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La famille de Coëtlogon

La famille de Coëtlogon est une maison très ancienne de Bretagne, descendant d'Eudes de Coëtlogon, chevalier qui vivait en 1180, et qui était peut-être un cadet des comtes de Porhoët. Elle s'est divisée en nombreuses branches (Kerberio, Petit-Gué, Loyat, La Bourdelaye, Méjusseaume). Elle a pour armes : de gueules à trois écussons d'ar gent semés d'hermines. 

La famille Coëtlogon a produit au Moyen âge et à la Renaissance : Alain, compagnon de Du Guesclin; Olivier, premier président de la chambre des comptes de Bretagne en 1460, chevalier de l'Hermine, ambassadeur de Bretagne en France en 1452, 1453 et 1456; René, fait marquis en 1622; René, conseiller d'Etat, gouverneur de Rennes (1657), mort en 1683, dont un fils, Louis-Marcel, fut évêque de Saint-Brieuc et de Tournai, mort en 1707, et dont la fille Louise-Philippe (1641-1729) est connue pour sa longue fidélité au marquis de Cavoye, qu'elle épousa en 1677, après plusieurs années d'une passion platonique rebutée (Saint -Simon, t. III, pp. 52 et suiv.); le marquis Philippe; son frère, le maréchal, qui aura sa notice plus loin; Richard, seigneur de Tosny (Eure), qui s'illustra dans plusieurs guerres, depuis le règne de François Ier et mourut en 1566.
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Gisants de l'église de Tosny (Eure).
Les gisants de Richard de Coëtlogon, seigneur de Tosny, et de son épouse, Marguerite de Pillavoine, dans l'église Saint-Sulpice de Tosny (Eure). Photos : © Marianne Rolot, 2009.
Richard de Coetlogon et son épouse (église de Tosny, Eure).

Pendant les temps modernes, on citera : Philippe, Guy, neveu du maréchal et du marquis Philippe, et marié à une petite-fille de ce dernier, mort en 1709, qui se distingua à Staffarde et à la Marsaille; son fils César, mestre de camp, qui servit comme aide de camp du maréchal de Berwick; Alain, grand sénéchal d'Artois, mort en 1800; le fils de celui-ci, Jean-Baptiste (V. ci-après); son fils Alfred, comte de Coëtlogon, lieutenant général au service de don Carlos; Louis, comte de Lyonnet, lieutenant général et commandeur de Saint-Louis en 1693; son frère, Emmanuel, brigadier des armées du roi, et son neveu, Emmanuel, capitaine de vaisseau en 1740.

Et mentionnons plus spécialement :

Alain-Emmanuel, comte de Coëtlogon, maréchal de France, né en 1646, mort le 7 juin 1730. Enseigne dans le régiment Dauphin en 1668, il passa dans la marine en 1670 comme enseigne de vaisseau; en 1672, il fut nommé lieutenant de vaisseau, et le 26 novembre 1675 capitaine de vaisseau. Il devint chef d'escadre le 1er novembre 1689, lieutenant général en 1701. Il assista à onze batailles navales et fit toutes les campagnes du règne de Louis XIV, se distinguant particulièrement à Palerme et à Agosta, au siège de Gênes, au bombardement d'Alger (1688), à Bantry, à la Hougue. En 1683, il fut chargé de faire une démonstration contre la Suède. Pendant la guerre de succession d'Espagne, il fut investi par Philippe V du grade de capitaine général ; le 22 mars 1703, avec cinq vaisseaux il en prit six à l'ennemi; à Velez-Malaga, il servit comme vice-amiral; en 1705, il commanda une escadre de 17 vaisseaux. Il reçut en 1694 la croix de Saint-Louis, en 1705 le cordon rouge, et en 1716 la grand-croix. Membre du conseil de marine en 1705, il fut élevé en 1716 à la dignité de vice-amiral du Levant; en 1724, il reçut le collier du Saint-Esprit. Il était mourant lorsque le roi lui envoya le bâton de maréchal (1er juin 1730); il accueillit cette marque tardive de reconnaissance en disant : Non nobis, Domine, sed nomini tuo da gloriam.

Jean-Baptiste-Félicité, comte de Coëtlogon, né à Versailles le 22 août 1773, mort à Rambouillet le 27 septembre 1827. Lieutenant de cavalerie au moment de la Révolution, il émigra et servit à l'armée de Condé. Rentré en France en 1807, il se tint éloigné des affaires publiques et s'occupa de poésie. On lui donna en 1820 la sinécure de sous-gouverneur du château de Rambouillet. Il a publié, diverses odes de circonstance, le Missionnaire (Paris, 1819, in-8), ode; David (Paris, 1820 et 1822, in-8), poème; Bayard amoureux ou les lutins de Rambouillet (Paris, 1825, 2 vol. in-48); Eloge de J.-M. Champion de Cicé, archevêque d'Aix et d'Arles, dans Mémoires de la société académique d'Aix, etc.
Louis-Charles-Emmanuel, comte de Coëtlogon, administrateur français, né à Paris le 10 août 1814, mort en novembre 1886. Officier démissionnaire en 1840, il acquit comme littérateur une certaine notoriété vers la fin du règne de Louis-Philippe. Il servit comme préfet dans plusieurs départements pendant le second empire, après la chute duquel il fut, par suite d'opérations financières équivoques, impliqué dans le procès de Collet-Meygret et Lefebvre-Duruflé, subit une condamnation et fut rayé des cadres de la Légion d'honneur (1875). Par la suite, il publia différents ouvrages : l'Etat et le Clergé, les conflits religieux en 1861, documents secrets (1881, in-12); l'Honneur du nom (1882, in-12); Mariages riches (1885, in-12), et collabora, sous divers pseudonymes, à plusieurs journaux, notamment au Gaulois
Un jugement du 22 février 1821 a défendu aux descendants du vicomte de Carné et de Perrette de Coëtlogon (mariés en 1722) de joindre à leur nom celui de Coëtlogon. (A. Debidour).
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Dictionnaire biographique
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