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Histoire du Languedoc
Le Languedoc pendant 
l'Antiquité et le Haut Moyen-âge
Aperçu
Antiquité et Haut Moyen-âge
La guerre des Albigeois* De 1271 à la Guerre de Cent ans
Des Guerres de Religion à la Révolution

Epoque préhistorique et celtique

On ne sait presque rien des premiers habitants du Languedoc; on a retrouvé ici, comme partout en France, des traces des différentes civilisations qui se sont succédé, depuis la Préhistoire. Les cavernes des Pyrénées (Niaux, Le Mas d'Azil, etc.), les tombes de Bruniquel ont livré des pierres, des ossements travaillés. On trouve aussi dans cette partie de la France quelques monuments mégalithiques; très rares au Sud et à l'Est des Cévennes, ils sont nombreux dans l'Aveyron et dans la Lozère. On sait en somme peu de chose des populations anciennes du Languedoc, et le peu qu'on sait on le doit aux auteurs anciens. 

Les travaux de divers chercheurs modernes ont montré qu'il était possible de concilier les renseignements fournis par les écrivains grecs et latins et les résultats des découvertes modernes. Le Sud de la France paraît avoir été habité par les Ibères. Au début du Ve siècle av. J.-C., ce peuple occupait encore le rivage de la Méditerranée, jusqu'à l'embouchure du Rhône. Aux Ibères succèdent les Ligures ou Liges, peuple probablement de langue indo-européenne; enfin, un peu plus tard, les Celtes, qui avaient longtemps séjourné dans le bassin du Danube, étendent leurs conquêtes vers l'Ouest; ils se mêlent aux Ligures vers Marseille et refoulent à l'Ouest les Ibères, qui sous le nom d'Aquitains occupaient encore au temps de Strabon le pays entre l'océan Atlantique, la Garonne et les Pyrénées. 

Les Celtes sont donc, au moment où l'histoire commence à parler d'eux, maîtres de ce qui deviendra 1500 ans plus tard le Languedoc. C'est à des tribus celtiques qu'Hannibal en 218 demande le passage, quand il veut gagner l'Italie. Mais à ces envahisseurs descendus du Nord se sont joints d'autres étrangers venus par mer; nous voulons parler des Phéniciens, dont les courses aventureuses se sont étendues bien au delà de la Mer intérieure mais, qui ne paraissent avoir laissé aucune trace durable de leur passage. Leur succèdent les Grecs; la colonie phocéenne de Marseille, fondée au VIe siècle av. J.-C., a des comptoirs à l'Ouest comme à l'Est du Rhône, et l'un d'eux, Agde, a gardé son nom hellénique ('Agathè Tukè). 

Aux Grecs, les habitants primitifs du Languedoc ont peut-être emprunté l'usage de la monnaie, mais l'influence de ces commerçants sur la masse de la population a probablement été toujours assez faible. En somme, au moment où les Romains vont conquérir le Sud de la Gaule, ce pays est habité en majeure partie par des peuples celtiques, qui sont, au Sud des Cévennes, les Volces Arécomiques (Nîmes), et les Volces Tectosages (de Toulouse à Narbonne). Au Nord de ce massif montagneux, les Helvii (Vivarais), les Vellavii (Velay), les Gabales (Gévaudan), les Rutheni (Rouergue et Albigeois), les Cadurci (Quercy), tous peuples qui paraissent avoir à ce moment fait partie de la vaste confédération arverne qui sera, au temps de César, l'âme de la résistance à l'envahisseur.

Epoque romaine

Telle était la situation du futur Languedoc, quand les Romains pénétrèrent en Gaule. Les Volces ont des villes populeuses et à leurs voisins de la côte ils ont pris une teinture des arts grecs. L'assimilation de cette population par les Romains en sera d'autant plus facile. C'est en 125 av. J.-C. que les légions romaines commencent la conquête du pays; les Ligures des bords du Rhône, puis les Arvernes sont vaincus et, en l'an 119, la domination romaine s'étend jusqu'à la Garonne; Toulouse reçoit une garnison italienne, en qualité de ville alliée; pour tenir la nouvelle province, on fait du vieux port celtique de Narbôn une colonie romaine (118). 

L'invasion des Cimbres et des Teutons met bientôt en danger ces nouveaux établissements (109); ces populations occupent Toulouse que reprend en 106 le proconsul Q. Servilius Caepio; mais il semble bien que, durant les années suivantes jusqu'à la victoire de Marius à Aix (102), les envahisseurs soient restés maîtres de tout le pays à l'Ouest du Rhône. L'autorité de la République rétablie dans la Province romaine, celle-ci est organisée et ses limites sont fixées; elles paraissent avoir été à peu près identiques à celles que conservera Auguste

Dans les années suivantes, le pays a beaucoup à souffrir de la répression par Pompée, de la révolte de Sertorius (77), et de la détestable administration d'un client de Cicéron, le célèbre M. Fonteius (75-73). Pompée marque son passage dans la Province en fondant la ville de Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand de Comminges). En 58, César devient proconsul de la Transalpine pour cinq ans; la Province lui fournit en partie les ressources en hommes et en argent, qui lui permettent de conquérir la Gaule. Ses légions hivernent soit chez les Allobroges, soit chez les Volces. Elle a fort à souffrir des guerres civiles, tant entre César et Pompée que plus tard entre Antoine, Octave et les meurtriers de César, et le traité de Brindes (40) l'attribue à Octave avec tout l'Occident. Le nouveau maître la réorganise, et une fois pacifiée, en confie l'administration au Sénat; à dater de l'an 22 av. J.-C., la Narbonnaise est une province consulaire.

Le Languedoc dans l'Empire romain.
Les trois siècles qui suivent sont des plus prospères. L'organisation du pays est achevée, et l'assimilation de l'ancienne population gauloise va s'effectuer avec une rapidité extraordinaire; dès le temps de Pline, c.-à-d. avant la fin du Ier siècle de notre ère, rien ne distingue le Sud de la Gaule de l'Italie elle-même. Les villes gauloises sont devenues des colonies de droit romain ou de droit latin; deux villes anciennes, Narbonne et Béziers, sont colonies romaines; des colonies latines sont établies à Carcassonne, Cessero (Saint-Thibéry), Lodève, Nîmes, Ruscino (Castel-Roussillon), Pézenas, Toulouse et Sextantio (Substantion). Chaque colonie s'administre librement par ses décurions et ses magistrats, et le pays est découpé en un certain nombre de territoires, dépendant de chacune de ces villes principales. 

Dans les limites du pays qui sera plus tard le Languedoc, on trouve encore la cité d'Alba Augusta (Helvii, Vivarais), la civitas Revessio (Velay), la civitas Rutenorum (Rouergue) et la civitas Gabalum (ou Javols, Gévaudan); ces deux derniers pays prennent le nom des peuples gaulois habitant le territoire. Chaque colonie, chaque cité est divisée intérieurement en pagi et en vici; c'est ainsi qu'au dire de Strabon la vaste colonie de Nîmes comprenait vingt-quatre kômai (expression grecque correspondant au vicus latin) dont une inscription célèbre nous a conservé une liste partielle. 

L'organisation intérieure du pays à cette époque ne diffère pas en Gaule de ce qu'elle est dans le reste de l'Empire romain; inutile de l'exposer. Notons seulement que le Sud de la France lui dut une prospérité de plusieurs siècles. Grâce à la paix romaine, les villes s'agrandissent, s'ornent de monuments admirables, dont beaucoup encore aujourd'hui conservés; le commerce se développe; des routes nombreuses, savamment construites, mettent en communication les villes principales et serviront à la circulation durant tout le Moyen âge

Une seule ville a conservé beaucoup de ces monuments antiques, c'est Nîmes; mais les inscriptions sont là pour indiquer que ni Narbonne, ni Béziers, ni Toulouse n'avaient rien à envier à leur rivale, et partout, dans les villages les plus reculés, on a trouvé des vestiges prouvant que le pays était couvert de villas somptueuses, de riches habitations privées, et témoignant de la prospérité de l'agriculture, de l'adoucissement des moeurs et des progrès de la civilisation romaine.

Cette prospérité, on la constate aisément, mais on n'en connaît pas exactement les causes, et le développement en est difficile à suivre. En effet, l'histoire de la Gaule méridionale reste durant trois siècles assez obscure. Gouvernée pendant plusieurs années par le célèbre Agrippa, la Narbonnaise reste tranquille durant les règnes des premiers empereurs, et Claude dans un discours célèbre, peut vanter l'illustration et la fidélité des sénateurs originaires de cette province. Un peu plus tard, elle embrasse le parti de Galba contre Néron, puis s'attache successivement à la cause d'Othon et de Vitellius pour se soumettre bientôt sans résistance à Vespasien. L'empereur Hadrien y séjourne, et Antonin le Pieux, originaire de Nîmes, y fait élever plusieurs monuments et reconstruit Narbonne détruite par un incendie.

Au IIIe siècle, la Narbonnaise fait partie de l'empire gaulois, fondé par Postumus et régi pendant quelques années par le célèbre Tetricus. A la fin du même siècle, se place la création de la Viennoise, premier lambeau détaché de la grande Province romaine. Un peu plus tard, cette province est de nouveau divisée, la partie occidentale jusqu'au Rhône devient la Narbonnaise première, la partie orientale prenant le nom de Narbonnaise seconde, et la Notitia civitatum, dont on rapporte la rédaction définitive à environ l'an 400, nous fournit le tableau des divisions du futur Languedoc, telles qu'elles existent à la fin de l'Empire romain. 

Cette région comprend alors la Narbonnaise première avec cinq cités : Narbonne, métropole, Toulouse, Béziers, Nîmes, Lodève, plus le château d'Uzès; dans la Viennoise, la civitas Albensium, ou Vivarais; dans la première Aquitaine, les cités Ruthenorum, Albigensium, Gabalum et Vellavorum (Rouerque, Albigeois, Gévaudan et Velay) . Cette division va servir de base aux premières circonscriptions ecclésiastiques de cette partie de la Gaule.

L'implantation du christianisme.
Dès ce moment, en effet, la majeure partie de la Gaule méridionale est convertie au christianisme; ce n'est pas que la prédication de la nouvelle foi dans cette partie de l'Empire n'ait été assez tardive. Si dès le Ier siècle il a pu exister de petites chrétientés dans les villes de la côte, en rapports directs avec l'Orient, la masse de la population ne s'est soumise qu'assez lentement. La Narbonnaise dépend longtemps de l'Eglise de Lyon, la seule qui existe sur le sol gaulois; puis, vers 250, le premier évêque de Toulouse, saint Sernin, subit le martyre. Le même temps vit peut-être Paul, premier évêque de Narbonne; du même siècle peut encore dater l'Eglise de Béziers, mais on ne connaît pas d'évêque de Nîmes avant 396 et de Lodève avant 421. 

La religion chrétienne d'ailleurs dominait dès lors dans le pays, et déjà même quelques-unes des hérésies de ces premiers siècles y avaient des partisans et des ennemis acharnés. Dès le IIIe siècle le gnosticisme est apporté par les missionnaires grecs; un peu plus tard, au IVe, l'arianisme triomphe un instant, et les orthodoxes ont à subir une violente persécution. Puis viennent les priscillianistes, enfin les sectateurs du prêtre Vigilance, contre lequel saint Jérôme ne dédaigne pas d'écrire un long traité. Le paganisme a dès lors officiellement disparu; l'institut monastique commence à paraître, mais la culture antique n'a pas perdu tous ses partisans, et les écoles de Toulouse et de Narbonne sont toujours florissantes. L'invasion des Barbares et le triomphe définitif des nouvelles idées religieuses va bientôt amener un rapide changement dans la société méridionale.

Le haut Moyen âge

La Gaule méridionale avait déjà subi bien des désastres; en 407, une nuée de Barbares l'inonde, et c'est sans doute de ce moment que date la ruine d'une foule de monuments détruits par le feu, dont les débris se retrouvent un peu partout. Tout d'abord les Vandales, les Suèves et les Alains ne font que passer comme un torrent, sans rien fonder; la domination romaine semble intacte, mais bientôt les Goths leur succèdent et, en 412, quittant l'Italie qu'ils ont épuisée, ils pénètrent en Gaule sous le roi Ataulphe, successeur d'Alaric.

Le royaume wisigothique.
Cette première occupation du pays ne devait pas durer longtemps; les Goths occupent Narbonne et probablement Toulouse, mais sans s'établir fortement nulle part. En 413, Ataulphe célèbre à Narbonne son mariage avec Placidia, soeur d'Honorius; mais bientôt, harcelé par le patrice Constance, il quitte la Gaule, passe avec sa nation en Espagne et commence la conquête de cette province. Il est tué à Barcelone en août 415. 

La Narbonnaise pendant quelques années redevient entièrement romaine. Mais les Wisigoths n'avaient pas renoncé à leurs projets sur la Gaule. En 419, le roi Wallia les y ramène, et l'empereur Honorius est bientôt obligé de leur céder une partie des sept provinces; Toulouse est la capitale du nouveau royaume, qui s'étend sur une partie des deux Aquitaines; le domaine occupé par les Barbares reçoit dès lors le nom de Septimanie

Le Languedoc sous la coupe des Francs.
Vigoureusement attaqué au début du VIe siècle par les Francs de Clovis, le royaume des Wisigoths est démembré après la bataille de Vouillé (507) et réduit à la région comprise entre Carcassonne et le Rhône où la domination wisigothique se maintient jusqu'au commencement du VIIIe siècle. Soumis à la domination franque, le reste de la Gaule méridionale est morcelé dans les divers partages du royaume; les princes mérovingiens qui s'y succèdent s'attachent surtout à combattre les Wisigoths de Septimanie. 

A partir du règne de Dagobert, sous l'influence de causes que l'obscurité et la rareté des sources historiques ne permettent pas de discerner clairement, ces provinces méridionales commencent à se détacher du reste de la monarchie. Les ducs francs qui les gouvernent y assurent leur autorité et y forment sous le nom de duché d'Aquitaine un véritable royaume indépendant qui s'étend des Pyrénées à la Loire et de l'océan Atlantique au Vivarais.

Au commencement du VIIIe siècle, il est attaqué au Nord par les princes francs, au Sud par les Sarrasins. Ceux-ci, à partir de 720, occupent successivement toute la Septimanie, Narbonne, Carcassonne, Nîmes, et leur cavalerie étend ses courses vers le Nord jusqu'à Autun. Charles-Martel les défait dans les environs de Poitiers en 732 et un quart de siècle après ils doivent abandonner la Septimanie. Le duché d'Aquitaine était délivré des Arabes, mais il avait été frappé du même coup. Vainement Hunald et Waïfre luttent pour résister à la conquête franque. Le dernier périt en 768, et dès lors la soumission de l'Aquitaine aux Francs est définitive. 

Charlemagne créera bien pour son jeune fils Louis en 778 un royaume d'Aquitaine, dont les limites varieront et qui se maintiendra à travers beaucoup de vicissitudes jusqu'au milieu du IXe siècle. Mais, en somme, gouverné par des princes de la famille carolingienne et par des comtes francs ou goths d'origine, ce royaume faisait partie intégrante du royaume de France lorsque Charles le Chauve mourut en 877.

Epoque féodale

C'est de cette date de 877 qu'on fait traditionnellement dater l'époque féodale. La plupart des grandes maisons princières qui vont dominer dans le Midi jusqu'au XIIIe siècle sont dès lors fondées. A Toulouse, la famille des Raimond, qui possède ou va posséder le Quercy, les comtés d'Albi et de Nîmes, qui enfin, au début du Xe siècle, obtiendra le marquisat de Gothie; à Mauguio, règne une famille d'origine franque; le Velay et le Gévaudan appartiennent à la famille d'Auvergne; Carcassonne est au pouvoir d'une famille peut-être gothique d'origine qui s'éteindra au début du Xe siècle. Le Vivarais et l'Uzège, après la mort de Charles le Chauve, font partie du royaume de Provence, créé par Boson. Plus tard, l'Uzège est définitivement rattaché au royaume de France; quant au Vivarais, il fait partie, à la suite de circonstances mal connues, du royaume des Rodolfiens de Bourgogne, et devenu, en 1032, terre d'Empire, il ne sera rattaché à la France qu'au début du XIVe.

L'histoire du Languedoc à l'époque féodale, de la fin du Xe au début du XIIIe siècle, est extrêmement compliquée et en somme assez obscure; on n'a pas de chroniques composées dans cette partie de la France, et la plupart des chartes un peu anciennes ne portent aucune date, L'étude de ces monuments diplomatiques permet cependant de noter quelques faits très importants qui aident à distinguer dans cette longue période plusieurs époques. 

Première remarque : de 877, date de la mort de Charles le Chauve, au règne de Louis VI, l'action de la royauté va en s'affaiblissant dans cette partie de la France. Les grandes dignités sont devenues héréditaires; les comtes et les ducs ont usurpé les droits et revenus régaliens; et les habitants du Midi vivent sans se soucier de ce qui se passe dans le Nord, connaissant à peine de nom les souverains qui se succèdent à Laon ou à Paris. Indépendants des souverains de France, ces grands seigneurs usurpateurs n'en sont pas plus forts chez eux. La forme féodale s'est appliquée à tous les offices, et le moindre officier carolingien, devenu seigneur, transmet ses titres et ses revenus à ses héritiers, C'est en un mot un morcellement de plus en plus grand du territoire et de l'autorité. 

Les anciens vicomtes, naguère amovibles, deviennent héréditaires au Xe siècle à Narbonne, à Béziers, à Toulouse, à Albi, dans le Rouergue et dans le Gévaudan. Au dessous se forment d'autres seigneuries moins importantes, dont quelques-unes doivent leur origine aux anciens viguiers carolingiens : citons seulement celles de Saissac, de Lautrec, d'Anduze, de Termes, de Minerve, etc, En même temps, une partie de la Marche de Gothie, qui jusque-là a fait partie du royaume français, le Roussillon et la Cerdagne, subit l'influence catalane; ces deux comtés sont régis par des princes issus de familles espagnoles, et, dès le XIIe siècle, on peut dire qu'ils ne sont plus terre de France.

Ce qui caractérise le régime féodal de cette partie du royaume, c'est le relâchement extraordinaire des liens qui ailleurs unissent le vassal au seigneur. Du roi de France il n'est plus question; la mention du nom du souverain dans les chartes est la seule marque d'obéissance que ces sujets peu dociles lui accordent et encore quand ils le veulent bien. Mais ils ne montrent pas plus de respect pour leur suzerain immédiat, le comte de Toulouse ou le marquis de Gothie; toujours en querelle entre eux, ils n'hésitent pas à se liguer contre lui, pour l'empêcher de devenir trop puissant, et il faudra plus d'un siècle aux Raimonds pour établir un peu fortement leur domination. Le Midi paiera plus tard chèrement cette indépendance; en face de l'ennemi commun, l'armée de la croisade en 1209, il restera longtemps désuni et ne se groupera sous la bannière de son chef, le comte de Toulouse, qu'après plusieurs années d'irréparables désastres.

Faire brièvement l'histoire du futur Languedoc jusqu'à la fin du XIe siècle est donc impossible, mais il est plus utile de donner quelques détails sur les principales maisons féodales qui dominent dans le pays, Commençons par la famille de Toulouse. Après le comte Eudes, la lignée se partage en deux branches; à le comté de Rouergue, des terres en Quercy et en Albigeois et le titre de marquis de Gothie; elle s'éteindra au milieu du XIe siècle, et ses domaines reviendront à l'autre branche, celle de Toulouse. A cette dernière, on a donné le comté même de Toulouse avec ses dépendances dans la marche de Gascogne, des terres dans les pays de Narbonne, de Béziers et même en Quercy et en Albigeois. 

An début du XIe siècle, une alliance matrimoniale lui apporte des domaines étendus en Provence, qui formeront plus tard le noyau du marquisat de ce nom. Elle a également la suzeraineté d'une partie du Bas-Languedoc : Lodève, Carcassonne et Nîmes. Enfin, après 1054, elle hérite des biens de la branche de Rouergue; ces biens et titres sont dévolus à Raimond, frère cadet du comte Guillaume IV, qui, après la mort de son aîné (vers 1093), réunit en sa main tous les Etats de la famille, qui passeront de père en fils sans nouveau partage jusqu'au XIIIe siècle.

La première maison de Carcassonne s'éteint vers l'an 934; ce comté et celui de Razès tombent alors au pouvoir d'un certain comte Arnaud, probablement originaire de Gascogne et allié aux anciens comtes de Comminges. Le comte Roger de Carcassonne possède vers 1002 le Carcassès, la haute vallée de l'Ariège (futur comté de Foix) et les pays environnants, le comté de Couserans, une partie du Comminges et nombre de châteaux dans le Toulousain et le Narbonnais. L'un de ses fils reçoit le futur comté de Foix et de celui-ci descendent les comtes de ce pays jusqu'à Gaston-Phoebus. Un autre fils de Roger acquiert par mariage les vicomtés de Béziers et d'Agde, La suzeraineté de Carcassonne et de Razès est vendue un peu plus tard au comte de Barcelone, vente illusoire qui permettra à ces princes, plus tard rois d'Aragon, d'intervenir constamment dans les affaires de la France méridionale.

A Melgueil ou Mauguio, au diocèse de Maguelonne, règne durant deux siècles une famille comtale d'origine franque; mais elle ne jouera jamais qu'un rôle assez effacé, et de bonne heure elle aura à lutter contre les barons de la nouvelle ville de Montpellier, qui, d'abord modestes vassaux des évêques de Maguelonne, s'élevent bientôt au rang de grands seigneurs. Les comtés de Foix (créé au XIe siècle) et de Comminges dépendent théoriquement du comte de Toulouse, et la seconde de ces circonscriptions s'étend avec ses enclaves jusqu'au delà de Muret dans la Haute-Garonne; mais, jusqu'à la guerre des Albigeois, ces princes n'auront qu'un rôle modeste.

Au-dessous des comtes paraissent les vicomtes devenus héréditaires et dont quelques-uns sont aussi puissants que leurs suzerains. Nommons d'abord ceux d'Albi et de Nîmes, les Trencavels, qui par mariages, acquisitions, conquêtes heureuses, arrivent à dominer à Carcassonne et dans le Razès, à Agde, à Béziers, et possèdent une foule de fiefs souvent très importants dans le Toulousain et dans le Rouergue. La famille subsistera jusqu'au XIIIe siècle et sera pendant tout le XIIe à la tête des coalitions contre le suzerain et par suite l'ennemi commun, le comte de Toulouse. 

Au milieu du Xe siècle, les vicomtes de Narbonne deviennent héréditaires; au XIe siècle, ils auront à lutter contre l'archevêque et contre le marquis de Gothie, mais ils ne reconnaîtront expressément l'autorité des Raimonds qu'au début du XIIIe siècle. A la vieille famille vicomtale éteinte en 1194 se substituera la famille espagnole de Narbonne-Lara. 

Les autres familles vicomtales jouent un rôle plus effacé; ce sont, dans le Gévaudan, ceux de Grèzes, qui se fondent dans ceux de Millau, dans le Rouergue; ces deux vicomtés finissent par appartenir à la maison de Barcelone-Aragon; ceux de Polignac en Velay, qui s'usent en des luttes séculaires contre les évêques du Puy; ceux-ci triompheront au XIIe siècle, grâce à l'appui de la couronne capétienne. Citons encore les vicomtes de Lodève, qui deviennent au XIIe siècle comtes de Rodez, ceux de Bruniquel (anciens vicomtes amovibles de Toulouse), ceux de Saint-Antonin, de Lautrec et de Minerve, issus probablement d'anciens viguiers devenus héréditaires. Enfin, pour terminer, nommons les seigneurs de Montpellier, déjà puissants au XIe siècle, et les familles d'Anduze, de Sauve et d'Alès.

On voit combien était extrême le morcellement du Midi vers la fin du XIe siècle. Raimond de Saint-Gilles, vers 1093, réunit dans sa main tous les anciens Etats de sa famille, et lui-même, puis ses héritiers vont travailler à donner l'unité à tous ces domaines épars, à faire reconnaître leur suzeraineté par tous ces vassaux indociles. Dans ce long et patient travail, ils ont à vaincre plus d'une difficulté.

Dès le milieu du XIe siècle, ligué avec l'archevêque de Narbonne, Guifred de Cerdagne, Raimond de Saint-Gilles a pu rétablir en partie son autorité à Narbonne; il fait également sentir son influence à Nîmes et dans le pays nîmois; mais, à peine devenu comte de Toulouse, il remet tout en question en partant pour la Palestine; il fondera au Levant une principauté puissante, le comté de Tripoli, mais il compromettra la grandeur de sa maison en Europe. Son frère, Guillaume IV, avait laissé une fille, mariée à Guillaume IX, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers, le célèbre troubadour; ce dernier fait valoir les droits réels ou supposés de sa femme, et, en 1098, on le trouve installé à Toulouse et agissant comme comte de cette ville. 

Cette première occupation, que n'a pu empêcher Bertrand, fils de Raimond, dure au moins deux ans. En 1100, Bertrand est rentré dans la capitale de ses Etats; Guillaume prend la croix et se dispose à partir à son tour pour l'Orient. Raimond de Saint-Gilles meurt en Terre sainte en 1105. Il laissait, outre son fils Bertrand, un autre enfant, Alphonse Jourdain, né en Orient, et que Guillaume de Montpellier amène peu après en France (1107). Bertrand donne à son frère le comté de Rouergue; puis bientôt, saisi d'un zèle pieux, il se dispose à quitter la France et fait voile pour la Palestine (1109). 

C'était laisser le champ libre à l'ambitieux duc d'Aquitaine, depuis longtemps revenu de la croisade. En 1114, Guillaume IX s'empare de Toulouse et fait reconnaître son usurpation par la plupart des princes du pays; mais sa domination est encore cette fois bien éphémère; dès 1119, les troupes aquitaniques sont obligées d'évacuer Toulouse.

A ce moment la province est en pleine guerre civile, Le comte de Barcelone, qui a perdu la suzeraineté de Carcassonne occupée par le vicomte de Béziers, Bernard-Aton, essaye de faire revivre ses droits plus ou moins légitimes; il se ligue avec le duc d'Aquitaine, Bernard-Aton s'allie avec Alphonse Jourdain et les efforts de ces deux derniers finissent par réussir. Alphonse rentre définitivement à Toulouse en 1123 et, l'année suivante, Bernard-Aton recouvre sa capitale de Carcassonne. En 1123, les comtes de Toulouse et de Barcelone font la paix et se partagent la Provence le souverain espagnol reçoit le comté de Provence entre la Durance et la mer, Alphonse devient, sous le nom de marquis de Provence, seigneur du pays entre la Durance et la Drôme.

Le règne d'Alphonse Jourdain se prolongera jusqu'en 1148; vers 1130, il est déjà dans une certaine mesure suzerain reconnu de tout le pays de Toulouse au Rhône, et fait à plusieurs reprises accepter son arbitrage par quelques-uns de ses vassaux; mais il veut bientôt aller plus loin, et disposer en maître de deux grands fiefs placés dans sa dépendance et tombés en quenouille. A Melgueil, il veut agir en tuteur de la jeune Béatrix, unique héritière du comté; Guillaume de Montpellier, soutenu par le comte de Barcelone, combat cette politique, et la jeune princesse finit par épouser le comte de Provence, frère de celui de Barcelone. 

A Narbonne, il est d'abord plus heureux et, profitant de la mort du dernier vicomte qui ne laisse que des filles, il occupe la vicomté. Après maintes alternatives de guerre et de paix, la plupart des grands barons se liguent contre lui et l'obligent à abandonner sa proie (1142). Quelques années plus tard, il prend la croix à l'assemblée de Vézelay, part pour la croisade et meurt à peine arrivé en Orient (1148). Ses Etats reviennent à son fils aîné, Raimond V.

Celui-ci est dans une position assez difficile. Le roi de France, Louis VII, abandonné, il est vrai, après son divorce avec Eléonore de Guyenne (Aliénor d'Aquitaine), ses prétentions sur le comté de Toulouse, prétentions qu'il a essayé de faire valoir les armes à la main du vivant d'Alphonse, mais Eléonore épouse Henri II d'Angleterre, qui sera pour le jeune comte un ennemi autrement dangereux et actif. Raimond V, contre lequel se sont ligués la plupart de ses vassaux, s'allie au roi de France et épouse la soeur de ce prince, Constance.

En 1163, après de longues alternatives de succès et de revers, il fait la paix avec le principal de ses adversaires, Raimond Trencavel, mais il n'est jamais tranquille vers le Nord et il a toujours à compter avec l'hostilité du roi d'Angleterre. D'autre part l'influence du roi d'Aragon dans le Midi grandit tous les jours; le vicomte de Carcassonne, la vicomtesse de Narbonne, le comte de Rodez, le seigneur de Montpellier sont presque constamment les alliés de ce prince; enfin Raimond V, qui a renvoyé en France sa femme Constance, est en froid avec son royal beau-frère. Il se tire assez adroitement de tous ces périls; il apaise le roi d'Angleterre en le secourant contre ses fils rebelles, et, au milieu même de ces embarras, il trouve moyen d'acquérir définitivement le comté de Melgueil, puis la vicomté de Nîmes et d'Agde; quand il meurt, en 1194, il lègue à son fils Raimond VI des domaines agrandis et une autorité moins contestée.

Le nouveau comte, moins habile que son père, renonce définitivement à l'alliance française; il épouse Jeanne, soeur de Richard Coeur de Lion, et cette alliance heureuse lui vaut la restitution du Quercy et la cession de l'Agenais. Le vicomte de Carcassonne est un mineur; l'héritier d'Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, prête hommage à Raimond. Enfin Pierre d'Aragon, qui a fort à faire pour conserver sa nouvelle acquisition de Montpellier, cherche moins que son père, le grand Alphonse, à faire sentir son influence dans la province. Le comte de Toulouse, dont l'autorité est souveraine à Toulouse, Cahors, Agen, Nîmes et Agde, qui possède la moitié de la Provence, et qui fait sentir son action dans l'Uzège, le Rouergue, le Gévaudan et en Vivarais, est à ce moment un des plus puissants feudataires du royaume. La guerre des Albigeois, qui éclate en 1209, va détruire cette souveraineté si péniblement établie.

La société dans le Sud de la France.
Avant de raconter comment le Midi de la France perdit son indépendance, il convient d'exposer brièvement l'organisation et la situation du pays à la fin du XIIe siècle. Le régime féodal ne s'y est pas développé comme dans le Nord de la France, en Normandie par exemple; on n'y trouve pas cette superposition savante de personnes et de terres qui fait l'originalité du régime. Beaucoup de petits propriétaires ont su faire respecter leur indépendance et le nombre des terres allodiales est relativement considérable. 

Dans les campagnes et principalement dans le Toulousain et sur les terres d'Église, on trouve encore des serfs (homines de corpore, de caselagio), mais le nombre en diminue tous les jours, et dès lors la majeure partie des cultivateurs a obtenu la liberté personnelle. 

La condition des habitants des centres urbains s'est de même fort améliorée. Tout d'abord on trouve de grandes républiques municipales aussi libres d'allures, aussi puissantes que certaines cités italiennes; Toulouse, Montpellier, Nîmes, Béziers, Narbonne s'administrent elles-mêmes; elles doivent encore à leurs anciens seigneurs aide matérielle et morale, mais elles traitent avec eux de puissance à puissance, et n'hésitent pas à recourir à la guerre quand on fait mine de violer leurs privilèges. Les consuls de Narbonne concluent des alliances politiques et commerciales avec les cités italiennes; ceux de Montpellier, allant plus loin encore, rachètent de leur suzerain à beaux deniers comptants ses droits supérieurs; ailleurs, à Toulouse, à Nîmes, par des insurrections savamment menées, on oblige le comte à renoncer à tous droits de justice sur les membres de la communauté. 

Les consuls de Toulouse ont leur bannière, leur armée, et, suppléant à l'impuissance du suzerain, vont forcer les petits barons des environs à supprimer les péages qui gênent le commerce de la grande ville. Moins libres en apparence, les habitants des villes de second ordre ont obtenu l'adoucissement des taxes, la réglementation des droits seigneuriaux et des frais de justice, et presque partout, en Languedoc la justice criminelle est rendue par des tribunaux consulaires qui fixent eux-mêmes l'amende à percevoir et décident de la valeur des accusations. Enfin, pour les serfs désireux d'échapper à la tyrannie de leurs seigneurs, s'élèvent de nombreux asiles, villes neuves, sauvetés (salvitates), où tout homme, à condition d'abandonner à son maître la terre qu'il tient de lui à titre héréditaire, est sûr de trouver du travail et la liberté civile.

Au milieu de cette nouvelle société, qu'est devenue l'Eglise? Dans le Midi, elle ne joue presque jamais le rôle prééminent; elle n'exerce pas l'influence extraordinaire que les croyances du temps lui accordent ailleurs. La culture religieuse est assez faible; jusqu'au XIIIe siècle, le Midi ne produit aucun grand théologien. Il paraît même n'avoir que bien rarement éprouvé ces grands élans de foi mystique qui secouent de temps à autre les Français du Nord; les Méridionaux suivent leurs seigneurs à la croisade, s'y signalent par leur bravoure, mais scandalisent leurs pieux compagnons par leur entente de la vie pratique, leur manque de sérieux et leur légèreté. 

Les princes languedociens fondent de grands monastères, enrichissent les églises cathédrales, mais sans ce zèle pieux qui frappe chez les seigneurs du Nord, et, même après Grégoire VII, la réforme de l'Eglise ne peut s'opérer dans le Midi. Elle ne deviendra effective qu'au XIIIe siècle. Enfin, les écrivains du Nord comme ceux du Midi sont là pour l'attester, la foi est tiède dans cette partie du royaume; non seulement les croyances albigeoises y recrutent chaque jour de nouveaux partisans, mais encore, fait plus grave pour l'avenir de la religion catholique, l'indifférence religieuse y fait chaque jour des progrès sensibles. A part quelques prélats, personne ne comprend qu'on puisse, pour une question de croyance, haïr et persécuter son voisin, son ami, son frère. Il faudra cent ans de persécution pour faire perdre aux Méridionaux cette tolérance, monstrueuse au XIIIe siècle et à la nécessité si évidente aujourd'hui. 

Au milieu d'une société ainsi constituée, et en somme encore assez brutale, l'Eglise risquait fort d'être dépouillée; sans doute, il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre les plaintes incessantes des prélats du Midi, mais, on doit le reconnaître, les biens et les revenus ecclésiastiques sont souvent usurpés par les barons et par les princes. Les privilèges des clercs sont mal respectés, les dîmes et les églises saisies par les laïques, les bénéfices brutalement occupés et cette situation sera une des causes de la guerre des Albigeois. La croisade de 1209 aura du reste pour premier effet, non seulement de reconstituer le patrimoine ecclésiastique, mais aussi d'accroître dans des proportions inouïes ce même patrimoine. Les églises languedociennes seront les premières à s'approprier les biens des vaincus, et il faudra toute la ténacité de l'administration royale pour leur imposer tout au moins un partage inégal.

Le Midi diffère donc de tout point du Nord de la France : attiédissement de la foi, plus grande liberté civile, esprit de tolérance. Il n'a pris aucune part à la renaissance des études ecclésiastiques du IXe au XIIe siècle, mais, par contre, il a produit une littérature brillante, la seule peut-être du Moyen âge qui ait eu des écrivains dignes de ce nom. On verra ailleurs comment est née, comment s'est développée cette belle poésie des troubadours, qui ne survivra pas à la brutale agression de 1209. Moins variée que celle du Nord, elle a su exprimer des sentiments délicats, et les poètes du Midi ont les premiers en Europe su trouver une forme harmonieuse et élégante.

A ce tableau brillant, il y a bien quelques ombres, que l'on doit marquer en passant. L'organisation sociale est plus douce mais moins solide que dans le Nord; l'absence d'un gouvernement fort a laissé se développer le brigandage, et, si les habitants des villes échappent en partie à ce danger, ceux des campagnes ont grandement à souffrir du passage de bandes armées, que les princes soudoient pour leurs guerres personnelles. Enfin, et n'est peut-être la cause principale de la défaite du Midi, trop civilisés, les habitants du futur Languedoc ont désappris le métier des armes, et les chevaliers de Simon de Montfort triompheront sans peine de ces masses indisciplinées, de ces hommes affaiblis par un long repos.

Croisade des Albigeois

C'est en 1209 que commence la croisade contre les Albigeois, prêchée par ordre du Saint-siège; nous ne raconterons pas ici cette sanglante aventure ; on en trouvera le détail aux pages sur les Albigeois. Remarquons seulement que si I'Eglise, qui l'avait provoquée et soutenue, en tira de grands et immédiats avantages, le véritable héritier des Montfort fut le roi de France qui n'y avait pris part qu'au dernier moment. Les conséquences politiques de cette guerre sont extraordinaires; l'unité de la France capétienne va en sortir et la politique capétienne en sera du coup orientée vers le Sud plutôt que vers le Nord de l'Europe. En 1229, Louis IX se trouve posséder tout le pays, de Carcassonne au Rhône, moins le Roussillon; ce prince et ses successeurs pourront plus aisément travailler à l'annexion des provinces situées au Nord des Cévennes, où jusque-là les rois français n'ont exercé qu'une influence assez restreinte : Gévaudan, Velay et plus tard Vivarais; ce travail d'assimilation durera près d'un siècle et ne sera achevé que sous Philippe le Bel. Bien plus, un fils de France va régner à Toulouse dans les domaines laissés à Raimond VII et ces domaines reviendront à la couronne en 1271. (A. Molinier).
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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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