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Custine

Custine (Adam Philippe, comte de), né à Metz en 1740, se distingua dans la guerre de Sept Ans et dans celle d'Amérique et fut nommé, à son retour en France, maréchal de camp et gouverneur de Toulon. En 1789 il fut député aux Etats généraux par la noblesse de Lorraine, et figura constamment dans les rangs de l'opposition. En 1792 il fut mis à la tête de l'armée du Rhin, et s'empara de Spire, Worms, Mayence et Francfort, mais il fut ensuite repoussé par les Prussiens et obligé d'abandonner les deux dernières places. Il fut alors envoyé à l'armée du Nord; mais il ne fit qu'y paraître. Accusé de n'avoir pas fait ce qu'il aurait dû pour défendre Mayence, il fut appelé à Paris, condamné par la Convention, et conduit au supplice le 28 août 1793. Custine était un bon officier, mais un général médiocre. On lui a aussi reproché son intempérance et une excessive sévérité. 
Custine (Astolphe, marquis de), 1793-1857, petit-fils du précédent , s'est fait connaître comme voyageur. Il visita l'Angleterre, l'Ecosse, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, la Russie, et publia ses observations sur ces divers pays dans des Voyages qui sont remarquables par l'exactitude des descriptions et la franchise des jugements, mais qui à cause de cela même ont donné lieu à plus d'une réclamation.


Marquis De Custine, La Russie en 1839, Actes Sud (Thésaurus), 2005.
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La Russie en 1839 est un extraordinaire journal de voyage au "Royaume des façades", prémonitoire et visionnaire. Dans la réédition de Custine parue aux éditions Solin, en 1990, Hélène Carrère d'Encausse écrivait dans sa préface : "Custine (...) témoigne de la difficile rencontre entre la Russie tendue vers l'Europe et l'Europe qui ne sut jamais comment traiter et comprendre la Russie." On en est toujours là. Et les derniers événements en Ukraine en sont la parfaite démonstration.

La destinée de ce livre reste singulière. Publié en 1843, et bien qu'il décrive la réalité russe de son époque, l'ouvrage de Custine a traversé presque deux siècles comme s'il était le miroir du moment. Pertinent au temps du tsarisme, il l'est resté sous le Communisme et retrouve son actualité sous Poutine.

Bien entendu, le livre fut interdit par le Tsar, l'ambassade de Russie à Paris suscita des réfutations, on essaya même de stipendier Balzac pour ce faire et on alla jusqu'à mettre en avant l'homosexualité de l'auteur pour expliquer sa hargne contre le régime tsariste. C'est vrai que Custine n'y allait pas de main morte en fustigeant les travers du régime de Nicolas Ier : "En Russie, le gouvernement domine et ne vivifie rien. Dans cet immense empire, le peuple, s'il n'est tranquille, est muet; la mort y plane sur toutes les têtes et les frappe capricieusement ; c'est à faire douter de la suprême justice; là l'homme a deux cercueils : le berceau et la tombe.

Les mères y doivent pleurer la naissance plus que la mort de leurs enfants." On voit bien le ton, le style, et tout le livre est à l'avenant, celui d'un grand écrivain assurément!

Custine, s'il n'est resté que peu de temps en Russie, était parfaitement renseigné par des amis polonais (la "question polonaise", la mise au pas par la Russie de la Pologne qui, beaucoup plus que la Tchétchénie aujourd'hui, avait suscité l'indignation des Français), des opposants dont des amis de Pouchkine. (couv.).

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