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Deusing

Antoine Deusing est un astronome né à Meurs le 15 octobre 1612, et mort  le 29 janvier 1666.. Il qui professa les mathématiques et la philosophie au collège Harderwyk et la médecine à Groningen. Dans son Antonii Deusingii, de vero Systemate Mundi, dissertatio mathematica qua Copernici systema reformatur : sublatis interim infinitis pene orbibus quibus in systemate Ptolemaico humana mens distrahitur, publié à Amsterdam en 1643, il propose de replacer la Terre au centre du monde, tout en faisant disparaître la complication du système de Ptolémée

Deusing, dans les prolégomènes de son ouvrage, rappelle les différents systèmes proposés par les Grecs; il nous apprend que, de son temps, celui de Copernic était le plus répandu; il parle des changements que Képler y avait apportés; mais, tout en louant le génie de l'auteur, il préfère la simplicité de Copernic. Il semble pourtant que la simplicité est beaucoup plus grande dans le système de Képler; apparemment que le mouvement circulaire lui paraît plus facile à concevoir que le mouvement elliptique. Pour lui, il se propose de replacer la Terre au centre, et de faire disparaître toute la complication du système de Ptolémée.

Il établit d'abord que, pour le Soleil, il n'y a aucune difficulté à le faire tourner excentriquement autour de la Terre. Il montre comment on peut ramener le système de Tycho à la forme copernicienne; alors les deux systèmes auront les mêmes inconvenients. Ces imperfections ont été reconnues par Boulliaud, dans son Philolaüs. Quoique Copernic ait pu faire, il a donné aux planètes des mouvements qui ne sont pas parfaitement uniformes. Pour lui, son but est de tout ramener à des mouvements toujours égaux; c'est ce qu'il cherche dans une nouvelle combinaison d'excentriques et d'épicycles.

Il développe ses idées en une multitude de théorèmes accompagnés de figurés très compliquées. Les plus simples de ces théorèmes sont que les épicycles des planètes supérieures sont tous égaux à l'orbe annuel du Soleil; que le déférent de cet épicycle a pour centre celui du cercle que la planète décrit véritablement par son mouvement annuel; il rapporte les mouvements des planètes à l'opposition et à la conjonction moyenne.

Il suit une marche analogue pour les planètes inférieures; il fait tourner le Soleil autour de son axe et autour de la Terre immobile; dans son mouvement annuel, le Soleil entraîne toutes les planètes; les étoiles ont leur longue période de la précession, elles peuvent tourner autour de leurs axes; la Terre les soutient au centre par son poids. Tel est le résumé qu'il fait lui-même de son système, qui ne diffère de celui de Tycho que par la proportion des excentricités et des rayons des épicycles. 

Quant au mouvement diurne, il ne sait d'abord quel parti prendre; il se détermine à faire tourner la Terre autour de son axe. Comme Kepler, il reconnaît à la Terre une faculté vitale qui produit sa rotation. C'est par une faculté semblable que les graves tombent sur la Terre. Dieu est immobile dans la plus haute région du monde, il donne le mouvement à toute la machine. Il réfute longuement Boulliaud, qui ne voulait pas que l'accélération du mouvement fût un effet de la gravité.

Il lui reste encore quelques mouvements à expliquer; il fait tourner le centre du cercle annuel du Soleil dans un petit cercle, pour expliquer le changement d'excentricité, et le changement des apsides. Ce petit cercle est une invention de l'astronome espagnol Arzachel, auteur des tables de Tolède. Il donne à ce cercle une petite inclinaison, pour expliquer le changement d'obliquité. Il en est peut-être de même des inclinaisons des planètes. 

Pour la Lune, il adopte l'hypothèse de Copernic. Pour la précession, il fait tourner le pôle de l'équateur autour du pôle de l'écliptique. Au reste, en finissant, il paraît n'attacher pas beaucoup d'importance à son hypothèse. Il a cherché et voulu procurer aux autres un sujet agréable de méditations. Il n'a soumis ses idées à aucun calcul, et personne, probablement, n'en prendra la peine.

Cet ouvrage prouve surtout que le système de Copernic, sans les améliorations de Képler, eût été d'un avantage médiocre pour l'astronomie. II démontre, dans le plus grand détail, que ce système peut se ramener à celui de Tycho. Les trois systèmes sont d'ailleurs identiques, du moins quant aux apparences et à la manière de calculer les lieux géocentriques des planètes. 

De ses démonstrations prolixes et fatigantes, l'auteur conclut que ce n'est guère la peine de faire mouvoir la Terre et d'éloigner autant les fixes. Nous dirons à notre tour que ce n'est pas trop la peine, après toutes les concessions qu'il fait à Copernic, et toutes les explications qu'il lui emprunte, de supprimer le mouvement annuel.

Au reste, cet ouvrage est pénible à lire; on y trouve une multitude effrayante de lemmes, de théorèmes et de corollaires, dont les énoncés sont longs et obscurs, les démonstrations difficiles à suivre. L'auteur ne rapporte aucun calcul, aucune observation; il ne se livre qu'à des considérations générales, desquelles il ne peut résulter aucune conviction; et c'est pour cela, dit Weidler, avec beaucoup de raison, que son livre n'a fait aucune impression sur les astronomes, qui l'ont regardé comme non avenu. (Delambre).

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