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Mythologie et histoire des constellations
La constellation de la Petite Ourse
La Petite Ourse (Ursa Minor) est une constellation dans laquelle on remarque, comme dans la Grande Ourse, sept étoiles affectant la même disposition, mais plus resserrées, de moindre éclat, et situées en sens inverse. En prolongeant la droite qui joint les étoiles Alpha et Bêta de la Grande Ourse d'une longueur égale à cinq fois sa valeur apparente, on tombe sur une étoile qui brille seule dans cette région du ciel et qui est l'étoile Alpha de la Petite Ourse, ou l'étoile polaire. Celle-ci est très proche du pôle boréal. Aux latitudes moyennes, la Petite Ourse décrit comme la Grande Ourse un cercle entier autour du pôle sans jamais descendre au-dessous de l'horizon. Théon la fait culminer ou passer au méridien, au lever du Bélier.

Quoique beaucoup plus petite et moins lumineuse que la Grande Ourse, la Petite Ourse était fort remarquée par les navigateurs qui voulaient mettre un peu d'exactitude dans leurs observations (Germanicus), par cela même qu'elle est beaucoup près du pôle que la Grande Ourse (Théon); c'était celle qu'observaient surtout les Sidoniens et les Tyriens, grands navigateurs. Ils croyaient qu'elle agitait les mers par son influence. Thalès, qui avait écrit sur les constellations, et qui donna en Grèce le nom d'Ourse à cette constellation, tira ses observations de la Phénicie, où il était né, à en croire Hyginus. Les habitants du Péloponnèse continuaient à se diriger sur la Grande Ourse, tandis que les Phéniciens, chez qui l'astronomie et la navigation étaient plus perfectionnées, consultaient la Petite Ourse pour obtenir plus d'exactitude dans leurs observations.

Les noms de la Petite Ourse et de ses étoiles

On dit des Ourses, qu'elles nourrirent, durant une année, Zeus enfant (Théon), dans les antres de Crète, à l'insu de Cronos, tandis que les Corybantes , les Curètes, les Dactyles dansaient armés la danse appelée Pyrrique. Ils donnèrent à l'une de ces nourrices de Zeus, le nom d'Hélice, parce qu'elle pirouette autour du pôle, et à l'autre celui de Cynosura, à cause de sa forme, qui ressemble à la queue recourbée du Chien, dit Théon. L'une est près du cercle arctique; et l'autre dans le voisinage même du pôle, où elle décrit des cercles beaucoup plus étroits. Elles semblent l'une et l'autre veiller sur l'Océan; car aucune ne se couche.

Théon donne à l'extrémité recourbée du timon du Petit Chariot, ou de la Petite Ourse, la forme de la queue de chien; ce qui l'a fait appeler Cynosura et Canis. On en fait aussi le chien de Callisto, nymphe d'Artémis. Lorsqu'elle fut morte, son chien fut aussi placé à côté d'elle aux cieux.

Aglaosthène et  Aratus appellent aussi la constellation de la Petite Ourse Cynosura, une des nymphes de l'Ida, nourrices de Zeus, laquelle habitait avec les Telchines et les Curètes en Crète, près d'un lieu qui prit par la suite le nom de Cynosura, et où Nicostrate bâtit une ville (Germanicus). Aratus rapporte que Cynosura et Hélice, nymphes de Crète, furent chargées de nourrir Zeus, qui en reconnaissance les plaça aux cieux, où elles sont connues l'une et l'autre, sous le nom d'Ourses célestes, et de Septentrion. Ce dernier nom est donné de préférence à la Grande Ourse. La Petite Ourse prend, chez Eratosthène, celui de Phoenicé. Ce même auteur veut aussi qu'elle ait été chérie d'Artémis, et aimée de Zeus, qui la changea aussi en ourse. Les noms de Cynosura et de Phoenicé sont ceux sous lesquels elle est le plus connue. 

Les Grecs nomment aussi cette constellation : Ascourotis (Hésychius), Cynosuris, Micra Arctos, ou Petite Ourse (Proclus). Les Latins la nomment Fera minor, Septemtrio, Cynosura, Umbilicus, Ignis, Catuli, Canes Laconicae, Plaustrum minus, Ursa minor.

Les Arabes la nomment aussi (Ulugh-Beg) Dub Asgher, Dub-Elezghar, Dubolazgaro, Benât-al-Na'ash, Al-Sughra, ou les filles du petit Cercueil (Al-Ferghani). Car les étoiles de ce petit Cercueil, et celles du grand, ou de la Petite et de la Grande Ourse, se nomment Ibn Na'sh, les filles du Cercueil. Quelques-uns la nomment aussi Agrala, le Chariot; mais ce nom appartient plutôt à la Grande Ourse.

Les Perses l'appellent Haphtûrengh Kihîn, Septemtrio minor. Le nom Haphtûrengh est commun aux deux Ourses; on les distingue par les mots, Kihîn, et Mihîn, minor et major. On écrit quelquefois Hapht-Reng et Hapht-Avreng.

Les étoiles de la Petite Ourse.
Les deux étoiles de l'extrémité, voisines du pôle, se nomment Choreutai; parce qu'elles semblent danser en rond autour de l'axe ou du pôle même (Hyginus).

L'étoile placée immédiatement près du pôle, étoile assez brillante, s'appelle l'Etoile polaire : les Chinois l'appellent le Roi, comme paraissant donner l'impulsion à tout le ciel. Les Italiens la nomment la Tramontane. Les Arabes l'appellent Rucchabah et Al-Rucchebah, Alracaba, Gnash , Errucchaba, Arrucabatho. 

L'étoile de l'extrémité de la queue s'appelle en arabe, Cocab Shemali, ou Etoile boréale; et Gjedi, le Chevreau. 

Les deux dernières du Cercueil sont Alpherkadan, Alfarcatan ou Aphercadein, les deux veaux. 

Ulugh-Beg appelle la plus australe des deux, qui font partie du côté suivant du quadrilatère, Anwer-Al-Pherkadaïm; et la plus boréale, Achpha-al-Pherkadaïm.

Le Pôle Arctique lui-même se nomme Ku'tub Shemâli, et se prend quelquefois pour l'Etoile polaire. En copte, c'est Picouloôn.

Cochab, est le nom arabe par excellence de l'étoile brillante de l'épaule de la Petite Ourse.

On appelle les deux étoiles de la queue de la petite Ourse les Gardes, le Guardiole (Riccioli), le Guardiane, en Italien.

En Provence, l'Etoile du Pôle, ou l'Etoile du Nord, ou l'Etoile marine, ou simplement la Tramontane (la Tremountano) se voit toujours, et sert de point de repère aux marins, qui se croient perdus quand ils ont perdu la Tremouniano. L'Etoile du Pôle se trouve dans la Petite Ourse; comme le vent vient de là, les marins de Provence disent qu'ils vont à l'ourse (à l'Orso) quand ils vont contre le vent. (Dupuis).

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