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Lamé / Lamé-Fleury

Gabriel Lamé est un mathématicien et ingénieur français, né à Tours la 22 juillet 1795, mort à Paris le 1er mai 1870. Sorti de l'Ecole polytechnique, le premier, en 1817, et de l'Ecole des mines en 1820, il partit aussitôt, avec son camarade Clapeyron, pour la Russie. Ils y exécutèrent d'importants travaux de viabilité, tout en dirigeant l'Ecole des voies et communications de Saint-Pétersbourg, où Lamé enseignait l'analyse, la mécanique, la physique et la chimie. Il avait le grade de colonel du génie du corps des voies et communications lorsqu'il rentra en France en 1832.

Il se tourna d'abord vers l'industrie, avec Clapeyron et les frères Flachat. Mais, au bout de quelques mois, il fut pourvu d'une chaire de physique à l'Ecole polytechnique. Il l'échangea en 1844 contre une place d'examinateur de sortie et il professa en outre, à partir de 1854, des cours de probabilités et de physique mathématique à la faculté des sciences de Paris. Frappé de surdité, il dut résigner toutes ses fonctions en 1862. Il avait été promu en 1836 ingénieur en chef des mines et, en 1843, l'Académie des sciences de Paris l'avait élu membre de la section de géométrie en remplacement de Puissant. La plupart des sociétés savantes de l'étranger se l'étaient également associé. 

Par la profondeur et par l'originalité de ses travaux, parle nombre et par l'influence de ses découvertes, Gabriel Lamé s'est placé au premier rang des mathématiciens de son temps. Il n'avait guère que vingt ans lorsque, profitant du licenciement temporaire de l'Ecole polytechnique, il donna dans les Annales de Gergonne (1817) un Mémoire sur les intersections des lignes et des surfaces, dans lequel il démontrait plusieurs théories nouvelles sur les intersections des lignes et des surfaces du second degré. L'année suivante, il publia son ouvrage : Examen des différentes méthodes employées pour résoudre les problèmes de géométrie (Paris, 1814, in-8; très rare); on y trouve notamment une nouvelle manière de calculer les angles des cristaux.

Puis il envoya de Russie une suite d'excellents mémoires, écrits en collaboration avec Clapeyron, sur la stabilité des voûtes (1822), sur les engrenages (1824), sur la propagation de la chaleur dans les polyèdres et sur l'équilibre intérieur des corps solides (1828). Ce dernier, inséré quelques années après dans le Recueil des savants étrangers (t. IV), contenait en germe les recherches fondamentales de Lamé sur la théorie mathématique de l'élasticité; on y trouve déjà d'admirables exemples d'intégration des équations de l'élasticité. 

Vingt ans plus tard, Lamé devait donner sa magnifique solution du problème de la déformation d'une sphère élastique, pleine ou creuse, sollicitée par des forces distribuées d'une manière quelconque à la surface. Complété par les Leçons sur la Théorie mathématique de l'élasticité des corps solides (Paris, 1852, in-8; 2e éd., 1866), le mémoire de 1828 formera la base d'étude de cette difficile matière.

Les Leçons sur les fonctions inverses des transcendantes et les surfaces isothermes (Paris, 1857, in-8) avaient été, de même, précédées en 1837 par un remarquable Mémoire sur les surfaces isothermes dans les corps solides homogènes en équilibre de température (Recueil des savants étrangers, t. V) qui introduisait en analyse de nouvelles fonctions, étudiées principalement par Brioschi, et qui ouvrait une infinité de voies dans le calcul intégral, dans la géométrie et dans plusieurs branches de la physique mathématique. Gabriel Lamé était du reste un penseur aux conceptions hardies.

« Il ne s'était rien proposé de moins, dit J. Bertrand, que de relier toutes les lois physiques dans les conséquences d'un principe unique, en les rattachant, avec celles de la mécanique et du système du monde, à l'étude d'un fluide. »
Il échoua, mais il a beaucoup préparé la voie. Il possédait aussi de grandes capacités comme ingénieur et, sans parler de ses travaux en Russie, il fut, de 1834 à 1839, l'un des constructeurs des deux premiers chemins de fer exeentés autour de Paris, celui de Saint-Germain et celui de Versailles (rive droite). 

Outre les ouvrages déjà cités et une soixantaine de mémoires épars dans les Annales des mines, dans le Journal de l'Ecole polytechnique, dans le Journal de Liouville, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, etc., il a publié : Traité élémentaire du calcul intégral, en collaboration avec Bazaine (Saint Pétersbourg, 1825, in-8); Cours de physique de l'Ecole polytechnique (Paris, 1836-1837,3 vol. in-8 ; 2e éd., 1840); Esquisse d'un traité de la République (Paris, 1848, in-8); Leçons sur les coordonnées curvilignes (Paris, 1859, in-8); Leçons sur la Théorie analytique de la chaleur (Paris, 1864, in-8); Note sur la marche à suivre pour découvrir le principe de la nature physique (Paris, 1863, in-4); Cours de physique mathématique rationnelle (Paris, 1865, in-8), etc. Il a collaboré à l'Encyclopédie des gens du monde. (L. S.).

Emile Lamé, fils du précédent, est un littérateur français, mort a Paris en 1869. Esprit distingué et original; il commença par faire des essais littéraires qu'il ne publia pas. Cependant il donna à la Revue de Paris deux longues nouvelles très modernes, Un Dénouement brusque et Un Salon de Paris (1857). 

Très séduit par la philosophie des Alexandrins, il consacra une sorte de roman historique et philosophique à Julien l'Apostat (1861). Il a donné aussi, à la Revue germanique, la Fête de Pan, sorte de mystère païen, où ses idées panthéistes sont présentées sous une forme très vive. 

Dans un autre ordre d'idées, Emile Lamé s'intéressa à la philosophie des sciences et publia, dans le Magasin de librairie, un article très intéressant intitulé Du Rôle des sciences à notre époque. II collabora aussi, vers 1863, à la Revue nationale, où il donna en particulier une belle étude sur la morale politique. 

Cet homme d'esprit ouvert et mystique se jeta par la fenêtre de sa maison de la rue des Beaux-Arts dans un accès de fièvre chaude. (Ph. B.).

Jules-Raymond Lamé-Fleury est un littérateur français, né à Orléans le 2 novembre 1797, mort à Paris le 12 mai 1878. Garde du corps sous la Restauration, il fut retraité en 1857 avec le grade de colonel de gendarmerie. Il est connu par la publication de nombreux ouvrages d'instruction pour les enfants, longtemps en grande faveur.
Ernest-Jules-Frédéric Lamé-Fleury est un ingénieur et administrateur français, fils du précédent, né à Paris le 27 mai 1823, mort  le 28 juillet 1903. Entré en 1843 à l'Ecole polytechnique et en 1845 à l'Ecole des mines, ingénieur ordinaire en 1849, il fat d'abord chargé de services divers à Saint-Etienne et à Paris, obtint en 1862 la chaire de droit administratif de l'Ecole des mines, devint en 1868 secrétaire du conseil général des mines et fit partie de la commission provisoire chargée, après la chute de l'Empire, de remplacer le conseil d'Etat. L'Assemblée nationale ne le maintint pas lors de la réorganisation de 1872. De 1876 à 1879, il occupa les fonctions de directeur des mines au ministère des travaux publics. A son départ, il fut promu inspecteur général des mines et nommé conseiller d'Etat. Il fut mis à la retraite en 1893. 

Il a publié de nombreux articles dans la Revue des Deux Mondes, dans le Journal des Économistes, etc. Mais il est surtout connu par ses ouvrages et ses recueils de législation et de jurisprudence administratives, qui ont été, à son époque, les plus consultés en matière de mines et de chemins de fer : De la Législation minérale sous l'ancienne monarchie (Paris, 1857, in-8); Texte annoté de la loi du 21 avril 1810 (Paris, 1857, in-8); Recueil des lois, décrets, etc., concernant les services des chemins de fer et les ingénieurs des mines (Paris, 1857, 2 vol. in-8); Code annoté des chemins de fer en exploitation (Paris, 1861, in-8; 3e éd., 1872); Bulletin annoté des chemins de fer; les Travaux publics avant le XIXe siècle (Paris, 1870; in-8), etc. (L. S.).

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