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Farnèse  (Isabel / Elisabeth), reine d'Espagne, née le 25 octobre 1692, morte le 11 juillet 1766. Fille d'Edouard II, prince de Parme, et de Sophie-Dorothée de Bavière, elle fut défigurée, enfant, par la petite vérole. Elle étonna la petite cour de son père par une obstination et une opiniâtreté singulière; la rigueur avec laquelle elle était tenue par sa mère qui l'enfermait souvent au grenier ne fit qu'augmenter ces dispositions naturelles, et nul ne lui aurait prédit une grande fortune, quand Mme des Ursins, qui voulait donner à Philippe V, veuf depuis peu, une femme qui ne fût rien par elle-même et dût tout à son intervention, songea à la petite princesse de Parme (L'Espagne au XVIIIe siècle). Alberoni, qui était de ce même pays et qui commençait à avoir du crédit en Espagne, appuya, si même il ne l'avait pas suscité, le projet de Mme des Ursins. Le roi, selon son habitude, s'enflamma à l'idée de ce mariage et Acquaviva alla à Parme le négocier; il fut conclu le 16 septembre 1744.

La nouvelle reine d'Espagne s'arrêta à Gênes et à Monaco, vit à Bayonne la veuve de Charles II et fut mise au courant de ce qui se passait en Espagne; elle avait su aussi, dès avant son départ de Parme, que Mme des Ursins, éclairée trop tard sur son caractère, avait voulu rompre le mariage. Aussi lorsque celle-ci vint au-devant de la jeune reine à Xadraque, Elisabeth la traita fort mal, la fit arrêter et conduire à la frontière de France. Elle s'emparait ainsi par un coup d'autorité de toute influence sur le roi; son esprit plus vif qu'on ne supposait, une inépuisable complaisance, achevèrent de la rendre maîtresse absolue de l'esprit de Philippe V. Elle le réconcilia d'abord avec le duc d'Orléans; mais elle déplut aux Espagnols, quoiqu'elle eût appris très vite leur langue (elle en parlait fort bien cinq ou six), parce qu'elle protégea trop des Italiens, notamment, Alberoni, parce qu'elle rappela comme confesseur du roi le jésuite d'Aubenton et appuya l'Inquisition

Elle assistait au conseil et de concert avec Alberoni elle agita toute l'Europe pour procurer des trônes à ses enfants; on sait que la politique espagnole se borna alors à servir son ambition maternelle. Elle supporta avec bien de la peine l'abdication de Philippe V, et ce fut avec une joie très vive qu'elle lui vit reprendre le sceptre, en 1724, après la mort de son fils Louis. En 1746, quand son mari mourut laissant pour successeur son fils Ferdinand qu'il avait eu de sa première femme, Elisabeth Farnèse vécut dans la retraite, d'ailleurs traitée honorablement. Avant de mourir, elle eut la joie de voir son fils Carlos devenir roi d'Espagne. Elle avait eu sept enfants : Carlos, ou Charles III; Maria-Anna Victoria, destinée à Louis XV et mariée au roi de Portugal; Francisco, mort en bas âge; Philippe, duc de Parme; Marie-Thérèse-Antoinette Rafaele, première femme du dauphin, père de Louis XVI; Louis-Antoine-Jacques, comte de Chinchon; Marie-Antoinette-Fernande qui épousa Victor-Amédée, roi de Sardaigne. (E. Cat).

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