortie et membre du conseil de perfectionnement de la même école, il était, en outre, depuis 1813, inspecteur général de l'université, et il avait été élu cette même année membre de l'Académie des sciences de Paris (section de mathématiques), en remplacement de Lagrange

En 1846, le gouvernement de Juillet, qui l'avait fait entrer dans le conseil supérieur de l'instruction publique, lui conféra à la fois la croix de grand officier de la Légion d'honneur et un siège à la Chambre des pairs. La Seconde République le tint un peu à l'écart, mais, dès l'avènement du Second Empire, il fut appelé au Sénat (1852).

Esprit particulièrement rigoureux et lucide, il a introduit en mathématiques de nouvelles méthodes, en même temps que des théories nouvelles, qui le classent parmi les plus grands mathématiciens de la première moitié du XIXe siècle, et il a eu, en outre, le mérite rare d'exposer ses travaux avec une lucidité et une élégance parfaites. 

La mécanique, dont on doit le considérer comme l'un des rénovateurs les plus éminents, a fait surtout, grâce à lui, d'importants progrès. Sa statique, bientôt, il est vrai, à peu près abandonnée, a été longtemps classique. Elle était fondée tout entière sur une théorie qui lui était propre, celle des couples, aussi heureuse comme développement que profonde comme idée. 

Une autre découverte de Poinsot, non moins brillante, a constitué peut-être l'un des plus grands progrès réalisés par la dynamique depuis Huygens : nous voulons parler de son célèbre théorème sur le mouvement d'un solide abandonné à lui-même. 

Citons également ses belles théories du plan invariable des aires et de la rotation des corps, et, dans le domaine de la géométrie analytique, ses remarquables études sur les polyèdres, sur les sections angulaires, sur la théorie des nombres, etc. 
Son principal ouvrage, les Eléments de statique (Paris, 1803; 9e éd., 1848), où se trouve exposée la théorie des couples, a été écrit à vingt-cinq ans. Dans les dernières éditions sont incorporés quatre mémoires importants, de dates postérieures : Sur la composition des moments et des aires (1806); Sur la géométrie de situation (1806), Sur la théorie générale de l'équilibre et du mouvement des systèmes (1808); Sur le plan invariable du système du monde (1823). 

Les autres publications de Poinsot ont pour titres : Recherches sur l'analyse des sections angulaires (Paris, 1825); Théorie nouvelle de la rotation des corps (Paris, 1834); Réflexions sur les principes fondamentaux de la théorie des nombres (Paris, 1815); Théorie des cônes circulaires roulants (Paris, 1852); Sur la percussion des corps (Paris, 1857). 

Le Journal de Liouville, la Correspondance de l'Ecole polytechnique, les recueils de l'Académie des sciences de Paris, le Bulletin universel des sciences, contiennent, en outre, de nombreux mémoires, articles et notes de ce savant mathématicien. (L. S.).

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