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Cromwell (Oliver), protecteur d'Angleterre, né en 1599 dans le comté de Huntingdon, d'une famille assez distinguée, mort en 1658, entra de bonne heure dans la secte des Puritains, où il puisa l'esprit d'intolérance. Persécuté comme dissident, il allait s'embarquer pour l'Amérique quand un ordre du roi interdit le départ. Député par l'Université de Cambridge au long-parlement (1640), il s'y fit remarquer par ses déclamations contre le papisme et la royauté. Lorsque la guerre entre le roi et le Parlement s'engagea, Cromwell leva un régiment à ses frais : il se signala par son habileté et sa bravoure, mais aussi par ses cruautés. Nommé, peu de temps après, lieutenant général de cavalerie, il décida le succès des combats de Marston-Moor (1644) et de Naseby (1645), qui amenèrent la ruine du parti royaliste et les infortunes de Charles I
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Portrait de Cromwell
Oliver Cromwell.

Dès cette époque,Cromwell songea à remplir le premier rôle. II sut se concilier l'esprit de l'armée; et comme dans le Parlement il se trouvait bien des gens qui semblaient deviner son ambition et s'y opposer, il purgea ce corps, c. -à-d. qu'il en chassa à main armée les membres suspects. Avec les hommes sûrs qui y restaient, il fit condamner à mort le malheureux Charles (1649), et proclamer la république. Quatre ans après, il fut reconnu chef de l'État sous le nom de protecteur. Depuis ce moment, Cromwell régna en souverain absolu. Du reste, son administration fut des plus prospères : il enleva la Jamaïque aux Espagnols, et abaissa la marine hollandaise; au dedans il acheva la réduction de l'Irlande et de l'Écosse; il fit respecter les lois; remplit les tribunaux de magistrats intègres et éclairés, et fit fleurir le commerce. Presque toutes les puissances reconnurent son autorité et recherchèrent son alliance. Cromwell dut ses succès à une profonde hypocrisie, autant qu'à son habile politique, à son courage et à son infatigable activité. 

Son fils, Richard Cromwell, fut reconnu pour son successeur au protectorat; mais, d'un caractere faible, il ne conserva l'autorité que quelques mois. Il abdiqua en 1659, à la suite de quelques troubles et à la nouvelle de l'approche de Charles II, et vécut depuis dans une retraite absolue, jusqu'à sa mort, arrivée en 1712.
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