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Jacques de Voragine. - Dominicain, archevêque de Gênes, né à Varazze (Varagium, d'où également de Voragine), près de Gênes, en 1230, mort à Gênes le 14 juilllet 1298. Dès l'âge de quatorze ans, il entra dans l'ordre des dominicains, fut nommé provincial de Lombardie en 1276. En 1287, Honorius II l'envoya à Gênes pour pacifier cette ville déchirée par les factions et hostile à Charles d'Anjou. Bien que Jacques n'y réussit que superficiellement, il fut nommé archevêque en 1292. 

Il existe de Jacques de Voragine un grand nombre de sermons peu développés, mais souvent réimprimés, et une apologie des frères prêcheurs, Defensio contra impugnantes fratres Prœdicatores (Venise, 1504) ; mais il est surtout connu comme l'auteur de la Légende dorée (Legenda aurea), en réalité "Légende d'or" parfois intitulée Historia longobardica; à cause d'une chronique intercalée derrière une histoire anecdotique du pape Pélage, dont les innombrables éditions manuscrite et imprimées ainsi que les traductions en allemand, en français, en italien, en espagnol, en anglais ne sauraient être énumérées ici. 

Quétif et Echard (dans Scriptores ordinis praedicatorum; Paris, 1749, t. I, pp. 445 et suiv.), et mieux encore Brunet (dans son Manuel, t. IV, pp. 687 et suiv.) ont essayé de dresser la liste des impressions, qui comprend quelques-uns des premiers incunables; la première paraît être de 1414. Graesse en a donné une nouvelle édition allemande (Leipzig, 1845, in-8; 2e éd., 1860). C'est une énorme compilation d'histoires, pour la plupart merveilleuses, tirées tantôt de livres, tantôt de la tradition populaire. Les étymologies que le compilateur ajoute aux noms propres jettent une lumière instructive sur les capacités du XIIIe siècle dans ce domaine. Aussi bien tout le Moyen âge s'en est nourri; la Sorbonne obligea, au XVIe siècle encore, Claude Despence à rétracter une parole par laquelle il qualifiait ce recueil de "Légende de fer". (F.-Herm. Kruger).



La légende dorée, de Jacques de Voragine.En librairie. - Jacques De Voragine, La légende dorée, Diane de Selliers, 2009. - Dès sa parution vers 1260, le retentissement de La Légende dorée fut considérable. La Legenda Sanctorum, "ce qui doit être lu des saints", devient rapidement la Legenda Aurea parce que, dit-on, son contenu est d'or... Cette extraordinaire vie de saints écrite par Jacques de Voragine, futur archevêque de Gênes, est, avec la Bible, le livre le plus lu, copié, enluminé, traduit dans toutes les langues. La Légende dorée est, dès le début de la Renaissance italienne, l'ouvrage de référence incontesté de tous les peintres : les plus grands artistes s'en sont directement inspirés : Duccio, Giotto, Simone Martini, Fra Angelico, Ambrogio et Pietro Lorenzetti, Masaccio, Masolino, Piero della Francesca ..., mais aussi des artistes moins connus, mais non moins inspirés. La Légende dorée est pour eux une source d'inspiration inépuisable, et ils enrichissent ainsi les églises, les couvents et les monastères de fresques, de retables, de polyptyques, déployant tout leur génie dans l'illustration des scènes de la vie des saints telles que Jacques de Voragine les a décrites. Leurs oeuvres sont éblouissantes d'humanité, de grâce, de force, d'émotion et de compassion. Quatre cents reproductions en couleurs de plus de cent-vingt peintres du Trecento et du Quattrocento italiens sont reproduites, dont un grand nombre n'avait jamais été vu : fresques cachées au fond de couvents, retables découverts dans de petites églises, prédelles éparpillées dans divers musées, enfin rassemblées. (couv.).
 

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