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Les
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Éginhard
ou Einhard, historien de l'époque carolingienne« Le Nardulus qui court çà et là à petits pas comme une fourmi loge une grande âme dans un petit corps. »Il était poète, prosateur; il était aussi architecte, d'où le surnom de Béséleel sous lequel on le désignait à l'Ecole palatine. Il prit part aux travaux de construction du palais impérial d'Aix-la-Chapelle. Charlemagne lui témoigna une grande confiance qu'attestent plusieurs faits : en 806, il l'envoya en mission auprès du pape pour obtenir de celui-ci l'approbation du partage éventuel de l'empire entre ses fils; en 813, ce fut en partie d'après ses conseils, paraît-il, qu'il couronna empereur son fils Louis. Après la mort de Charlemagne, Eginhard
conserva la faveur de son successeur. En 815, par exemple, Louis
le Pieux donnait à Eginhard et à sa femme Imma,
la terre de Michelstadt. Ce fut là qu'il songea d'abord à
élever un monastère, en 827, lorsqu'il se fut procuré
des reliques On a de lui des oeuvres nombreuses; la plus célèbre est sa Vie de Charlemagne. L'influence de la littérature romaine, si sensible dans toutes les oeuvres de la littérature carolingienne, y domine. Eginhard imite le plan et le style de Suétone dans ses Vies des Césars; il lui emprunte jusqu'à l'ordonnance des récits, jusqu'à des expressions. De là une trop grande absence d'originalité; Eginhard ne donne évidemment qu'une image affaiblie et latinisée à l'excès de son héros. Il déclare lui-même qu'il n'a pas voulu composer une histoire complète du grand empereur et que son but a été surtout d'indiquer les traits principaux du caractère de Charlemagne et de son gouvernement. On a même pu relever dans cette courte biographie des erreurs de dates et de faits graves et nombreuses. Malgré tout, on ne trouve nulle part ailleurs un tableau plus complet de la cour de Charlemagne. Eginhard écrivit cet ouvrage peu de temps après la mort de l'empereur; on le trouve déjà mentionné en 820; le succès en fut grand et durable; aujourd'hui encore on connaît plus de soixante manuscrits de la Vie de Charlemagne. Une autre oeuvre historique lui a longtemps
été attribuée sans discussion : il s'agit d'un remaniement
des Annales de Lorsch A partir des années 1870 environ, en Allemagne, les dissertations relatives à cet ouvrage se sont multipliées : quelques-uns des plus illustres historiens modernes au delà du Rhin, Ranke, Giesebrecht, Sybel ont pris part à ce débat. Il n'est pas possible de donner ici une analyse de cette polémique, ni des arguments qui ont été échangés de part et d'autre. On s'abstiendra ici de toute conclusion, et on se contentera d'indiquer que les anciennes affirmations ne doivent plus tout au moins être acceptées avec la même confiance. D'autres écrits d'une valeur historique
moindre sont certainement d'Eginhard. Dans la Translation des reliques
des saints Marcellin et Pierre, il a raconté la passion de ces
martyrs sous Dioclétien, comment il
se procura leurs reliques, comment il les transféra à Seligenstadt |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.