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Gombauld

Jean-Ogier de Gombauld est un poète français, né à Saint-Just-de-Lussac (Saintonge), vers 1570, mort à Paris en 1666. Il fit ses études à Bordeaux, vint à Paris à la fin du règne de Henri IV et se fit connaître par un sonnet sur l'assassinat du roi. Marie de Médicis lui en témoigna sa reconnaissance, et Gombauld devint un de ses familiers. Il fut gratifié d'une pension de 1200 écus et obtint plus tard le titre de gentilhomme ordinaire du roi. Cependant, comme il restait huguenot et assez indépendant vis-à-vis de Richelieu, sa pension fut peu à peu réduite à 800 puis 400 écus. 

Sa protectrice fut, dans cette seconde période de sa vie, la duchesse de Montausier. Il fut un des assidus de l'hôtel de Rambouillet où , on l'avait surnommé le Beau Ténébreux, et un des premiers membres de l'Académie Française. Il y prononça un discours sur le Je ne sais quoi. Lorsque le tour d'esprit des précieuses lassa le public, la vogue de Gombauld disparut, si bien qu'il n'est guère connu que par les deux vers dédaigneux que lui consacra Boileau dans son Art poétique :

Et Gombaud tant loué garde encore la boutique.
Il ne mérite guère mieux, bien qu'il ait pris une part active aux travaux de l'Académie, revu la plan du dictionnaire, mis au point le mémoire sur le Cid. Il mourut pauvre et à peu près perclus. 

La liste de ses ouvrages, d'après V. Fournel, comprend . Endymion, roman (Paris, 1624); Amaranthe, pastorale (1631); Poésies (1646); Lettres (1647); Sonnets (1649); Epigrammes (1657); Aconce, Cydippe, les Danaïdes, tragicomédies (1658); Traités et Lettres touchant la religion (Amsterdam, 1669). (GE).
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Sonnet chrétien

« Cette source de mort, cette homicide peste, 
Ce péché, dont l'Enfer a le monde infecté, 
M'a laissé pour tout être un bruit d'avoir été, 
Et je suis de moi-même une image funeste.

L'Auteur de l'Univers, le Monarque céleste 
S'était rendu visible en ma seule beauté;
Ce vieux titre d'honneur qu'autrefois j'ai porté 
Et que je porte encore est tout ce qui me reste.

Mais c'est fait de ma gloire, et je ne suis plus rien 
Qu'un fantôme qui court après l'ombre d'un bien 
Ou qu'un corps animé du seul ver qui le ronge.

Non, je ne suis, plus rien, quand je veux m'éprouver, 
Qu'un esprit ténébreux qui voit tout comme en songe,
Et cherche incessamment ce qu'il ne peut trouver. »
 

(Gombauld).
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Dictionnaire biographique
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