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Pisano

Niccolo Pisano, appelé d'ordinaire Nicolas de Pise, architecte et sculpteur né vers 1206, mort en 1280. Ce maître, qui fut le rénovateur de la sculpture italienne, appartenait, d'après les uns, à une famille originaire d'Apulie, dans l'Italie méridionale. D'après d'autres, il serait né à Apulie, en Toscane. Le premier de ses ouvrages, auquel on puisse assigner une date, est la chaire du Baptistère de Pise (terminée en 1260), ornée des scènes de la vie du Christ, dans lesquelles éclate l'influence des modèles antiques. C'est une oeuvre grave, un peu impersonnelle. En 1267, Niccolo travaillait à une de ses plus importantes productions, la châsse de saint Dominique, à Bologne (continuée par son élève, Fra Guglielmo d'Agnello). 

Vers la même époque, il entreprit, avec l'aide de plusieurs collaborateurs, parmi lesquels son fils Giovanni, l'exécution de la chaire de la cathédrale de Sienne (1266-68), analogue, dans ses lignes générales, à la chaire de Pise, mais plus mouvementée et plus riche. En 1277-80, l'artiste pisan travailla, avec l'aide prépondérante de son fils, à la fontaine de Pérouse

Les modèles directs de Niccolo Pisano furent les sculptures romaines de laToscane, le vase bachique, ainsi que les sarcophages antiques de Pise, notamment celui de Phèdre, dont il imita les reliefs. ll s'est évertué dans ses compositions à rendre clairement et simplement la noblesse des lignes, l'élégance des draperies et s'est volontairement éloigné du caractère hiératique dans l'attitude et l'expression de ses personnages. 

Niccolo Pisano exerça son influence sur un assez grand nombre d'élèves, au milieu desquels l'on remarque tout particulièrement, outre son fils Giovanni, les sculpteurs Arnolfo di Cambio et Guglielmo d'Agnello.


Pisano (Giovanni) ou Jean de Pise, architecte et sculpteur né à Pise vers 1240, mort en 1320. Il fut l'élève de son père, Niccolo Pisano, qui après les constructeurs de San Miniato et du Baptistère de Florence et les artistes employés dans l'Italie méridionale par l'empereur Frédéric Il, revint à l'imitation de l'Antiquité. Comme son père, Giovanni fut célèbre comme architecte et comme sculpteur. En architecture, on lui a parfois attribué les premiers essais du style gothique en Italie, par une erreur étrange, car ce style avait été importé dès la fin du XIIe siècle par les moines cisterciens venus de France. 

De même, on ne peut admettre qu'il soit l'auteur des monuments napolitains que de Dominici et Vasari prétendent avoir été construits sous sa direction : Santa Maria Nuova, le palais épiscopal et le vaste château de Charles Ier, Castel Nuovo; son nom n'apparaît pas dans les extraits des registres angevins publiés par Schulz (Denkmäler der Kunst in Unteritalien,1860, t. IV, 4 vol. in-4) et dans l'Archivio storico per le provincie Napoletane; on peut même affirmer qu'il n'est venu à Naples ni en 1283, comme le dit Vasari, ni en 1288, comme l'avancent les auteurs napolitains. 

Il est impossible de même qu'il ait fourni le dessin d'une délicate et fine église de Pise, Santa Maria della Spina, car elle a été reconstruite trois ans après sa mort, en 1323. On n'a aucune preuve de sa participation à la construction des églises de San Domenico à Prato et à Pérouse. Il fut, après son père, attaché comme architecte à l'oeuvre de la cathédrale de Sienne; son nom paraît sur les registres de la fabrique en 1284, 1290, 1295 et 1299, et, dès 1284, il est nommé citoyen de Sienne et exempté d'impôts en récompense des services qu'il avait déjà rendus. La partie de l'édifice dont il s'occupa fut la façade, où il est difficile de distinguer sa part et celle de ses élèves de celle de ses collaborateurs siennois. On lui doit sans doute l'idée et le dessin de cette somptueuse applique, sans rapport étroit avec l'édifice où elle est appuyée, aussi chargée de sculptures et moins logiquement divisée que les façades françaises ou allemandes, et dont les Siennois devaient faire pour Orvieto une imitation magnifique. 

En fait, il n'y a qu'un édifice qui soit certainement et entièrement l'oeuvre de Giovanni Pisano : c'est le Campo Santo de Pise, ce vaste rectangle entourant la terre sainte apportée jadis par les galères pisanes; du côté de l'extérieur, mur nu préparé pour la fresque; du côté intérieur, galerie légère et toute à jour ouverte sur le champ de repos vert et fleuri il est remarquable que, tout en divisant ses arcades par de fins meneaux gothiques, Giovanni n'a pas employé pour les grands arcs le tracé en tiers-point, mais le plein cintre;

Le rôle de Giovanni comme sculpteur est bien autrement important que son rôle comme architecte. Tout jeune encore, il travailla avec son père à la chaire du Dôme de Sienne (1266-68), et, tout en collaborant encore avec Niccolo, ilprend déjà une place prépondérante dans l'exécation de la vaste fontaine de Pérouse, achevée en 1280. 

Après la mort de son père (vers 1280, il entreprit avec ses propres élèves la chaire de Sant Andrea à Pistoie, terminée en 1301, la chaire et la grande tribune des Chanteurs au Dôme de Pise (1302-11); ces deux oeuvres furent à peine endommagées par le fameux incendie de 1595; mais, de 1599 à 1601, la fabrique les morcela, et les fragments en sont aujourd'hui dispersés; les reliefs de la chaire sont encastrés dans le choeur de la cathédrale; les statues allégoriques, qui servaient de supports à la Canturia, et les huit bas-reliefs qui enfermaient le parapet, sont aujourd'hui réunis au Museo Civico : les projets donnés par Fontana et par Supino pour la restauration de ce monument de sculpture ne sont ni l'un ni l'autre entièrement satisfaisants. A San Domenico de Pérouse, Giovanni a exécuté le grand tombeau du pape Benoît Xl (mort en 1304), d'après le modèle du tombeau du cardinal de Braye, élevé à Orvieto par Arnolfo di Cambio. 

Il a sculpté un certain nombre de Madones avec l'Enfant, conservées dans la cathédrale de Prato (chapelle de la Cintola et sacristie), au Campo Santo de Pise (sous la seconde fresque de Benozzo Gozzoli), à l'Arena de Padoue (cette dernière signée). Derrière la Vierge de l'Arena se trouve le tombeau d'Enrico Scrovegno, fondateur de l'église, également attribué à Giovanni. 

Enfin, des élèves du maître ont exécuté les figures décoratives du fronton de la cathédrale de Pise, des portes du Baptistère et le groupe qui surmonte l'entrée du Campo Santo. Si l'on compare l'ensemble de ces oeuvres avec celles de Niccolo, on voit que Giovanni Pisano s'est écarté presque violemment de la tradition de son père. Sans doute, il lui a pris l'usage du trépan, la disposition de ses chaires hexagonales ou octogonales portées par des colonnes qui reposent sur des lions, la composition de ses reliefs chargés de figures, l'habileté à copier parfois, d'après nature, des animaux bien vivants; sans doute, il s'est appliqué, lui aussi à reproduire des figures antiques, comme, à la chaire du Dôme de Pise, la Tempérance, qui a la nudité, la coiffure et l'attitude de la Vénus de Médicis, les aigles superbes qui rappellent l'origine romaine de la cité, et cet Hercule, qui passa longtemps pour avoir été rapporté en 1300 de « Carthage », où, disait-on, il avait décoré la maison d'Hannibal

Mais ce ne sont là que des fantaisies de virtuose : Giovanni a parfois copié l'antique, il ne l'a jamais imité; pour former le style de ses reliefs ou de ses figures allégoriques, il n'a point regardé les sarcophages romains ou le vase grec du Campo Santo, ni même les œuvres de son père. S'il a eu d'autres maîtres que la nature, ce sont à, coup sur, des tailleurs d'images français venus en Italie avec les moines constructeurs et auxquels il a emprunté le hanchement souple de leurs figures et leur forte imitation du modèle vivant. Sa technique même, brusque et rude jusqu'à la dureté, rappelle plutôt la hardiesse de ciseau des sculpteurs des grandes cathédrales françaises que la minutie du polissoir de Nicolo. Mais quelles qu'aient été les influences qu'il a accueillies, Giovanni Pisano ne dut qu'à son tempérament d'artiste ce qui fait la grandeur de son oeuvre, cette force dramatique, cette intensité d'expression, cette fièvre de mouvement, cette violence d'exécution qui éclatent surtout dans ses reliefs du Massacre des Innocents à Pise et à Pistoie. Cet art, qu'il ne put exercer librement qu'en surchargeant ses tableaux et en en rompant les ligues par des figures superposées dans l'espace comme l'aurait fait un peintre, le grand sculpteur le transmit aux peintres de son temps, et, sans lui, Giotto n'aurait pas si promptement trouvé sa voie. (E. Bertaux)..

Pisano (Andrea) est un architecte et sculpteur italien, né à Pontedera entre 1273 et 1280, mort à Orvieto vers 1349. Fils d'Ugolino Nini, il travailla à décorer Santa Maria in Ponte (Pise), et la cathédrale de Carrare, bâtit le chateau de Scarperia dans le val de Mugello, puis la porte Son Fredrario et plusieurs tours de l'enceinte de Florence (1332).

Son oeuvre la plus remarquée fut l'exécution, d'après les cartons de Giotto et avec l'aide d'orfèvres vénitiens, des portes de bronze du baptistère de Florence, représentant vingt sujets de la vie de saint Jean-Baptiste et les huit Vertus cardinales. Il fit ensuite, d'après Giotto, les statues de la façade de Santa Maria del Fiore (enlevées en 1588), puis les bas-reliefs du clocher

Andrea Pisano qui représentait bien le nu, fit preuve d'originalité, substituant à l'inspiration classique celle de la Bible. L'influence du style gothique est manifeste dans ses oeuvres. Son dessin est net, sa composition simple et gracieuse. 

Il travailla aussi à Venise pour la façade de Saint-Marc. On le retrouve en 1343, agrandissant à Florence le palais du duc d'Athènes, et en 1345 dirigeant à Orvieto un travail de mosaïque, avec son fils Nino. Il eut pour élèves, outre ses fils Tommaso et Nino, Alberto Arnoldi, Giovanni Balducci et l'orfèvre Leonardo di See Giovanni. (GE).

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