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Henri VII, empereur d'Allemagne

Henri VII, duc de Luxembourg, est un empereur d'Allemagne (1308-1313), né en 1262, mort à Buonconvento, près de Sienne, le 24 août 1313. Fils du comte Henri II de Luxembourg, il dut la couronne à l'influence de son frère Baudouin, archevêque de Trèves, (1307-1354) et de l'archevêque Pierre de Mayence, adversaire d'Albert ler. Le trône était resté vacant tout l'été en raison de compétitions multiples. On s'en remit au choix des électeurs ecclésiastiques, et ceux-ci désignèrent Henri de Luxembourg à qui nul n'avait pensé et dont la faiblesse ne portait ombrage à personne. Choisi par le congrès de Berne, officiellement élu à Francfort, il fut couronné à Aix-la-Chapelle. L'historiographie le présente comme un vaillant chevalier, brillant dans les tournois, pieux, vertueux et juste. Il avait assuré une sécurité complète dans l'Ardenne. Il était en rapports assidus avec la cour de France

Son premier soin fut de rétablir l'ordre dans le Saint-Empire. Il déposa Henri de Carinthie de son royaume de Bohème et de son duché. Il donna la couronne de Bohème à son fils Jean de Luxembourg qui épousa la fille de Vacslav II, Elisabeth, et fut très bien accueilli par ses nouveaux sujets. Le délicat était de se procurer l'assentiment des princes autrichiens qui avaient des prétentions sur la Bohème; la Moravie engagée à Frédéric d'Autriche fut dégagée. Les meurtriers d'Albert ler furent mis au ban de l'Empire. Henri VII s'occupa ensuite d'aller chercher à Rome la couronne impériale. C'était l'occasion d'affirmer en Italie l'autorité impériale, bien oubliée au milieu des luttes acharnées des Guelfes et des Gibelins. Henri VII assembla son armée à Lausanne et descendit en Lombardie par le Cenis.

 Il fut accueilli avec joie par les Gibelins; mais les Guelfes montrèrent bientôt de la défiance; néanmoins, Guido della Torre n'osa lui fermer Milan où il prit solennellement la couronne de fer. Mais lorsqu'il préposa aux villes lombardes des administrateurs impériaux, les chefs des factions locales firent sentir leur mécontentement. Della Torre s'insurgea et fut expulsé de Milan; à Crémone, à Brescia, les Guelfes armèrent; la première fut durement châtiée. Vicence fut affranchi du joug des Padouans. Intimidés, les Guelfes étaient prêts à se soumettre; Dante et Dino Compagni appelaient l'empereur dans l'Italie centrale. Il commit l'imprudence de vouloir dompter Brescia, perdit au siège un temps précieux. Par Gênes et Pise, il se rendit à Rome, s'empara du Capitole, mais échoua devant la cité Léonine, fortement occupée par le roi Robert de Naples. Il se fit alors couronner à Saint-Jean-de-Latran (juin 1312).

Henri VII conclut, contre les Angevins de Naples, une alliance avec le roi Frédéric de Sicile. Renonçant à la politique d'équilibre il se jetait franchement dans les bras du parti gibelin. Il assiégea Florence sans pouvoir y entrer, mit le roi de Naples au ban de l'Empire et préparait une campagne contre lui lorsque la mort l'arrêta. On parla de poison versé par un moine dominicain. Il laissait un fils, Jean, roi de Bohème, une fille, Béatrice, mariée au roi Charles-Robert de Hongrie, une autre, Marie, mariée au roi Charles IV de France. Louis V de Bavière lui succéda. (A.-M. B.).

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Dictionnaire biographique
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