|
|
|
|
Les
gens
|
|
| Owen (Robert).
- Célèbre socialiste né
à Newtown (comté de Montgomery, en Angleterre) le 14 mai
1771, mort à Newtown le 17 novembre 1858. Appartenant à une
famille de pauvres artisans, il ne reçut qu'une éducation
rudimentaire et fut mis en apprentissage chez divers filateurs. Passionné
pour la lecture, il compléta un peu son instruction et témoigna
de telles aptitudes aux affaires qu'un de ses patrons, Drinkwater, de Manchester Très préoccupé des
intérêts matériels et moraux de ses ouvriers, Owen
conçut à New Lanark le système qui rendit son nom
illustre. Il commença par installer des boutiques où il vendit
à bas prix d'excellents articles, combattit l'ivrognerie des ouvriers,
ouvrit des écoles où tous les enfants furent reçus
depuis le, moment où ils pouvaient marcher jusqu'à douze
ans. Il défendit de battre les enfants; il recommanda de les intéresser
en leur montrant les objets à étudier plutôt que de
les bourrer, à l'aide de livres, de connaissances vagues; il leur
apprit la musique et la danse. En quatre ans, il avait transformé
complètement les établissements de New Lanark. Son personnel
de 2 000 ouvriers, paresseux, ivrognes et voleurs, ne formait plus qu'une
famille gouvernée par un patriarche. Ce succès eut un retentissement
considérable en Angleterre En 1848, il entreprit un voyage en France; en Suisse et en. Allemagne, au cours duquel il visita Pictet, Cuvier, Laplace, Alexandre de Humboldt, Oberlin, Pestalozzi. Il avait déjà publié l'exposé de ses principes : New view of Society Or Essays on the Principle of the Formation of human Character (1813-16), qui n'avait pas peu contribué à le rendre suspect aux pouvoirs établis, car il y érigeait en dogme l'irresponsabilité de l'homme, qui emportait la suppression de toute récompense et de tout châtiment; il y préconisait la communauté des biens combinée avec l'égalité des droits; il y réclamait l'abolition de privilèges pour toutes les supériorités, aussi bien pour la supériorité provenant du capital que pour celle qui résulte de l'intelligence. Dans des conférences, dans les journaux, il recommandait l'application de ses méthodes de New Lanark à tous les petits centres industriels; de manière à arriver, de proche en proche, à changer le sort des travailleurs du monde entier. Des communautés furent effectivement installées en divers lieux. Owen alla jusqu'en Amérique (1824) où il acheta un village entier qui fut nommé New Harmony, jusqu'au Mexique (1828) où on voulait lui concéder un immense territoire. Il avait formé des disciples ardents, et ce furent eux qui fondèrent les premières associations coopératives de l'Angleterre. Infatigable, il continuait à répandre ses idées dans les journaux et les revues, écrivait A Book of the new Moral World (1826-44), séjournait en Amérique de 1844 à 1847, et publiait après son retour : Revolution in mind and practice (1849) et Letters to the Human Race (1850), fondait un journal hebdomadaire (1850-52), une revue Rational Quarterly (1853), se convertissait au spiritisme (1834) et écrivait alors New existence of man upon earth (1854), puis The Millenial Gazette (1855). En 1857, il donnait son autobiographie, et à quatre-vingt-six ans il se présentait à l'Association des sciences sociales, sous les auspices de Lord Brougham. C'était alors un vieillard décrépit, coiffé d'un béguin noir, vécu d'une souquenille, ayant tout à fait l'apparence d'une vieille sorcière. Depuis longtemps il avait perdu toute influence. Whigs et tories repoussaient avec horreur ses théories. Les expériences de Mortterwell, en Irlande, de New Harmony, d'Orbiston avaient mal tourné et il y avait englouti presque toute sa fortune. Ses amis et ses associés avaient fini par douter de lui et l'avaient abandonné peu à peu. Il mourut découragé. Cependant il avait semé les germes qui ont produit, un peu plus tard, le mouvement coopératif avec ses immenses conséquences. (R. S.). |
||||
Owen (Richard). - Naturaliste
né à Lancaster
|
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.