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Cléopâtre

Cléopâtre, deuxième femme de Philippe, roi de Macédoine. Elle était nièce d'Attale, un des généraux de Philippe, et celui-ci, accusant d'infidélité Olympias, sa première femme, en avait successivement épousé plusieurs autres dont la dernière fut Cléopâtre (337 av. J.-C.). Les fêtes de son mariage furent marquées par une violente querelle entre Alexandre, fils d'Olympias, et son père Philippe. Olympias, répudiée, se réfugia chez son frère, Alexandre d'Épire, et Alexandre se retira en Illyrie. (Plutarque, Alex., III, 9 ; Justin, IX, 7.) Peu après, Cléopâtre eut un fils appelé Karanos et une fille Europe. (Satyrus, ap. Athen., XIII, p. 557.) Après l'assassinat de Philippe aux noces de sa fille Cléopâtre, la reine Cléopâtre tenta vainement d'usurper l'héritage d'Alexandre au nom de son fils; Olympias, de retour en Macédoine, fit périr Europe et força Cléopâtre à se pendre de sa main. (Justin, IX, 7.) D'après Pausanias (VIII, 7), elle l'aurait fait rôtir à petit feu dans un bassin ardent. Le fils de Cléopâtre fut mis à mort par ordre d'Alexandre (Justin, XI, 2.).
Cléopâtre, fille de Philippe et d'Olympias, soeur d'Alexandre le Grand. Philippe lui fit épouser son oncle, Alexandre, roi d'Epire, de peur qu'Olympias, sa première femme réfugiée près de lui, ne le détournât de l'alliance macédonienne. Le mariage se fit à Aegae, en Macédoine, en 326 av. J.-C., et fut magnifique; Philippe y avait convoqué des députés de toute la Grèce pour célébrer l'union des Hellènes et inaugurer, en quelque sorte, la guerre nationale contre les Perses. (Diodore, XVI, 92.). C'est dans ces fêtes que Philippe tomba sous le poignard de Pausanias. Veuve en 326, Cléopâtre, après la mort d'Alexandre, fut très recherchée par tous les généraux de son frère, qui pensaient, en l'épousant, acquérir des droits à la domination universelle. Cléopâtre, ambitieuse elle-même, reçut les ouvertures de Léonatos et de Perdiccas (Plutarque, Eum. 3), mais tous deux moururent. Elle refusa Cassandre; réfugiée à Sardes, elle eut à se défendre contre Antipater devant toute l'armée; elle refusa encore les offres de Lysimaque et d'Antigone; c'est Ptolémée (L'Égypte ptolémaïque) qu'elle choisit finalement, à cinquante ans. Pour rejoindre ce prince, elle devait s'évader de Sardes, où elle était au pouvoir d'Antigone; mais celui-ci la fit arrêter dans sa fuite et assassiner par ses esclaves. Pour détourner les soupçons, Antigone lui fit de magnifiques funérailles. (Diodore, XVIII, 23 ; XX, 37; Justin, lX, 6 ; XIII, 6; XiV, 1.).
Cléopâtre, reine d'Égypte, surnommée Syra. Fille d'Antiochus III le Grand, elle fut mariée en  193 av. J.-C., à Ptolémée V Epiphane et lui apporta en dot la Coelé-Syrie pour prix de sa neutralité dans la lutte de son beau-père contre les Romains. (Appien, Syr., 5). A la mort de Ptolémée (181), Cléopâtre prit la régence comme tutrice de son fils mineur, Ptolémée Philométor. Elle sut mériter la reconnaissance de son peuple, en luttant avec impartialité contre son père, qui voulait reprendre la Coélé-Syrie et envahir l'Égypte. (Polybe, XXVIII, 17).
Cléopâtre, reine d'Égypte, fille de la précédente et de Ptolémée V. Elle épousa son frère Ptolémée VI Philométor; veuve en 146, elle garda sa place sur le trône, en épousant son autre frère, Physcon ou Evergète II, roi de Cyrène, qui devint Ptolémée VII d'Égypte. Celui-ci, redoutant un rival dans un fils de sa femme, le fit tuer le jour de ses noces, puis il répudia sa soeur Cléopâtre, viola et enfin épousa sa fille, appelée aussi Cléopâtre (Justin, XXXVIII, 3. 9). Le peuple, soulevé par cette tyrannie, le força à s'exiler; il alla rejoindre Cléopâtre, sa première femme, à Cyrène, fit couper en morceaux un fils qu'il avait d'elle et envoya ses membres à la mère. Cléopâtre implora le secours de son gendre, Démétrius Nicator, roi de Syrie, et lui offrit la couronne d'Égypte. Le retour de Physcon la força à se retirer définitivement auprès de Démétrius. (Justin, XXXIX, 1, 2).
Cléopâtre, reine de Syrie, deuxième fille de la précédente. Elle fut mariée, en 149, à Alexandre Bala, usurpateur du trône de Syrie. Après la mort d'Alexandre, elle épousa Démétrius Nicator, roi de Syrie. Durant la captivité de ce prince chez les Parthes, jalouse de ce qu'il avait épousé Rodogune, princesse des Parthes, elle se maria à Antiochus VII et fit tuer Démétrius à son retour. Séleucus, un de ses fils, s'étant emparé de la couronne sans le consentement de sa mère, fut aussi assassiné. (Justin, XXXIX, 1). Cléopâtre plaça sur le trône son autre fils, Antiochus VIII Grypus (125 av. J.-C.) et entendit se réserver toute l'autorité royale. Comme son fils supportait mal ce joug, Cléopâtre résolut de l'empoisonner; mais Antiochus, prévenu, la força de boire la première, comme par respect, à la coupe; la reine but et mourut (121 av. J.-C.). Corneille a tiré de cette fin tragique le dénouement de sa Rodogune. (Justin, XXXIX, 2.). Cléopâtre avait un autre fils, qui devint Antiochus IX de Cyzique.
Cléopâtre, reine d'Égypte, soeur de la précédente, autre fille de Ptolémée VI Philométor et de Cléopâtre. Après la mort de Ptolémée VII, son oncle et premier mari, elle partagea le trône d'Égypte avec son fils aîné, Ptolémée VIII Lathyre. Elle lui fit épouser sa soeur, Cléopâtre Séléné. Bientôt lasse de partager le pouvoir avec lui, elle excita contre le roi le peuple d'Alexandrieet le força à s'exiler, puis créa roi à sa place son plus ,jeune fils, Ptolémée Alexandre, qu'elle espérait diriger à sa guise (109 av. J.-C.). Elle poursuivit Ptolémée VIII et fit exécuter un général qui l'avait laissé fuir. Ptolémée Alexandre, épouvanté, quitta à son tour le trône; Cléopâtre le fit revenir et projetait de le tuer, quand il la prévint et la fit assassiner (87). Comme sa soeur, la reine de Syrie, elle mourait de la main de son fils, après les mêmes crimes. (Pausanias, VIII, 7; Justin, XXXIX, 4). Elle laissait trois filles : Cléopâtre, Cléopâtre Tryphène et Cléopâtre Séléné.
Cléopâtre, reine d'Égypte, fille de la précédente. Elle épousa d'abord son frère, Ptolémée VIII Lathyre, qui la répudia pour sa soeur, Cléopâtre Séléné. Elle alla, en 117 av. J.-C., épouser Antiochus de Cyzique, alors en rivalité avec son frère, Antiochus VIII Grypus, pour le trône de Syrie. Après une bataille perdue, Cléopâtre fut prise dans Antioche et tomba au pouvoir de sa soeur, Cléopâtre Tryphène, femme d'Antiochus Grypus. Malgré les supplications de Grypus, qui ne voulait pas se souiller d'un tel crime, Cléopâtre Tryphène fit arracher sa soeur du temple où elle s'était réfugiée et la fit périr, en 116. (Justin, XXXIX, 3.).
Cléopâtre, surnommée Tryphène, reine de Syrie, soeur de la précédente. Elle épousa Antiochus Grypus au moment de sa lutte contre Antiochus de Cyzique et fit égorger sa soeur à Antioche. Bientôt après, Antiochus de Cyzique, vainqueur de son rival, prit à son tour sa femme, en 115, et l'immola aux mânes de Cléopâtre. (Justin, XXXIX, 3.).
Cléopâtre, surnommée Séléné, reine d'Égypte, puis de Syrie, soeur des deux précédentes. Nous l'avons vue épouser, sur les ordres de sa mère, son frère Ptolémée VIII Lathyre; puis elle épousa Antiochus XI Epiphane et, après sa mort, Antiochus X Eusèbe. En Syrie, elle fut assiégée par Tigrane, roi d'Arménie, prise dans la forteresse de Séleucie et mise à mort (Strabon, XVI); d'après Josèphe (Ant., XIII, 16), elle aurait été secourue par l'invasion de Lucullus en Arménie. Elle eut un fils, Antiochus XIII Asiaticus.
Cléopâtre, fille de Ptolémée VIII Lathyre, ordinairement appelée Bérénice.
Cléopâtre (ou Cléopâtre VII), reine d'Egypte, célèbre par sa beauté et par ses crimes, était fille de Ptoléméé Aulète. Elle épousa Ptolémée Denys, son frère, et régna d'abord avec lui (52 av. J. -C.). Ayant été chassée du trône peu après, elle se fit rétablir (47) par César, épris de ses charmes. Après la mort du dictateur, Antoine la manda à Tarse pour qu'elle eût à répondre à quelques accusations; mais il en devint éperdument amoureux et répudia pour l'épouser Octavie, soeur d'Octave; il lui donna même quelques-unes des provinces romaines d'Orient (33). Cette conduite fit éclater la guerre entre Octave et Antoine. Présente à la bataille d'Actium, elle prit la fuite avec sa flotte et décida par là le sort de la journée. Antoine vaincu ayant été réduit à s'arracher la vie, Cléopâtre, qui avait essayé vainement de séduire le vainqueur, et qui craignait de tomber vivante en son pouvoir, se donna la mort par le poison (en se faisant piquer au bras par un aspic, dit la légende) (30); elle avait 39 ans. Avec elle finit la dynastie des Lagides et l'indépendance de l'Égypte .
Cléopâtre, reine de Maurétanie. Fille de la grande Cléopâtre et d'Antoine. Elle naquit en 40 av. J.-C.; elle reçut le surnom de Séléné, tandis que son frère jumeau, Alexandre, était appelé Hélios. Après la prise d'Alexandrie par Octave et le suicide de sa mère, Cléopâtre fut emmenée avec son frère à Rome, où, sous leurs noms de Luneet de Soleil, les deux enfants servirent au triomphe d'Octave (29 av. J.-C.). La femme d'Antoine, Octavie, adopta Cléopâtre et lui donna la même éducation et les mêmes soins qu'à ses propres enfants. (Plutarque, Anton., 54.). Antoine avait fait sa fille reine de Cyrène, mais Auguste la donna en mariage à Juba II, roi de Maurétanie. (Plutarque, Anton., 87.) Elle en eut deux enfants, Ptolémée, qui succéda à son père, et une fille, Drusilla, mariée dans la suite à Antonius Félix, gouverneur de Judée. (Strabon, XVII, 3, 7). (V. Loret).
Cléopâtre, femme alchimiste qui paraît avoir vécu vers le IIe siècle de notre ère. Elle avait composé divers ouvrages cités par les auteurs alchimistes du siècle suivant, tels que Zosime et Olympiodore, notamment un petit livre sur les poids et mesures des Grecs (livre dont nous possédons un extrait imprimé et reproduit par les ouvrages modernes sur ce sujet), et un Traité sur la distillation. Les appareils de ce dernier traité sont résumés dans une grande figure symbolique appelée la Chrysopée de Cléopâtre; ils paraissent les mêmes que les appareils distillatoires figurés avec plus de détails dans les manuscrits alchimiques grecs. Cléopâtre paraît avoir été en relation avec les gnostiques, de même que Marie la Juive, autre alchimiste, et plusieurs femmes savantes de son temps. Plus tard, elle a été confondue par les copistes et les commentateurs avec la célèbre reine d'Égypte du même nom. (M. Berthelot).
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Dictionnaire biographique
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