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Godin

Nicolas Godin ou Goddin est un médecin de la ville d'Arras, où il semble être né. Il vivait au commencement du XVIe siècle et a puplié : 
La Chirurgie-pratique de maître Jean de Vigo, divisée en deux parties, avec les aphorismes et les cartons de la chirurgie, Paris, 1531; Lyon, 1537 , in- 8°. 

De chirurgia militari : ce petit ouvrage, traduit en français par Jean Blondel de Lille, sous ce titre, La Chirurgie militaire très utile à tous chirurgiens, etc., Gand, 1553, in-12; Anvers, 1558, traite des plaies d'armes à feu, de la peste, de la dysenterie, etc. , mais d'une manière très générale, et d'après les principes de Galien. L'auteur y a consacré un chapitre aux erreurs que commettent les chirurgiens dans le traitement des maladies : il se plaint beaucoup de l'audace des charlatans et des empiriques de son siècle; mais il substitue à leurs pratiques dangereuses des moyens qui ne sont pas toujours sans inconvénients. (CH-T.).

Nicolas Godin, né à Beauvais en 1560, mort à Bruxelles le 12 février 1628, a été un conseiller de sa commune natale. Il la fit se prononcer pour la sainte Union en 1589, et fanatisa ses concitoyens qui se livrèrent à des excès contre les « Politiques» et les Huguenots. Le 6 février, à la tête d'une troupe de volontaires, il s'empara par surprise du château de Mouy. L'évêque de Beauvais, Nicolas Fumée, ne se sentant plus en sûreté, se retira dans sa forteresse de Bresles. Le 1er août, au moment ou les royalistes se préparaient à attaquer la ville,les habitants nommèrent par acclamation, comme maire, Nicolas Godin, qui, de fait, exerçait depuis deux ans l'autorité sans avoir le titre.

Henri IV, qui venait de monter sur le trône, ayant renoncé pour l'instant à assiéger Beauvais, Godin, pour tenir en haleine ses volontaires municipaux, les conduisit à Breteuil dont il s'empara et qui fut pillée et incendiée. Les excès continuèrent par la destruction de Mouy, de Bresles, de Crèvecoeur et de plusieurs autres localités, et la tyrannie de Godin devint insupportable, pendant que les troupes royales, sous le commandement de La Noue, commençaient à serrer la ville de plus près; mais l'attitude énergique et les précautions du maire les forcèrent à se retirer. 

Cette guerre de partisans dura jusqu'au remplacement de Nicolas Godin, qui refusa d'être réélu maire en 1592. L'année suivante, les Beauvaisins firent, à Amiens, leur paix avec Henri IV qui comprit Godin lui-même dans l'amnistie et lui offrit de l'attacher à son service. Mais il refusa et se retira à Bruxelles. (C. St-A.).

Louis Godin est un astronome et mathématicien, membre de l'Académie royale des sciences, né à Paris le 28 février 1704 et mort à Cadix le  le 11 septembre 1760. Fils d'un avocat au Parlement, il fit ses premières études avec succès, et ,après avoir terminé sa philosophie, s'appliqua entièrement à l'astronomie, malgré les remontrances de son père, qui aurait desiré de lui voir embrasser une profession plus lucrative.

Il se mit sous la direction du célèbre Joseph Nicolas Delisle; et ses progrès, sous cet habile maître, furent si remarquables, que l'Académie lui ouvrit ses portes en 1725 : il était alors âgé de 21 ans; et, dès l'année suivante, il fut, dans une séance publique, des Observations sur l'aurore boréale dont l'apparition effrayait un grand nombre de personnes. L'explication qu'il donna de ce phénomène était fausse; mais elle n'en contribua pas moins à rassurer le public. Fontenelle avait laissé inachevée l'histoire de l'Académie avant son renouvellement; Godin fut chargé de la terminer, et il se montra digne de la confiance qu'on lui avait accordée.
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Louis Godin.
Louis Godin (1704-1760)

La question de la figure de la Terre, qui s'éleva parmi les savants, fixa son attention; et ce fut sur son rapport que le ministère résolut d'envoyer des astronomes à l'équateur et au pôle, pour déterminer la mesure de la Terre d'une manière précise. Il fut choisi avec Bouguer et La Condamine pour aller au Pérou; mais, avant d'entreprendre ce voyage, il se rendit à Londres pour prendre les instructions de Halley.

Enfin, il partit de La Rochelle le 16 mai 1735; et , après avoir séjourné quelques mois à Saint-Domingue, il arriva à Quito (aujourd'hui capitale de l'Équateur, et qui apartenait alors à la vice-royauté du Pérou), où les académiciens commencèrent leurs observations. Lorsqu'elles furent terminées, le vice-roi de Lima refusa de les laisser partir, à moins que Godin ne consentit à enseigner quelque temps les mathématiques dans cette ville. Il fut témoin du tremblement de terre, qui détruisit, en 1746, la plus grande partie de Lima; et il indiqua, pour sa reconstruction, des procédés qui rendirent les maisons moins vulnérables à de tels événements. 

Ce ne fut qu'en 1751 qu'il lui fut permis de retourner enfin chez lui : mais , pendant son absence, on avait nommé quelqu'un d'autre à sa place d''académicien-pensionnaire; et il se vit obligé de repartir presque aussitôt pour l'Espagne, où on lui offrait la direction de l'école des gardes-marines à Cadix. Cette ville fut ébranlée par le séisme qui détruisit Lisbonne en 1755 ; et Godin eut la plus grande part aux mesures qui furent prises pour diminuer le danger et réparer le dégât causé par ce terrible phénomène. 

" On eût dit, dit Fouchy, que la Providence le conduisait, comme par la main, partout où ses talents pouvaient être utiles."
Il fit un voyage à Paris en 1756, et eut le plaisir de se voir rétablir dans sa p!ace d'académicien-pensionnaire. Il retourna encore une fois à Cadix pour y régler ses affaires, mais il tomba malade presque en y arrivant : le chagrin qu'il eut de la perte de sa fille acheva d'épuiser ses forces, et il mourut, en septembre 1760 à l'âge de cinquante-six ans, d'une attaque d'apoplexie, sans avoir pu goûter la consolation de revenir se fixer en France. 

Godin était lié de la plus étroite amitié avec Mairan et Fouchy qui prononça son éloge. Il était membre des sociétés royales de Londres, de Berlin et de Stockholm.



- La Harpe, Le Voyage des géomètres en Amérique du Sud, édition en ligne.

En bibliothèque. - Louis Godin n'a enrichi la science d'aucune découverte marquante; à peine pourrait-on citer de lui quelques perfectionnements aux lunettes et de nouveaux. procédés de triangulation. On lui doit cependant plusieurs Mémoires épars dans le Recueil de l'Académie des sciences, et surtout on a de lui :

L'Histoire de de l'Académie des sciences depuis 1680 à 1699, 11 vol. in-4°.

La Table alphabétique des matières contenues dans l'Histoire de l'académie depuis son établissement jusqu'en 1730, 4 vol. 

•  Un Appendix aux Tables astronomiques de La Hire dans l'édition de 1727 , in-4°.

La Connaissance des temps, années 1730, 1731, 1732 et 1733. 

•  Il a aussi en part au Recueil des machines approuvées par l'Académie des sciences, publié par Gillon, (6 vol. in-4°).

Il travaillait, lorsqu'il mourut, à un cours de mathématiques à l'usage de ses élèves. On peut consulter , pour plus de détails, son Eloge, par Fouchv, dans l'histoire de l'académie, 1760.

Isabel Godin des Odonais, née Gramesón, francisé en Grandmaison, (1728,  Riobamba - 1792, Saint-Amand-Montrond) est la fille d'un riche administrateur colonial à Riobamba, dans la vice-royauté du Pérou, et  femme de Jean Godin des Odonais (1713-1792) un des compagnons de La Condamine (c'était le neveu de Louis Godin, ci-dessus, et, cartographe et naturaliste, il accompagnait l'expédition comme technicien), est célèbre par les malheurs qu'elle éprouva en Amérique
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Isabel Godin des Odonais.
Isabel Godin des Odonais (1728-1792).

Jean Godin des Odonais, obligé de se rendre à Cayenne pour des affaires de famille, partit seul, autant qu'on puisse le savoir afin d'épargner à sa femme la fatigue d'une si longue route; c'était au mois de mars 1749; il arriva, en avril 1750, à Cayenne, en descendant l'Amazone. Certain de ne pouvoir retourner à Quito, il s'occupa tout de suite d'obtenir de la cour du Portugal, des passeports, qu'il ne reçut qu'au bout de 15 ans, pour aller chercher sa femme et ses enfants, remonter le fleuve, et les amener par la même voie. Ce voyage de 1500 lieues, lui fournit l'occasion d'envoyer au cabinet du Roi, à Paris, plusieurs morceaux d'histoire naturelle, et de faire hommage à Buffon, d'une grammaire de la langue des Incas (le quechua), imprimée à Lima. 

Enfin, en 1765,  Godin vit arriver à Cayenne une galiotte pontée avec un équipage de 50 rameurs, commandée par un capitaine portugais, qui devait lui faire remonter le fleuve jusqu'au premier établissement espagnol , attendre là son retour, et le ramener à Cayenne avec sa famille , le tout aux frais de "Sa Majesté très fidèle". Mais il tomba malade à Oyapock, et ne pouvant s'embarquer il se trouva dans la nécessité de donner sa confiance à un nommé Tristan d'Orcasaval, qui s'en montra peu digne; car, au lieu d'aller chercher Mme Godin et de mettre à sa disposition les moyens de transport fournis par la cour du Portugal, il resta dans les missions portugaises à faire le commerce pour son compte.

A la même époque, un bruit vague, répandu dans la province de Quito, parvint aux oreilles d'Isabel Godin. Indécise sur le parti qu'elle devait prendre, elle envoya aux missions un serviteur d'une fidélité éprouvée. Après bien des obstacles, celui-ci arrive à Loreto, où il trouve Tristan et s'assure par lui-même que l'armement du roi du Portugal est destiné pour ramener Isabel Godin à Cayenne. Alors cette dame avance ses préparatifs, abandonne une partie de ses effets, et se met en route pour Canelos , petite ville située sur une rivière qui se jette dans l'Amazone; c'était là que devait se faire l'embarquement : mais ce ne fut qu'avec des peines inouies qu'elle parvint en ce lieu, où de nouveaux chagrins l'attendaient. 

La petite vérole, récemment apportée dans ces latitudes par les Européens, avait fait déserter tous les habitants de Canelos. Les 30 Indiens qui, au moment du départ, composaient l'escorte de Mme Godin, l'avaient successivement abandonnée en route : elle restait seule avec son fils, ses deux frères et quelques domestiques; en tout huit personnes. Deux Indiens, revenus dans la bourgade, promirent à Isabel Godin de construire un canot et de la conduire dans la mission d'Andoas, distante d'environ 150 lieues; de là elle aurait joint l'armement. Le canot achevé, on part de Canelos, on navigue deux jours; on s'arrête pour passer la nuit, et les deux Indiens qui avaient reçu leur salaire, disparaissent. La troupe infortunée se rembarque sans guide, et rencontre un canot arrêté dans un petit port. Un Indien convalescent consent à se joindre aux voyageurs, et à tenir le gouvernail : le troisième jour cet Indien tombe dans l'eau et se noie. Voilà le canot dénué de gouvernail : tout le monde est forcé de prendre terre. On détache quelqu'un de la troupe à Andoas, en lui faisant promettre qu'avant quinze jours il enverra un canot et des Indiens. Vingt-cinq jours se passent, sans qu'on entende parler de rien. Les voyageurs, réduits à la plus périlleuse situation dans ce désert, perdent toute espérance.

Dans cette extrémité ils se décident à suivre à pied les bords de la rivière; mais s'étant engagés trop avant dans les bois, ils s'y égarent. C'est là qu'épuisés par la marche et par la faim, ils sont réduits à la dernière extrémité. Au bout de trois jours , tous expirent successivement; et Isabel Godin reste seule, étendue auprès du cadavre de ses frères et de ses domestiques : pendant quarante-huit heures elle est comme anéantie; enfin pressée par une soif ardente, elle se traîne jusqu'aux bords de la rivière. Elle erre ensuite pendant plusieurs semaines, dans un bois embarrassée de ronces et de lianes, toujours en danger d'être dévorée par les bêtes féroces; à peine couverte de mauvais lambeaux, épuisée de fatigue et de faim, elle se trouve sur les bords du Bobonasa, rivière qui tombe dans l'Amazone. Un matin, au lever de l'aurore, elle entend du bruit à environ 200 pas d'elle; elle s'approche, et voit deux Indiens qui poussaient un canot à l'eau : elle les conjure de la conduire à Andoas; ils le promettent, et tiennent parole. 

Arrivée à Laguna, elle est reçue à bras ouvert par le supérieur des missions; mais ce fut en vain qu'on essaya de faire venir Tristan : jamais elle ne put profiter de l'armement qui avait été fait pour elle. Après un long espace de temps et beaucoup de souffrances, on parvint cependant à lui procurer le moyen d'entreprendre ce voyage, qui était au moins de mille lieues. Au bout de plusieurs années d'absence, de traverses et de malheurs réciproques, M. et Mme Godin se virent enfin réunis à Oyapock, où le premier était toujours resté à attendre sa femme. Les deux époux remontèrent à Corupa, et se rendirent de là à Cayenne, d'où ils s'embarquèrent, et arrivèrent à La Rochelle le 26 mai 1773, après 65 jours de traversée: ils se rendirent ensuite à Saint-Amant-Montrond dans le Berry, où ils possédaient une très belle terre. 

Les aventures d'Isabel Godin sont attestées par les lettres originales de plusieurs missionnaires de l'Amazone, qui ont d'ailleurs peut-être édulcoré notablement leur récit. Celle des lettres de Jean Godin, qui contient ce récit , a été imprimée à Paris en 1775. (B-Y.).



A voir : la page du site Saint-Amand-Montrond- Riobamba : : Isabel et Jean Godin des Odonais, l'incroyable aventure.
Jean-Baptiste-André Godin, industriel et homme politique français, né à Esquehéries (Aisne) le 26 janvier 1817, mort à Guise le 14 janvier 1888. Ouvrier en fonte, il créa à Esquehéries la fabrication des appareils de chauffage en fonte de fer; et cette industrie, qu'il transporta à Guise en 1846, devint si prospère qu'en 1859 Godin réalisait son fameux Familistère. Il inventa l'émaillage en couleurs de la fonte. 

Maire de Guise en 1870, il fut élu représentant de l'Aisne à l'Assemblée nationale le 8 février 1874. Membre de l'Union républicaine, il soutint le gouvernement de Thiers et combattit le ministère de Broglie. Il s'occupa surtout des questions sociales et proposa le 29 janvier 1873 un amendement au projet sur le travail des enfants dans les manufactures qui interdisait de les employer avant l'âge de douze ans. Cet amendement fut repoussé et l'âge de dix ans adopté. 
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Jean-Baptiste Godin.
Jean-Baptiste Godin (1817-1888).


En bibliothèque. - On a de JBA Godin : Solutions sociales (Paris, 1871, in-8); les Socialistes et les droits du travail (1874, in-32); la Politique du travail et la politique des privilèges (1875, in-32); Mutualité sociale (1880, in-8); Mutualité nationale contre la misère (1883, in-8); le Gouvernement et le vrai socialisme en action (1883, in-8); la République du travail et la réforme parlementaire (1889, in-8).
Godin de Sainte-Croix est un célèbre empoisonneur, né à Montauban vers 1630, mort à Paris le 31 juillet 1672. On sait fort peu de chose sur sa vie. Bâtard de noble famille, il servit au régiment de Tracy-Cavalerie, avec le grade de capitaine. Il connut au service le marquis de Brinvilliers et devint l'amant de sa femme dont il fut le complice et peut-être la victime.
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