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La Révolution française
Le parti des Girondins
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Les Girondins étaient un parti politique pendant la Révolution française (1791-1793). L'histoire générale des girondins fait partie intégrante de celle de l'Assemblée nationale législative et de celle de la Convention. Comment le parti se forma et prit nom; comment, après avoir dominé sous la Législative et au début de la Convention, il succomba misérablement; quel fut, d'après les opinions et les actes de ses membres, le degré de son homogénéité politique et par conséquent la mesure de sa responsabilité collective devant l'histoire : tels sont les points que nous avons ici plus spécialement à étudier. 

Aux élections de 1791, Paris, sur 24 députés, avait nommé 21 constitutionnels monarchiques. Certains départements montrèrent plus de hardiesse dans le choix des hommes nouveaux, et la Gironde fournit une représentation particulièrement remarquable : Baronnes, homme de loi; Ducos, négociant; Servière, juge; Vergniaud, administrateur du département; Guadet, président du tribunal criminel; Journu-Aubert, négociant; Lacombe, curé de Saint-Paul de Bordeaux; Gensonné, membre du tribunal de cassation; Sers, négociant; Jay [de Sainte-Foy], administrateur du département; Laffon-Ladebat, cultivateur; Grangeneuve, substitut du procureur de la commune de Bordeaux. Dès les premières séances de la Législative, Grangeneuve demanda que les mots de sire et de majesté fussent remplacés par le titre plus constitutionnel et plus beau de roi des Français, et Guadet appuya cette motion, s'étonnant même que l'on mit en délibération une substitution à la fois aussi simple et aussi essentielle : ils l'emportèrent à une faible majorité, mais les feuillants firent rapporter le décret. C'est ainsi que s'annonça le parti encore royaliste, mais avant tout antiféodal, anticlérical et fermement patriote auquel l'éloquence prestigieuse de Vergniaud, la netteté incisive de Guadet, valurent le nom de girondins; toutefois, leur principal meneur fut d'abord Brissot (d'où le sobriquet de brissotins mis à la mode par C. Desmoulins); Condorcet fut comme leur Sieyès; Pétion, élu maire de Paris, le 14 novembre 1791, fut l'homme d'action même sous les dehors de l'inertie. Dans la presse, le parti avait le Patriote français. Il dominait le club des Jacobins; dans l'Assemblée nationale, il eut comme auxiliaires les hommes d'extrême gauche (Chabot, Bazire, Merlin), et n'eut pas de peine à entraîner le centre dans les circonstances décisives (décrets contre les émigrés et le clergé réfractaire; ministère « girondin » de Dumouriez, Roland, Lacoste, Clavière, Duranthon, de Grave bientôt remplacé par Servais; déclaration de guerre; déclaration de confiance dans la. politique et dans les personnes des ministres «girondins » renvoyés par le roi). Nul doute que la Gironde n'ait cru par les pétitions armées, par le 20 juin, pouvoir ramener dans la bonne voie un roi dont elle accusait la faiblesse et l'inintelligence, plutôt que les sentiments. Après avoir laissé la foule envahir le palais des Tuileries, sans que le roi consentit à lui rien accorder contre les prêtres réfractaires, l'assemblée députa Vergniaud, Isnard, etc., afin de mettre un terme à des scènes aussi indignes qu'inutiles. Ce fut Pétion, qui, arrivé le dernier, obtint que les envahisseurs se retirassent sans tumulte. Mais si l'on peut se servir des mouvements populaires, il n'est donné à aucun parti de les diriger et de les régler à sa volonté. 

Compromise par l'insuccès très réel du 20 juin, la Gironde ne pouvait plus compter que sur l'abdication on la déchéance du roi. Dans leurs discours sur la déclaration éventuelle à faire par l'assemblée, «que la patrie est en danger», Vergniaud, puis Brissot s'expliquèrent presque ouvertement. La formule fut prononcée le 5 juillet; le 14 juillet fut célébré au cri de : Pétion ou la mort! Le club des Feuillants fut fermé. Petion rétabli vint, le 3 août, demander la déchéance da roi au nom de la Commune et des sections. Mais l'assemblée, le 8, prononça l'absolution de Lafayette qui venait de témoigner, par une lettre menaçante, n'avoir vu dans les progrès de la Révolution que l'oeuvre des factions et de l'émeute. Les fédérés qu'elle avait appelés à Paris pour sa défense se joignirent aux sections armées, et c'est contrairement à la politique de temporisation des girondins que le peuple prit les Tuileries, et que la Commune du 10 août transféra la famille royale du Luxembourg au Temple. Les ministres girondins furent rappelés et les décrets ajournés par le veto royal, mis à exécution. Les girondins ne purent rien faire contre l'esprit de représailles qui animait les vainqueurs du 10 août; le tribunal criminel extraordinaire qu'ils établirent n'empêcha point les massacres de septembre. Leur commission des Douze, leur conseil exécutif provisoire (où il avait bien fallu admettre Danton), sont débordés ou entraînés de vive force. Même après le 10 août, ils n'avaient consenti qu'à suspendre de nouveau le roi, et à convoquer l'assemblée de révision (Convention). Sans doute, ils étaient comme toute la nation éclairés sur les mensonges et les trahisons du « nouveau Lysandre », mais ils séparaient encore de la cause du roi celle de la royauté.

Aux élections pour la Convention, le département de la Gironde nomma Sieyès, qui opta pour la Sarthe; Condorcet qui opta pour l'Aisne. Il réélut les législateurs Vergniaud, Guadet, Gensonné. Grangeneuve, Jay (les cinq premiers de la liste), Ducos, le huitième. Garrau et Duplantier (neuvième et douzième) avaient été suppléants à la Législative. Le dixième de la liste est Boyer-Fonfrède, négociant, officier municipal de Bordeaux; et le onzième Deleyre, administrateur du district de Cadillac. Enfin furent appelés dès le début à remplacer Sieyès et Condorcet : Lacaze, négociant à Libourne, administrateur du département, et Bergoeing, maire de Saint-Macaire. Tels sont, à la Convention, les douze girondins proprement dits. Nous retrouvons aussi Brissot, mais comme député d'Eure-et-Loir. Les autres girondins bien caractérisés vinrent de tous les points, sauf peut-être de l'Est : ce sont principalement par ordre alphabétique Barbaroux (Bouches-du-Rhône); Beauvais (Haute-Vienne); Birotteau (Pyrénées-Orientales); Buzot (Eure); Carra, élu dans le plus grand nombre de départements (sept), et qui opta pour Saône-et-Loire; Duchastel (Deux-Sèvres); Dufriche-Valazé (Orne); Duprat (Bouches-du-Rhône) ; Fauchet (Calvados); Gorsas (Seine-et-Oise), Isnard (Var); Kersaint (Seine-et-Oise); Lasource (Tarn); Lauze-Deperret (Bouches-du-Rhône); Louvet (Somme); Sébastien Mercier (Seine-et-Oise); Pétion (Eure-et-Loir); Roland (Somme), qui refusa pour rester ministre; Salle (Meurthe). Dans la liste des 24 condamnés du 9 brumaire an II, il y a 11 députés de départements méridionaux. Dans celle des 39 et des 74 du rapport d'Amar, la plupart des départements sont représentés. 

Le nom de girondins a donc perdu presque toute signification géographique. Comment expliquer la persistance de cette désignation? En comparant la liste des élus de Paris à celle de la Gironde. La Gironde, on l'a vu, avait renommé huit sur douze de ses représentants à la Législative. Paris ne nomma que deux ex-législateurs, Dusaulx et Beauvais de Préau, et deux ex-constituants, Robespierre aîné, en tête de la liste, et Philippe-Egalité, en queue. Les vingt autres élus de Paris furent (en tant que députés) des hommes nouveaux, des hommes d'action autant que de parole, amenés par la vue directe des événements les uns à l'idée d'une république une et indivisible, les autres à celle d'une dictature temporaire à une ou plusieurs têtes que nul ne se formulait clairement. En dépit de l'abolition de la royauté votée unanimement, les girondins prirent donc l'attitude, dangereuse en révolution, d'un parti de résistance. Plusieurs, à l'exemple d'Isnard, calomnièrent Paris. Eux qui n'avaient pas fait le 10 août et qui avaient laissé faire les massacres de septembre, ils traitèrent les révolutionnaires d'avant-garde de septembriseurs. Ils demandèrent pour la Convention une garde départementale. Leurs attaques inconsidérées contre un prétendu triumvirat valurent à Marat et à Robespierre leurs premiers triomphes. Bien qu'ayant la majorité dans la Convention, ils n'osèrent, ne voulurent ou ne purent sauver la tête de Louis. La solution de l'appel au peuple, pour laquelle ils réunirent le plus de voix, n'eût été qu'un appel aux armes, un signal de guerre civile parti de la seule autorité autour de laquelle le pays envahi et troublé pût se rallier. Contre toute vraisemblance, ils avaient accusé Robespierre et son parti de faire le jeu de Philippe-Egalité non moins injustement, lorsque Dumouriez prétendit relever le trône, ils furent accusés de complicité avec ce général. La journée du 10 mars, dirigée contre eux et qui échoua, les avertit de se défendre. Ils établirent contre les montagnards et la Commune la commission des Douze qui fit arrêter Hébert, Marat.

Les insurgés du 27 mai obtinrent la suppression de cette commission. Mais elle fut rétablie tout aussitôt. Lorsque, après le 31 mai, elle eut été de nouveau supprimée, les vainqueurs furent plus exigeants. L'insurrection, de « morale », devint personnelle. Les conseils modérés de Danton furent écartés : Marat et Robespierre l'emportèrent. Le comité insurrectionnel trouva son homme dans Hanriot (12 juin). Barère et la Plaine proposèrent en vain, à ceux dont le peuple exigeait l'arrestation, de se démettre volontairement. Si l'on vit Isnard, Dusaulx, Fauchet, Lanthenas accepter ce sacrifice, Lanjuinais et Barbaroux s'y refusèrent hautement : d'ailleurs, Marat déclara qu'il fallait être pur pour se sacrifier; et Billaud-Varennes demanda le jugement des girondins, non leur suspension. Delacroix et Danton essayèrent de les sauver; Danton parla de «-venger vigoureusement la majesté nationale outragée ». Mais c'est en vain que, pour se démontrer à elle-même qu'elle était libre, la Convention voulut quitter en corps le lieu de sa séance. Elle fut refoulée par le : Canonniers, à vos pièces! de Hanriot, et dressa une liste de détenus qu'elle plaça, chez eux, sous la sauvegarde du peuple. Furent décrétés d'arrestation : Gensonné, Guadet, Brissot, Gorsas, Pétion, Vergniaud, Salle, Barbaroux, Chambon, Buzot, Birotteau, Lidon, Rabaut-Pomier, Lasource, Lanjuinais, Grangeneuve, Lehardi, Lesage, Louvet, Valazé, Lebrun (ministre des affaires étrangères) et Clavière (des contributions). Total : 22. De plus, les 10 membres de la commission des Douze non compris dans cette première liste : Kervélégan, Gardien, Rabaut-Saint-Etienne, Boileau, Bertrand, Viger, Mollevaut, Henry Larivière, Comaire, Bergocing. Ou demeurer entre les mains de la Convention et de la commune, se résigner à l'inaction et attendre l'heure de la justice; ou s'échapper, recourir à la force contre la force, aux départements contre Paris, telle était l'alternative qui se présentait pour les girondins. Mais ils ne formaient pas un parti assez homogène pour agir tous de même; surpris par les événements, il leur était impossible de s'entendre sur une ligne de conduite. Même unis, il est douteux « qu'ils eussent triomphé, et surtout qu'en triomphant ils eussent sauvé la Révolution (Mignet). 

Si le 31 mai avait eu lieu en sens inverse, la réaction royaliste et l'Europe l'auraient emporté. Mais à quoi bon examiner une hypothèse? Les girondins ne furent pas plus disciplinés après qu'avant leur défaite. Les uns se soumirent à la détention domiciliaire et à la surveillance d'abord peu rigoureuse qui avaient été décrétées à leur égard: ce furent Gensonné, Valazé, Guadet, Pétion, Vergniaud, Birotteau, Gardien, Boilleau, Bertrand, Mollevaut, Gomaire, Boyer-Fonfrède (d'abord excepté). Bertrand donna le 29 juillet sa démission, qui fut acceptée. Guadet, Pétion et Birotteau ne persistèrent pas dans leur confiance ou dans leur résignation, et rejoignirent ceux du parti qui s'étaient évadés ou cachés afin d'exciter ou de diriger la résistance armée des départements contre le 2 juin, c.-à-d. Brissot, Gorsas, Salle, Louvet, Chambon, Buzot, Rabaut-Pomier,
Lasource, Grangeneuve, Lesage, Lidon, Viger, Larivière, Bergoeing, Roland s'enfuit en Normandie : sa femme, après avoir remis leur fille aux mains d'un ami, se livra noblement. Lebrun évita par la fuite un mandat d'arrêt de la Commune; Clavière fut moins heureux. La Montagne, les Dantonistes, la Plaine s'entendirent rapidement pour présenter le 2 juin de la façon la plus favorable aux yeux des départements, et pour hâter l'achèvement d'une constitution aussi démocratique que possible. Cependant, à la Convention, où un grand nombre de députés ne venaient plus, ne votaient plus, Doulcet ne craignit pas de dénoncer « le cabinet noir de l'évêché », qui avait préparé et le 10 mars et le 2 juin ; Boyer-Fonfrède exigeait, sous trois jours, le dépôt du rapport relatif aux détenus, se faisait fort de prouver leur innocence, et annonçait en même temps que Bordeaux s'armait pour les venger. Bordeaux n'était pas seul. A Marseille, à Lyon, les sections l'emportèrent sur les municipalités et les clubs, c.-à-d. les modérés sur les montagnards. Buzot et Gorsas dans l'Eure, Brissot à Moulins, Meilhan et Duchastel en Bretagne, Birotteau et Chasset à Lyon, Rabaut-Pomier à Nîmes, Rebecqui, puis Barbaroux à Marseille, se mettent à la tête de ces premiers mouvements.

La Convention, tout humiliée qu'elle se sentit par la Commune, ne vit plus qu'un intérêt : le salut public, évidemment compromis par ces tentatives de guerre civile et d'organisation séparatiste. Le 13 juin, elle décréta que le peuple de Paris (non la Commune correction capitale qu'Aulard apporte au Moniteur, d'après le procès-verbal, seul document authentique), que le peuple de Paris avait bien mérité de la patrie au 2 Juin; que les députés inculpés seraient détenus dans une maison de force; que les députés absents sans excuse, sur appel nominal, seraient déclarés déchus et remplacés par les suppléants; défenses étaient faites aux autorités départementales et municipales de se déplacer et d'avoir entre elles des correspondances; ordre d'envoyer à Paris, sous escortes, tous les agents de ces coalitions. Des mesures particulières furent prises contre l'Eure et le Calvados qui à cette date même du 13 juin avaient donné le signal de l'insurrection. Mathieu et Treilhard furent envoyés dans le Sud-Ouest, Robert Lindet à Lyon. Mais, somme toute, les fédérations ne laissaient guère intacts qu'une vingtaine de départements dans le Nord et dans le bassin de la Seine. Le 30 juin, à Caen, neuf départements se constituèrent en assemblée centrale de résistance à l'oppression, et déclarèrent vouloir : l'unité indivisible de la République, la répression de l'anarchie, l'intégrité de la représentation nationale. C'est à un royaliste le compte de Wimpfen, que fut remise la direction militaire.

La Bretagne, tout occupée des Anglais, fut moins zélée que la Normandie pour la guerre civile. Les départements des bords de la Loire hésitèrent aussi : la Vendée royaliste les avertissait de leur devoir de républicains. Econduits à Bordeaux, Treilhard et Mathieu apaisèrent les esprits dans la Dordogne, la Vienne, le Lot-et-Garonne. Mais dans le Sud-Est, un millier de Nîmois et 6000 Marseillais se donnaient rendez-vous à Pont-Saint-Esprit. Dubois-Crancé, qui avait à garder la Savoie, fut menacé d'être arrêté à Grenoble. La « commission populaire de Salut public de Rhône-et-Loire » se fédéralisa avec le Jura, l'Isère, les Bouches-du-Rhône, la Gironde, le Calvados. C'est le moment, ne l'oublions pas, où Custine perdait les bords du Rhin, où les département du Nord et des Pyrénées-Orientales étaient entamés, où les Vendéens, maîtres de Saumur, pouvaient marcher à leur gré sur Nantes ou sur Paris. Contre tant d'ennemis, la Convention ne se servit pas seulement de la force. Elle soumit à l'acceptation de la nation la Constitution de l'an II. Elle déploya tout l'appareil de la terreur contre Lyon et Marseille. En Normandie, l'avant-garde insurrectionnelle commandée par le royaliste Puisaye fut vaincue le 15 juillet et se replia sur Evreux. Wimpfen profita du désarroi des insurgés pour dévoiler ses véritables intentions : impossible de rien faire, affirma-t-il, sans le concours des émigrés royalistes et des Anglais. Les. girondins, qui n'avaient pas cessé d'être attachés à la République, rejetèrent tout compromis de ce genre. L'assassinat de Marat par Charlotte de Corday, loin de relever le parti, perdit les captifs de Paris et mit le comble à l'impopularité des fugitifs. 

D'autre part, « à Marseille, à Bordeaux, dans presque toutes les villes principales, le propriétaire, lent, insouciant, timide, ne pouvait se résoudre à quitter un instant ses foyers c'étaient des mercenaires qu'il chargeait de sa querelle et de ses armes : comme s'il était malaisé de pressentir que ces hommes achetés par lui seraient bientôt achetés contre lui » (Louvet). 
Non, ils n'avaient pas besoin de l'être : un instinct naturel les poussait vers le parti le plus fort, et tous sentaient plus ou moins confusément que les girondins étaient devenus un obstacle à la défense nationale. Les administrateurs du Calvados firent secrètement la paix avec la Montagne. Le décret du 28 juillet proscrivit comme traîtres à la patrie 24 députés. Les bataillons des fédéralistes bretons, prêts à regagner leur province, leur donnèrent asile dans leurs rangs. 
« Nous marchions comme simples soldats, dit Louvet [...], et notre situation eut d'abord quelque chose d'assez doux et de très piquant. » 
A Fougères, les trois bataillons se séparèrent pour regagner l'un Laval, l'autre Rennes, le troisième Brest : Kervélégan avait pris les devants dans cette dernière direction et ses collègues l'imitèrent, sur le conseil deBarbaroux. Le bataillon courut quelques dangers a Antrain, bourg « fort jacobinisé », et à Dol. Il fut bien reçu à Dinan : quelques femmes, entre autres celle de Louvet, suivaient en voiture. Cependant les Finistériens avaient appris que la Constitution était partout reconnue. Les uns voulaient continuer la lutte, par point d'honneur; les autres se soumettre à la Convention, par lassitude ou par patriotisme. Ils allaient en venir aux mains sur la place publique de Dinan lorsque leurs protégés résolurent de prévenir ce malheur et de n'espérer désormais leur salut que d'eux-mêmes. Ils annoncèrent leur projet de gagner Quimper par des chemins de traverse : on essaya faiblement de les retenir, puis on les équipa, on les munit de congés en bonne et due forme, et on leur donna six guides. Les fugitifs étaient alors au nombre de douze : les députés Petion, Barbaroux, Salle, Buzot, Cussy, Lesage, Bergoeing, Giroust, Meillan, Louvet, leurs amis Riouffe et Girey-Dupré. Lanjuinais n'avait fait que passer par Caen. Guadet avait pris par la grande route de Quimper, et ne fut pas reconnu. 

Duchastel et Kervélégan étaient partis d'avance pour les environs de cette ville, où ils devaient préparer les logements. Manquaient encore Valady, Larivière, Mollevaut, Gorsas resté à Rennes avec sa fille, et l'Espagnol Marchena, ami de Brissot. La troupe ainsi réduite passa par Jugon, puis Moncontour, d'où Giroust et Lesage préférèrent se replier sur Rennes ; ensuite par « un misérable village à une lieue au-dessus de Rostrenon », alors chef-lieu de district des Côtes-du-Nord (auj. Côtes d'Armor), et qu'ils voulaient éviter : surpris dans la grange où ils couchaient, an nombre de 17, ils furent conduits sous escorte à Rostrenen, reconnus sans aucun doute, mais laissés libres par le district de continuer leur route. Ils furent prévenus par un aubergiste ami que deux brigades de gendarmerie les attendaient à Carhaix. Ils n'eurent pourtant d'autre parti à prendre que de traverser de nuit cette localité. 

La prudence les obligea de se séparer en cinq petits groupes, qui gagnèrent différentes retraites à la campagne. Riouffe, Barbaroux et Louvet se cachèrent à Quimper. Duchastel fréta pour Bordeaux une simple barque, qui emporta avec lui Cussy, Boisguyon (3e suppléant d'Eure-et-Loir), Girey-Dupré: Salle, Meillan, Bergoeing, Marchena et Riouffe. Guadet, Buzot et Pétion se procurèrent à Brest un autre bateau. Barbaroux fut retenu dans leur compagnie par la petite vérole; Louvet, retiré à Penhars avec sa Lodoïska, fut obligé de se séparer d'elle, et s'embarqua à son tour pour la Gironde avec Guadet, Buzot, Barbaroux, Petion et Valady. Le passage leur coûta 2000 livres. Au Bec-d'Ambès, dans l'auberge où ils vinrent loger, Guadet n'hésita pas à se nommer. Il considérait comme invraisemblables des nouvelles cependant trop vraies : 

à Bordeaux « les maratistes viennent de l'emporter; la municipalité et le département étaient en fuite; les représentants du peuple y entraient en force ».
Pétion et Guadet ne craignirent pas d'aller vérifier par eux-mêmes l'état des choses à Bordeaux. Les commissaires montagnards n'avaient eu besoin que de simples arrêtés pour prendre possession du Château-Trompette et du fort de Blaye. Tombé en pleine terreur, Guadet ne trouva dans sa famille et parmi ses amis qu'une seule personne dévouée, Mme Bouquey, sa belle-soeur, qui ne pouvait offrir d'asile qu'à deux des proscrits. Cependant ils s'enfuirent tous sur une barque. Ils traversèrent la Dordogne et arrivèrent à Saint-Emilion. Salle les avait rejoints mais ils ne rencontrèrent d'abord d'autre asile qu'une carrière alors déserte (c'était un dimanche). Nouvelle séparation. Salle et Guadet devaient gagner les Landes; Pétion et Buzot restaient dans la Dordogne; Louvet, Barbaroux et Valady reprirent le chemin de Paris. Ceux-ci faillirent mourir de soif et de faim dans une grange où ils avaient été cachés et abandonnés par oubli. 

Ils rejoignirent ensuite Salle et Guadet qui « après avoir inutilement frappé aux portes de trente amis, avaient trouvé toute espèce de secours et de sûreté chez une femme compatissante ». Leur asile était un caveau : Buzot et Pétion, prévenus, sé réunirent à eux. Les sept députés, et un de leurs amis compromis avec eux, demeurèrent pendant un mois dans cet asile. Mais « un intime ami de Guadet », instruit de la chose et sans doute parent de cette Mme Bouquey, les fit partir en menaçant, « par crainte de mourir, de se brûler la cervelle ». Louvet se sépara de ses collègues pour aller rejoindre sa femme à Paris. Il ne fut pas reconnu en route. Il a fait de ce voyage terrible « un récit qui est un document unique sur l'état des esprits en province après le 31 mai. On y voit que la France, même la France villageoise et rustique, tenait pour la Convention. Cette fidélité, démontrée par les aveux d'un girondin, est accablante pour la Gironde. » (Aulard.) Retiré ensuite dans le Jura, toujours en France, il fut un des rares survivants de son parti. Voici en dehors des 21, la liste des girondins ou « de la faction de droite » qui furent exécutés, assassinés ou qui se tuèrent eux-mêmes pour échapper à l'échafaud qui les menaçait : Barbaroux, Bernard (des Bouches-du-Rhône), Birotteau, Buiron-Gaillard (suppléant), Boisguyon (suppléant), Brethon (suppléant), Buzot, Chambon (Corrèze), Chauty (suppléant), Condorcet, Coustard, Cussy, Doublet (mort à la Force), Gorsas, Grangeneuve, Guadet, Kersaint, Lidon, Manuel, Masuyer, Méricamp (suppléants), Noel, Perrin (mort au bagne), Petion, Rabaut de Saint-Etienne, Rebecqui, Salle, Texier et Valady.

Les Archives nationales ont recueilli : 1° les lettres et le manuscrit trouvés à Saint-Emilion dans le grenier de la maison Guadet père, où Guadet et Salle, furent arrêtés le 29 prairial an II; 2° les lettres et papiers trouvés dans une boite de fer-blanc cachée dans la maison de la dame Bouquey, belle-soeur de Guadet, à Saint-Emilion. Ces documents sont cotés A F Il 45 (comité de Salut public; police ; papiers envoyés par Jullien fils); 3° sous la cote C ll 1717 (papiers envoyés par le perruquier B. Troquait à Louvet), sont comprises les lettres enfouies dans la terre pendant huit mois à Saint-Emilion, et dont Louvet donna lecture à la Convention, le 3 messidor an III (12 juillet 1795) : Barbaroux envoie des paroles de consolation à sa mère; Buzot et Petion, un dernier adieu à leurs femmes.

Quant aux vingt et un, leur procès fut collectif. C'étaient Antiboul, Boilleau jeune, Boyer-Fonfrède, Brissot, Carra, Duchastel, Ducos jeune, Dufriche-Valazé, Duprat, Fauchet, Gardien, Gensonné, Lacaze, Lasource, Lauze-Deperret, Lehardi, Lesterpt-Beauvais, Minvielle aîné, Sillerv, Vergniaud et Viger (cinq de la Gironde, trois des Bouches-du-Rhône, treize de divers départements). Le procès s'ouvrit le 24 octobre, huit jours après le supplice de Marie-Antoinette.

Un député obscur, Amar (André), de l'Isère, avait été chargé par la Convention de rédiger l'acte d'accusation qui renvoyait les captifs par-devant le tribunal criminel extraordinaire. Il déposa les conclusions suivantes : 1° maintenir le décret du 28 juillet qui avait déclaré traîtres à la patrie 21 représentants (ce nombre, qui est loin d'avoir toujours désigné les mêmes individus, a fini par passer pour fatidique); 2° en traduire 39 autres devant le même tribunal; 3° en détenir 74 (surnommés vulgairement les soixante-treize), pour avoir protesté contre le 31 mai et le 2 juin (Organisation de la Convention, pour la liste des 74.). Ces conclusions furent adoptées. Robespierre, contre Billaud-Varennes, avait fait décider lors du vote de la Convention à ce sujet qu'il ne serait pas procédé à un appel nominal. Il est vrai qu'il s'éleva contre les exagérés qui voulaient ajouter les soixante-quatorze aux soixante accusés. Mais Garat ayant proposé que ces soixante fussent jugés (comme Louis XVI) par la Convention elle-même et non par un tribunal qui avait été érigé en dépit de leur opposition la plus violente :

 « Ce tribunal est assez bon pour eux », répliqua Robespierre.
L'acte d'accusation, lu le 24 octobre, reprochait aux girondins leur ambition perfide, la haine qu'ils avaient témoignée pour Paris, le « fédéralisme » au nom duquel ils avaient prétendu briser l'unité indivisible de la République, enfin et surtout, la guerre civile provoquée par eux ou pour eux. Incontestablement, les députés détenus, dans le nombre desquels plusieurs s'étaient volontairement constitués prisonniers, n'étaient pas les mêmes que ceux qui avaient provoqué la révolte du Cavaldos et du Midi. C'étaient des otages : on leur appliqua non les lois de la justice, mais celles de la guerre : avec cette odieuse différence, toutefois, que les vainqueurs s'appliquèrent de leur mieux à déshonorer les vaincus. Les girondins auraient-ils pu prendre le parti de se taire? Non, car on les aurait fait passer pour convaincus de tous les crimes qu'on leur imputait. D'ailleurs, si le procès fut collectif, les griefs étaient individuels. Ceux mêmes des girondins qui pouvaient d'avance, comme chefs du parti, se considérer comme condamnés à mort, avaient d'autant plus le droit et le devoir de défendre leur honneur. Il faut avouer, d'après le Bulletin du tribunal, qu'ils ne s'acquittèrent pas tous fort bien de cette tâche suprême. Ils rejetèrent sur les absents, sur Guadet, sur Barbaroux, les fautes les plus graves. Chez plusieurs, l'instinct bien naturel de la conservation individuelle l'emporta sur la considération des intérêts communs. 

Duprat, « la France ayant parlé », approuva le 31 mai. Boilleau se déclara « franc montagnard ». Parmi les témoins cités, Pache et Chaumette n'ajoutèrent rien à l'acte d'accusation d'Amar. Hébert accusa Roland d'avoir formé le projet de corrompre à prix d'argent tous les écrivains Mme Roland, affirma-t-il, avait voulu acheter sa feuille le Père Duchesne! L'ex-capucin Chabot, alors à la tête d'une bande de spéculateurs véreux, se distingua par la grossièreté de ses inventions. On produisit au procès une lettre adressée à Lacaze par un de ses cousins, où l'on lisait : 

« Il faut une insurrection générale contre cette ville abominable (Paris) : il faut l'écraser »; 
Une lettre écrite par Vergniaud, véritable appel aux armes :
 « Il est temps de vous montrer, hommes de la Gironde. » 
Mais à cela, les girondins répondaient que les manifestants du 31 mai et les insurgés, du 2 juin avaient donné le signal de la guerre civile. Cependant Hébert et Chaumette allèrent se plaindre aux jacobins que le tribunal prolongeât inutilement les débats.  « A quoi bon des témoins pour des faits notoires? » vint dire, en substance, une députation reçue à la barre de l'Assemblée.

Le 29 octobre Robespierre fit décréter que les procès criminels extraordinaires seraient clos en trois jours. Cette disposition fut rendue immédiatement applicable à l'espèce, dès le lendemain, conformément au réquisitoire de l'accusateur public Fouquier-Tinville : et cependant, pour vingt et un accusés, l'on n'avait encore entendu que neuf témoins! Le jury décida d'abord, sa religion n'étant pas encore suffisamment éclairée, de poursuivre les interrogatoires; mais, vers six heures du soir, il céda. A minuit, l'arrêt de mort était prononcé.

Un témoin oculaire du procès, Vilate, raconte en ces termes ce qui se passa dans ce moment redoutable :

 « J'étais assis avec Camille Desmoulins sur le banc placé devant la table des jurés [...]. Il se jette tout à coup dans mes bras : Ah! mon Dieu! mon Dieu! c'est moi qui les tue! Mon Brissot dévoilé! Ah! mon Dieu! c'est ce qui les tue! A mesure que les députés rentrent, les regards se tournent vers eux. Le silence le plus profond régnait dans la salle. L'accusateur public conclut à la peine de mort. L'infortuné Camille, défait, perdant l'usage de ses sens, laissait échapper ces mots : Je m'en vais, je m'en vais, je veux m'en aller! Il ne pouvait sortir. A peine le mot fatal mort est-il prononcé, Brissot laisse tomber ses bras, sa tête se penche subitement sur sa poitrine. Gensonné, pâle et tremblant, demande la parole sur l'application de la loi. Boilleau, étonné, élevant son chapeau en l'air, s'écrie : Je suis innocent! Et se tournant vers le peuple, il l'invoque avec véhémence. Les accusés se lèvent spontanément : Nous sommes innocents; peuple, on vous trompe! Le peuple reste immobile. Les gendarmes les serrent et les font asseoir. Valazé tire de sa poitrine un stylet et se l'enfonce dans le coeur il expire. Sillery laisse tomber ses deux béquilles, et, le visage plein de joie, se frottant les mains : Ce jour est le plus beau de ma vie. L'heure avancée, les flambeaux allumés, les juges et le public fatigués d'une longue séance (il était minuit), tout donnait à cette scène un caractère sombre, imposant et terrible [...]. Boyer-Fonfrède entrelaçait Ducos dans ses bras : Mon ami, c'est moi qui te donne la mort. Son visage était baigné de larmes. Ducos le presse contre son coeur : Mon ami, console-toi, nous mourrons ensemble. L'abbé Fauchet, abattu, semblait demander pardon à Dieu. Lasource contrastait avec Duprat, qui respirait le courage et l'énergie. Carra conservait son air de dureté. Vergniaud paraissait ennuyé de la Iongueur d'un spectacle si déchirant. »
Au moment de sortir, quelques-uns d'entre eux jetèrent des assignats au peuple incident très diversement interprété.

En dépit de l'espérance qui toujours rattache l'homme à la vie, les girondins n'avaient que trop prévu le dénouement. Dans leur prison de la Conciergerie, raconte Riouffe, détenu en même temps qu'eux, mais épargné, ils employaient l'intervalle des audiences à jouer la tragédie comique de leur exécution prochaine. Ces lugubres amusements, dont le metteur en scène ordinaire était Ducos et qui n'étaient d'ailleurs pas partagés par Brissot, par Vergniaud, par Gensonné, ni par Valazé, ont donné lieu à la légende de la Dernière Nuit des Girondins, de ce banquet de sages épicuriens qui les aurait réunis une dernière fois avant l'échafaud. Lorsqu'ils revinrent condamnés à la Conciergerie, ils annoncèrent leur sort aux autres prisonniers en chantant la Marseillaise ainsi modifiée :

Contre nous de la tyrannie,
Le couteau sanglant est levé.
Les chants durèrent toute la nuit, interrompus par de graves entretiens ou par les inépuisables plaisanteries de Ducos. Le 31 octobre, ils furent conduits au supplice dans cinq charrettes, dont l'une portait le cadavre de Valazé. 
« La tête nue, les mains liées derrière le dos, leur habit jeté négligemment autour de leur cou et les bras en manches de chemises, tels les représente une méchante gravure du temps [6 décembre 1793], qu'on ne saurait regarder sans que les larmes viennent aux yeux [...]. Au cri de : Vive la République! poussé autour d'eux, quelques-uns répondaient par le même cri. D'autres, comme Brissot, semblaient plongés dans une méditation profonde [...]. Le temps était pluvieux, le ciel sombre. Au pied de la guillotine, ils s'embrassèrent les uns les autres et se mirent à entonner d'une voix forte ce refrain des hommes libres : Plutôt la mort que l'esclavage! Le choeur allait s'affaiblissant de plus en plus bientôt une seule voix se fit entendre, puis les chants avaient cessé. » (Louis Blanc.) 
La dernière voix ne fut pas celle de Vergniaud, comme on l'a souvent répété, mais celle de Viger, exécuté le dernier. Le supplice des vingt n'avait duré au total que trente-six minutes.

Après la chute de Robespierre (9 thermidor an II), les girondins qui s'étaient soustraits aux décrets demandèrent à rentrer à la Convention. Le 17 frimaire an III, Louvet, Isnard, Lanjuinais, etc., furent mis à l'abri des poursuites judiciaires, mais non réintégrés. Ils attendirent jusqu'au 18 ventôse an III (8 mars 1795) leur entière réhabilitation. Alors reparurent sur les bancs de la droite ou du centre Bergoeing, Bonnet, Bresson, Chasset, Delahaye, Devérité, Doulcet, Duval, Gamon, Hardy, Isnard, Kervélégan, Lanjuinais, Larivière, Laplaigne, Lesage, Louvet, Meillan, Mollevaut, Rouyer, Savary, Vallée. Louvet osa demander, trois jours après, que l'on décrétât que les girondins insurgés contre le 2 juin avaient bien mérité de la patrie; il obtint du moins la restitution des biens des condamnés depuis le 10 mars 1793, sauf ceux des émigrés, des Bourbons, des criminels de droit commun, etc. (13 floréal an III). Mais si Louvet et quelques autres étaient demeurés fidèles à la République, la plupart des revenants de la Gironde (Isnard, Lesage, Larivière) et des protestataires rentrés avant eux dans l'assemblée (18 frimaire an III) grossirent les rangs de la réaction thermidorienne. Tous les partis, toutefois, pouvaient avouer cette fête funèbre qui fut célébrée au sein de la Convention, à la mémoire des victimes (Fêtes révolutionnaires), véritable amende honorable faite à l'humanité, pour les sacrifices accomplis sur l'autel du fanatisme.

L'histoire n'a pas à prendre parti soit pour la Gironde, soit pour la Montagne : c'est l'affaire du roman ou du drame. Plus clairvoyants sur ce point que les républicains, les royalistes ont enveloppé dans la même haine la Gironde et la Montagne. Les nuances, les divergences de principes ou de conduite ont existé entre les individus; elles ne se sont pas concentrées en deux partis nettement tranchés. Que réclamait en effet le salut public? Qu'il n'y eût pas de parti. Nul d'ailleurs ne consentait alors à se classer sous une étiquette : tous déclaraient, tous croyaient n'avoir d'autre parti que celui de la patrie. On se trompait sans doute, mais de bonne foi, et c'est souvent comme cela que l'on fait couler le sang. Louis Blanc a écrit un chapitre intitulé : le Sans-culottisme des Girondins. La thèse inverse serait aussi aisée à soutenir, mais il faut partir de définitions a priori, que l'examen attentif des faits ne justifie point.

« La France, écrivait Mallet du Pan le 18 février 1795, est conduite par les événements et non par les hommes : peux-ci sont entraînés par la force des circonstances et ne les préméditent presque jamais. » 
Cette réflexion ne s'applique pas aux seuls girondins; mais leurs fautes et leurs malheurs, en dépit de leurs vertus et de leurs mérites n'en a prouvé que trop la justesse. (H. Monin).
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