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La Guerre de la Succession d'Autriche
La Guerre de la succession d'Autriche est une guerre engagée de 1741 à 1748, à l'occasion de la succession d'Autriche ouverte par l'extinction de la descendance masculine des Habsbourg à la mort de l'empereur Charles VI. La Bavière, la Prusse, la Saxe, alliées à la Suède et aux Bourbons de France, d'Espagne et de Naples, entreprirent le démembrement de la monarchie autrichienne, laquelle fut défendue par les puissances maritimes (Angleterre, Hollande) et par la Russie.

Charles VI avait, par la Pragmatique sanction, garanti sa succession à sa fille Marie-Thérèse; les Etats allemands et les puissances étrangères y avaient adhéré. A la mort de l'empereur (20 octobre 1740), l'électeur de Bavière, qui n'avait pas accepté la Pragmatique, revendiqua toutes les possessions autrichiennes, comme descendant d'Anne, fille aînée de Ferdinand Ier; il réclamait tout au moins la Bohème et l'archiduché d'Autriche réservés à Anne, à défaut d'héritiers légitimes directs (ce qu'il interprétait héritiers masculins).

Auguste III, roi de Pologne, électeur de Saxe, se prévalait des droits de sa femme, fille aînée de Joseph Ier; Frédéric II de Prusse revendiquait une partie de la Silésie; les Bourbons d'Espagne voulaient s'étendre en Italie par l'annexion des possessions farnésines (Parme et Plaisance) et même du Milanais. Frédéric II commença les hostilités en décembre 1740, et s'empara de la Silésie où il remporta l'éclatante victoire de Mollivitz (10 avril 1741). L'Espagne, la France et la Bavière renouvelèrent à Nymphenburg (mai 1741) une entente probablement plus ancienne en vue d'assurer à l'électeur de Bavière la couronne impériale. Le 5 juin fut conclue à Breslau (Wroclaw) l'alliance franco-prussienne, de forme défensive. La guerre était déclarée depuis octobre 1739, entre l'Angleterre et l'Espagne; la France soutenait l'Espagne; l'Angleterre et la Hollande intervinrent militairement en faveur de l'Autriche (surtout afin d'empêcher la conquête des Pays-Bas catholiques par la France), et cependant la guerre ne fut ouvertement déclarée entre la France et l'Angleterre qu'en 1744.

En Allemagne, l'armée franco-bavaroise, où le maréchal de Belle-Isle accompagnait l'électeur Charles-Albert, avait occupé Linz, puis la Bohème, où l'électeur se fit couronner à Prague (19 décembre 1740); le 24 janvier 1742, il fut élu empereur. Mais les Hongrois, acclamant Marie-Thérèse, reconquirent la Haute-Autriche et entrèrent à Munich le 13 février 1742. Le roi de Prusse traita séparément (traité de Breslau, 28 juillet 1742), se faisant céder la Silésie et Glatz; l'électeur de Saxe accéda à ce traité. En décembre 1742, Belle-Isle évacua Prague, dirigeant habilement cette difficile retraite. La campagne de 1743 fut marquée en Allemagne par la victoire des Autrichiens sur les Bavarois à Simbach (12 mai), des Hanovriens sur les Français à Dettingen (27 juin), et la Saxe s'allia à Marie-Thérèse. 

En Italie, la flotte anglaise avait contraint le roi de Naples à la neutralité, et les Austro-Sardes mirent en échec les Espagnols; toutefois, leur général Lobkowitz fut repoussé a Villetri (10 août 1744), et refoulé vers le Nord. 

En 1744, les Français portent la guerre dans les Pays-Bas ou le maréchal de Saxe prend Menin, Ypres, Furnes, etc.; le duc de Lorraine échoue en Alsace; la flotte anglaise est repoussée devant Toulon (22 février); le roi de Prusse signe une alliance offensive avec la France et envahit la Bohème, dégageant la Bavière où l'empereur peut rentrer. Mais Charles-Albert (Charles VII) meurt, et son fils s'entend avec l'Autriche (traité de Füssen, 22 avril 1745). 

La cause de la guerre avait disparu; cependant elle se prolonge; le duc de Lorraine, époux de Marie-Thérèse, est élu empereur (13 septembre 1745) sous le nom de François ler; Frédéric II, vainqueur à Hohenfriedberg (4 juin) et à Soor (30 septembre), se fait abandonner définitivement la Silésie (traité de Dresde, 25 décembre 1745). La guerre se poursuit sur les frontières de France, aux Pays-Bas et en Italie. Le maréchal de Saxe conquiert les Pays-Bas par les brillantes victoires de Fontenoy (11 mai 1745), Rocoux (11 octobre 1746) et Laveld ou Lawfeld (2 juillet 1747). Le prétendant jacobite Charles-Edouard soulève l'Ecosse (septembre 1743), envahit un moment l'Angleterre, mais succombe à Culloden (27 avril 1746).

En Italie, l'armée franco-espagnole occupe Parme, Plaisance, Pavie, Alexandrie, gagne la bataille de Bassignano qui lui livre Milan et la Lombardie; mais la bataille de Plaisance (16 juin 1746) rend l'ascendant aux Autrichiens, qui assiègent vainement Gênes et tentent une invasion en Provence. A ce moment intervient la Russie qui promet à son alliée l'Autriche un contingent de 30.000 hommes (2 juillet 1747) et le met en mouvement. Mais les puissances maritimes, effrayées par la conquête de la Belgique et redoutant leur annexion définitive à la France, traitèrent pour l'éviter. Louis XV, qui poursuivait une politique dynastique, sans idée d'intérêt national, se contenta de doter de Parme et Plaisance l'infant don Philippe. Les traités d'Aix-la-Chapelle rétablirent pour la France et l'Angleterre le statu quo; l'une et l'autre étaient endettées, mais la marine anglaise prenait le dessus; l'Autriche survivait à l'attaque moyennant le sacrifice de la Silésie. (A.-M. B.).

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