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Mythologie et histoire des constellations
La constellation de la Grande Ourse
Les premières constellations boréales qui se présentent au Nord, sont les Ourses, la Grande et la Petite, placées près du pôle ou du pivot, sur lequel la sphère étoilée semble rouler. La plus écartée du pôle des deux et la plus apparente est la Grande Ourse

Cette constellation est connue aussi communément sous le nom de Chariot, à cause de la disposition de ses principales étoiles. Les quatre étoiles désignées sur les cartes célestes par les lettres grecques Alpha, Bêta, Gamma, Delta et dessinant par leur position une sorte de trapèze, sont censées être les roues du charriot, et les trois étoiles Epsilôn, Dzêta, Eta, formant un angle convexe vers les pôles, sont assimilées aux chevaux ou aux boeufs qui traîneraient ce charriot. L'ensemble de ces trois étoiles constitue aussi ce que l'on nomme la queue de l'Ourse. 

L'Iliade (ch. XVIII), nous apprend que l'une  cette constellation (ou la Petite Ourse?) figurait sur le fameux bouclier forgé par Héphaïstos pour Achille :

Et il fit d'abord un bouclier grand et solide, aux ornements variés, avec un contour triple et resplendissant et une attache d'argent. Et il mit cinq bandes au bouclier, et il y traça, dans son intelligence, une multitude d'images. Il y représenta la Terre et l'Ouranos (le Ciel), et la mer, et l'infatigable Hélios (le Soleil), et l'orbe enflé de Sélènè (la Lune), et tous les astres dont l'Ouranos est couronné : les Pléiades, les Hyades, la force d'Orion, et l'Ourse, qu'on nomme aussi le Charriot qui se tourne sans cesse vers Orion, et qui, seule, ne tombe point dans les eaux de l'Océanos. 
Pour expliquer la présence dans le ciel de cette belle constellation, les Grecs avaient imaginé le mythe suivant : ils disaient que Héra, jalouse de la nymphe Callisto ( = la toute belle) aimée de Zeus, avait métamorphosé cette nymphe en une ourse que le maître des dieux avait placée dans le ciel et que, nous dit Ovide, Téthys, c'est-à-dire la mer, par amitié pour Héra dont elle avait été la nourrice, n'avait pas voulu recevoir dans ses flots l'amante de Zeus. 

On prétendait rendre ainsi compte de cette circonstance que la constellation de la Grande Ourse ne se plonge jamais dans l'Océan, ou, en d'autres termes, qu'elle ne se couche pas (la Grande Ourse est une constellation circumpolaire). Virgile  (Géorgiques, I, 246) exprimait cela par le vers suivant : 

Arctos Oceani metuentes aequore tingi.
Les deux Ourses sont renfermées dans le cercle arctique; elles sont opposées l'une a l'autre, et renversées de manière, que leurs têtes touchent leurs queues respectivement (Hyginus).

D'autres noms pour la Grande Ourse.
Chez les Grecs et les Romains.
La Grande Ourse a été appelée Arctos major, Fera major, Septem triones (les sept boeufs, d'où le mot septentrion), Helix (parce qu'elle tourne autour du pôle, et ce nom est aussi applicable à la Petite Ourse), etc. 

Elles sont communément connues, sous le nom de grand et de petit Chariot (Aratus). La grande s'appelle, par excellence, le Chariot. C'est le nom qu'elle portait déjà du temps d'Homère (Hyginus). Ce nom lui fut donné, à cause de sa ressemblance (Aulu Gelle).

On lui donna le nom de Septemtrio major (Hyginus) ou des Sept Boeufs de l'attelage du grand Chariot. Car on appellait en langage rustique, chez les Latins, Teriones, les Boeufs employés au labourage (Aulu Gelle, Varron), si l'on en croit Loelius et Varron. Comme l'attelage est de sept, on en fit le mot Septem-terio ou Septemtrio, nom qui est resté à l'Ourse, et qui a été donné au pôle, près du, quel cette constellation est placée. De là aussi le nom de Boeufs d'Icare (Properce), donné aux mêmes étoiles, parce qu'Arcas, ou le Bootès (Bouvier), Arctophylax, le gardien de l'Ourse, qui les suit, porte entre autres noms celui d'lcare, père de la moissonneuse, Erigone.

D'autres ne donnaient le nom de Boeufs qu'aux deux premières étoiles du timon, et faisaient des cinq autres le Char (Hyginus).

On l'appela aussi Hélice, ou Elicé (Hyginus, Fabricius, Hipparque, Germanicus, Aratus), nom tiré de son mouvement, autour du pôle, autour duquel elle tourne, et semble faire la roue.

Cette constellation porte encore beaucoup d'autres noms , lesquels sont tous les épithètes, ou des synonymes d'Ourse et de Char. Voici les principaux (Hipparque) :

• Plinthion, Aganna, Asion, Cleitamerè, Itheim, Amana, Cnopeus, Arctos Leimonias, Loëssa, Omphaloéssa, Satina. Chez les Phrygiens, Ciclê. Chez les Macédoniens, Cynoupis, Thémisto, Callisto, Mégisto, Ursa, Erymanthis, Maenalia, Virgo Tegea, Creteae Nymphae, Nutrices Jovis, Elix et Arcturus (Tables Alphonsines), Lycaonia Virgo, Elicôpis, Dianae comes amata a Jove.
On l'appela aussi Eptastrum, à cause de ses sept étoiles qui servaient, dit Clément d'Alexandrie, aux usages de la navigation et de l'agriculture. D'autres appelaient les Ourses, les mains de Rhéa (Porphyre). Les Latins la nomment Ursa Septemtrio.

Les Grecs Arctos, Hamaxa, Megalê Arctos (Proclus).

Ailleurs.
Les Egyptiens appelaient la Grande Ourse le Chien de Typhon (Plutarque) et aussi le Char d'Osiris; les Phéniciens, Dubbe, et Dubbe el Chabar, Dubalechber. Les Hébreux  voyaient dans cette constellation un Sanglier; ils la nommaient aussi, comme les Arabes, Agalha, Chariot; Dub achber, la Grande Ourse; Dubolachbaro.

Les Perses l'appelaient Haphtûreng-Mihîn, les sept grandes étoiles; les Turcs, Yidigher Yilduz, les sept étoiles par excellence.

Pour les Iroquois, c'était Okouari. Les Indiens (d'Inde...), la nommaient la mer d'Or,  les Chinois Theoupey, etc. 

Les Celtes appelaient cette constellation le Charriot de guerre d'Arthur et quelquefois la Charrue d'Arthur (De même, dans le pays de Galles, la constellation de la Lyre se nommait la Harpe d'Arthur). Une vieille tradition suédoise en faisait le Charriot du dieu Thor; plus tard il fut le Charriot de Charles.

On trouve chez Blaeuw les noms suivants appliqués cette constellation :

• Fera major, maxima, Septemtrio major, Cynosuris, Arcturus, Elix, Helicè, Canis venatica, Flia Ursae, Ursa cum puellulâ, Puellula Lycaonia, Dianaecomes, Parrhasia virgo, Maenalis, Erymanthis Ursa, Nonacrina virgo, Megisto, Plaustriluca, Elicôpis. 

Mythes et traditions populaires

La Grande Ourse dans la mythologie grecque.
Hésiode prétend qu'elle est la fille de Lycaon, roi d'Arcadie, qu'aima Zeus, et qu'il métamorphosa ensuite en Ourse. Son amour pour la chasse l'avoir fait s'attacher au cortège d'Artémis, et la ressemblance des goûts l'avait rendue chère a cette déesse. Elle n'osa avouer à Artémis sa faute; et elle ne put longtemps en cacher les suites. La grosseur de son ventre la trahit bientôt, lorsqu'elle voulut descendre au bain avec la déesse, qui s'aperçut , qu'elle avait perdu sa virginité (Eratosthène, Théon d'Alexandrie). Elle en fut punie; elle perdit sa figure de fille, et prit celle d'ourse.

Ce fut sous cette forme, qu'elle accoucha d'Arcas. On prétend que Zeus, pour la séduire, avait pris la forme d'Artémis (Germanicus; Ovide, Métamorphoses), et qu'interrogée par cette déesse, sur l'aventure qui lui avait ravi sa virginité, elle s'en était prise à la déesse; et que pour cette réponse, Artémis la métamorphosa sous la forme d'ourse, qu'elle a aux cieux. Elle errait dans les forêts, avec les autres bêtes farouches, lorsqu'elle fut prise avec son fils Arcas par un classeur étolien, qui en fit présent à Lycaon. Elle se réfugia avec Arcas dans le temple de Zeus Lycéen, ou la loi défendait d'entrer. Les Arcadiens se mirent en devoir de la tuer (Eratosthène); mais Zeus, pour la soustraire à leurs coups, l'enleva et la plaça aux cieux avec son fils. Là elle devint l'Ourse céleste, et Arcas le gardien de l'Ourse, Arctophylax

Quelques-uns prétendent, que Zeus ayant fait violence à une des nymphes d'Artémis, Callisto, Héra indignée l'avait changée en Ourse. Artémis l'ayant rencontrée, sans la reconnaître, la perça de ses traits et l'ayant ensuite reconnue, elle la plaça aux cieux. 

D'autres racontent, que Zeus ayant poursuivi Callisto dans les forêts, Héra soupçonnant son dessein, et l'événement, qui était arrivé, chercha à le surprendre dans ses jouissances; mais que, Zeus, pour la tromper, changea en Ourse son amante. Héra, trouvant à la place d'une jeune fille une Ourse, l'indiqua à Artémis, qui la perça de ses traits. Zeus en fut affligé, et par compassion pour le sort de son amante, il en plaça l'image aux cieux. 

D'autres, à l'exemple d'Hyginus, appellent cette nymphe, non Callisto, ou la très belle, mais Megisto, ou la très grande; deux dénominations, qui conviennent également à notre belle et vaste constellation. On fait Mégisto fille, non pas de Lycaon, mais de Cetée, et petite-fille de Lycaon. Cetée est le nom d'Héraclès / Hercule Ingeniculus (constellation d'Hercule), situé près du pôle, comme elle. On place le lieu de la scène de cet événement en Arcadie, sur le mont Nonacrien; ce qui lui a fait donner l'épithète de Nonacrina (Ovide); elle prit aussi celle de Parrhasis, de Proles Lycaonia

Ovide prétend que ce fut son fils Arcas, qui devenu grand chassait dans les forêts, et qui, ne connaissant pas sa mère, allait la tuer, lorsque Zeus, pour lui épargner un crime, les enleva tous deux de la terre, et les plaça au ciel, l'un a coté de l'autre.

Aratus dit que les deux Ourses furent les nourrices de Zeus, et que c'est à ce titre qu'elles ont été mises aux cieux.

Les Crétois avaient consacré chez eux un temple aux Ourses, sous le nom, de temple des Mères, où ils portaient de riches offrandes, et qu'ils honoraient du culte le plus religieux (Diodore de Sicile). Ce culte avait pour objet de révérer les nourrices de Zeus, placées aux cieux, dans les deux constellations de la Grande et de la Petite Ourse.

La Grande Ourse dans les traditions populaires de la France.
Comme le remarque Paul Sébillot, que l'on reprend ici, la Grande Ourse est en France, comme du reste dans la plupart des pays d'Europe, la seule constellation qui ait un folklore important. Les noms d'un petit nombre d'autres, et ceux de quelques étoiles semblent supposer des légendes, ou tout au moins des explications; mais elles sont probablement effacées, puisque l'on n'en a retrouvé que de rares fragments.

Ordinairement, et cette idée qui remonte à une haute antiquité, se retrouve à peu près partout en Europe, on la regarde comme un charriot, qui souvent est attelé d'animaux et conduit par un homme. D'après Gaston Paris (Le Petit Poucet et la Grande Ourse, texte en ligne), le plus ancien exemple français se rencontre dans le Roman de Rou de Wace :

Tot dreit devers Setentrion 
Que nos char el ciel apelon.
Au XVIIe siècle ce groupe conservait encore le nom de Charriot au ciel. En beaucoup de pays de France, comme dans les régions francophones voisines, on le nomme Chariot de David, Charriot à David, Char du roi David, avec des formes dialectales, comme la Chârte du roi David dans le Maine, Carri de Dobid dans l'Aveyron; en Normandie, c'est le Char saint Martin; en Wallonie, le Tchâr d'Abraham. Il s'appelle Tser à Podjet dans la Suisse romande. Chaur-Pôcè, Tchâr Pôçè, Char Poucet en Wallonie; Tchar dé tryonf, char de triomphe, en Hainaut. Lou Carri dis amo, le char des âmes, dans le midi, lou Car de las armos à Toulouse, indiquent sa relation avec les morts. Our C'harr Nouz, le char de la nuit à Lorient, semble en faire le véhicule de la Nuit personnifiée. Le terme la Carreto esparassado, la charrette démontée, par lequel on le désigne dans le Lot fait peut-être allusion à la charrette sans roues, semblable à celle en usage dans diverses populations, que Charles Ploix pensait avoir été la charrette primitive de la constellation, à moins qu'il ne faille y voir une idée d'embarras ou de déséquilibrement analogue à ceux des récits de la Bretagne et du pays messin qu'on lira plus loin.

Tous ces noms sont expressifs, et ils supposent des légendes qui disent en quelles circonstances ce char est venu prendre la place qu'il occupe dans le ciel, ce qu'il y fait, et par qui il est conduit. Ces explications ont en effet été relevées dans plusieurs pays, mais il en est qui semblent ignorées de le folklore français. C'est ainsi que l'on ne retrouve plus dans les récits français ou wallons, la tradition assez répandue en Allemagne, d'après laquelle le conducteur a été transporté dans le ciel avec son char et son attelage pour des actes analogues à ceux qui ont motivé la punition de l'homme de la Lune.

L'idée de récompense, qui figure du mythe grec de Philomelos, inventeur du charriot, et mis au ciel avec son charriot et ses boeufs, ne subsiste plus, et encore à un état assez vague, qu'en Gascogne où l'on dit qu'après la mort du roi David, Dieu le prit au ciel et plaça son char où on le voit aujourd'hui. Des traditions apparentées s'appliquaient peut-être aux véhicules qui sont désignés par des noms de patriarches ou de saints.

Les explications relatives à la position dans ce groupe d'étoiles, du char, de l'attelage et du conducteur sont plus précises : en Poitou, le Charriot à David est attelé de deux chevaux, deux grandes étoiles; la troisième grande, celle du milieu, est le conducteur. Dans le midi, on appelle lou Carretié dou carvi, le cocher, la petite étoile qui accompagne la troisième de celles qui précèdent la Grande Ourse; celle-ci est le char des âmes, le Charriot de David. On y parle aussi des quatre roues de ce beau char qui illumine tout le Nord; les trois étoiles qui vont devant sont les trois bêtes, la toute petite contre la cinquième est le charretier. On voit tout autour les étoiles qui tombent; ce sont les âmes qui viennent d'entrer dans le Paradis.

C'est en Wallonie que l'on trouve la mention la plus détaillée du rôle de ces étoiles : des huit dont semble formée cette constellation, les quatre en carré y représentent les quatre roues d'un char, les trois qui sont en ligne sur la gauche sont les trois chevaux ; enfin au-dessus de celle des trois qui est au milieu, il s'en trouve une petite (l'étoile Alcor) que les paysans regardent comme le conducteur et qu'ils nomment Pôcè. 

Pour les paysans de la Haute-Loire, la petite étoile est un rat qui vient manger les lanières du joug des bœufs; les autres sont un char à quatre roues, les boeufs et le bouvier.

Plusieurs récits, qui ont été inspirés vraisemblablement par la position des étoiles, disent que le conducteur est assez embarrassé, soit par son attelage, soit par les particularités de son véhicule. Le paysan breton se représente la Grande Ourse comme une charrette à quatre roues traînée par trois chevaux; le charretier est monté sur le second, et il a fort à faire pour empêcher son char de verser; car celui-ci n'est pas seulement lourdement chargé, mais il a encore les roues de hauteur inégale; aussi on lui a donné le nom de ar C'harr gamm, la charrette boiteuse. Dans le pays messin, le char est conduit par trois chevaux mal attelés, que le conducteur (Alcor) essaie de remettre en ligne; quand il y sera parvenu, la fin du monde arrivera.

Les habitants du Vivarais ont une conception de la Grande Ourse, qui n'a pas été jusqu'ici relevée ailleurs en France, mais qui se rapproche de la casserole sans queue à laquelle les paysans des Hautes-Vosges assimilent la Lune; ils disent que cette constellation est une grande casserole, et dans la petite étoile qui est au-dessus de sa queue, ils voient un tout petit homme. Il guette le moment où le contenu commencera à bouillir, pour retirer la casserole du feu. Ce jour-là sera le dernier jour du monde.

Des légendes du Sud-Est de la France placent dans ces étoiles un homme qui y a été relégué avec ses serviteurs et ses bêtes pour s'être mis en colère et avoir blasphémé. Les Basques racontent que deux voleurs ayant dérobé une paire de boeufs à un grand laboureur, il mit son domestique à leur poursuite. Comme il ne revenait pas, il envoya sa servante à sa recherche et le petit chien de la maison la suivait. Quelques jours après, ni le domestique ni la servante n'étant de retour, il se mit lui-même en campagne; ne les trouvant nulle part, il fit tant de malédictions et de blasphèmes que Jinco (Dieu), pour l'en punir, condamna le laboureur et ses domestiques, le petit chien, les deux voleurs et les boeufs, tant que le monde existerait, à marcher à la suite les uns des autres, et il les plaça dans la Grande Ourse. Les boeufs sont dans les deux premières étoiles, les voleurs dans les deux suivantes, le domestique dans l'étoile qui vient après, la servante dans la seconde étoile qui est seule, le petit chien dans une petite étoile, et enfin le laboureur, après tous les autres, dans la septième étoile. Un récit gascon ne diffère que par la forme, et par cette circonstance que les animaux volés à un bouvier sont une vache et un taureau.

Les étoiles de la Grande Ourse

Dans les anciennes cartes, qui reprennet les noms arabes des étoiles, on distingue plusieurs parties dans cette constellation. Parmi les deux étoiles boréales du pied gauche, qui précèdent, est Alphicra al Thalita. Celle du dos de l'Ourse, sur le quadrilatère, se nomme Duhr al dub al acher, feretrum, le cercueil. Celle qui est près du ventre, Merâk al dub al acher. Celle qui tient à la queue, et qui est dans le quadrilatère, se nomme Megrez al dub al acher. Celle de la cuisse droite postérieure, s'appelle, Phacd al dub al achber. La précédente des deux, qui sont au pied gauche postérieur, se nomme Alphikra al Thâma. La précédente des trois qui sont à la queue, ou qui tient à la naissance de la queue, s'appelle Algiaum. Celle du milieu, Alinâk. La troisième, Alkaîd. Ce sont les trois filles du cercueil. Hors de la figure, vers le midi , sous la queue, on trouve Cab al asad. Celle du timon s'appelle Alioth; c'est la première des trois après la naissance de la queue. On nomme Mirach, Micar et Mizra; celle des flancs. Les filles du cercueil se nomment chez les auteurs arabes, Benât al Nashal cubra. Les Arabes appellent aussi quatre étoiles du corps de l'Ourse, Nash Laâzar, le cercueil de Lazare; et les trois de la queue, Mariam; Martham et Ancillam.

Parmi les 27 étoiles que l'on distinguait dans cette constellation, la douzième et la treizième se nommaient Aphikra, Althâlita, vertèbre. Au lieu de Phicra, on lit ailleurs Nekra. La sixième étoile était Duhr al dub al achber, le dos de la grande Ourse. La dix-septième était Merâk al dub phacd, la cuisse. Ces quatre comprennent Al-nashal cubra, le grand cercueil. Les étoiles vingt et vingt-et-une, forment la vertèbre Al nash al curbr'a. Ces étoiles vingt et  vingt-et-une se nomment Alphikra al thânija. La seconde vertèbre, la vingt-troisième et la vingt-quatrième, Alphikra al ula. Les trois étoiles de la queue sont Albenât, les filles. Celle de la naissance de la queue est Alhaun, Algiaun; autement Al'haur, ou Alhawer, le blanc de l'oeil, et le peuplier blanc. Quelques-uns la nommaient Alya, la queue. La seconde est Alinâk et Alanak, la Chèvre. On lui en joingnait une petite appelée Suha, Saidak. La troisième est Alkaîd, le gouverneur ou le guide.

Près de la Grande Ourse et des pieds de la petite, sont de très petites étoiles, qui étaient appelées Duphra al Ghizlân, les ongles des Chevreaux.

On appelle Benenaim, dit Riccioli, Bennenatz et  Beneth nasch, la dernière étoile de la queue de l'Ourse; Ellamath, Elckeid.

L'étoile voisine de la seconde du timon (Théon) est cette Pleïade, qu'on prétend s'être séparée de ses soeurs, pour aller se placer là, ou elle prend le nom du Renard.

Celle qui suit le milieu de la queue se nomme dans Bayer, Alcor, Eques.

Blaeuw nomme les étoiles de l'extrémité de la queue, d'après leurs noms arabes (ou supposés tels) : 

• Benenaim, Benenatz, Benecnaz, Benetnasch; celle du milieu de la queue , Alcor, Eques; celle de la naissance de la queue, Risalioth, Aliath, Aliore, Mirach, Mirac, Micar par inversion, et Mizar.

L'année de la Grande Ourse

Columelle fixe, au sept des ides de février, le coucher de l'Ourse, accompagné du vent favonius, qui commence alors à souffler.

Le calendrier des fastes marque son coucher héliaque au sept des ides de juin (Ovide); alors se célébraient les jeux du cirque. (Dupuis / Sébillot).

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