.
-

Les Mayas

Les Mayas forment une des principales composantes des populations amérindiennes d'Amérique centrale. On divise d'ordinaire les Mayas (Mayab), suivant des critères linguistiques, en deux [ou trois] groupes : 
Les Mayas du Yucatan, de Tabasco et Chiapas, subdivisés en : 
Mayas proprement dits ; 

Tzental (tribus des Tzental, Chontal, Tzetzales, Chauab, Chol); 

3° la tribu du Peten;

4° les Lacandones (en voie d'extinction); 

5° les Mopan (éteints) ; 

Les Mayas du Guatemala, subdivisés en : 
Mam (tribus des Mama, lxil, Aquateca); 

Quiché (tribus des Quiché, Cakchiquel, Tzutuhil, Urpanteca; 

Pokonchi (tribus des Pokonchi, Pokoman, Quekchi, Chorti); 

[Les Huastèques (Huaxteca), au Nord de l'Etat mexicain de Veracruz. S'ils appartiennent au groupe maya par la langue, ils s'en distinguent nettement par la culture matérielle. Les Huastèques ont développé un art original ( sculpture, céramique), mais négligé l'architecture].
La tribu la plus importante est celle des Mayas proprement dits, du Yucatan (Mexique) et des confins du Guatemala, où ils forment toute la population des campagnes et la majorité de celle des villes. 
-
Ruines mayas de Chacchoben, au Mexique.
Ruines mayas de Chacchoben, au Mexique. On distingue quelques glyphes très abîmés.
Source : The World Factbook.

Avant les invasions toltèque et aztèque, les Mayas occupaient toute la côte ouest de l'Amérique centrale, depuis l'Etat actuel de Tabasco jusqu'à celui de Tamaulipas. On la rencontre aujourd'hui dans les Etats mexicains de Chiapas et de Tabasco, dans la presqu'île du Yucatan, au Guatemala  et dans la plus grande partie du Salvador et du Honduras

Les Mayas étaient primitivement divisés en un grand nombre de petits Etats le plus important avait pour capitale Mayapan, à 33 km au Sud de Mérida (Yucatan), et était gouverné par la dynastie Cocom. 

Chassés de leurs villages par les Espagnols, ils se réfugièrent dans les forêts.

Dans les villes, l'architecture maya avait atteint un haut degré de perfection, attesté par les ruines de Palenque, Ococingo (Etat de Chiapas), Uxmal, Kabah, Aké, Itzamal (Yucatan), Naxchalan (Guatemala), Copan (Honduras), etc. Les villages étaient formés de huttes couvertes de chaume ou de palmes. 

Les Mayas se tatouaient le haut du corps, qui était nu; autour des hanches, les hommes portaient une ceinture, et les femmes une sorte de fichu ; ils se trouaient la cloison du nez et se limaient les dents en pointe. On allongeait le crâne des enfants en le comprimant entre deux planchettes. (NLI / GE).
 



Arthur Demarest, Les Mayas, Tallandier, 2007.
--
Pendant neuf siècles, les Mayas ont dominé la péninsule du Yucatan et ses abords, à cheval sur le Guatemala, le Mexique, le Belize et le Honduras. Leurs cités perdues dans la forêt tropicale, grandes agoras ceinturées de palais, de temples à gradins, de tombeaux monumentaux et de salles festives, attirent chaque année des milliers de visiteurs aussi admiratifs qu'intrigués. Leurs brillantes réussites dans le domaine de l'astronomie, des mathématiques, du calendrier, leur cosmologie élaborée, la violence de leur histoire politique en font les Grecs de l'Amérique précolombienne. Surtout, la brutale désertion de leurs cités, au Xe siècle, a excité les imaginations,donnant naissance aux hypothèses les plus farfelues. Arthur Demarest ramène à la vie cette civilisation perdue, mettant à profit les découvertes archéologiques les plus récentes. Il en décrypte l'histoire complexe, la société brillante, la spiritualité omniprésente, et surtout la chute énigmatique. Et s'il n'y avait pas d'énigme, si la société maya fournissait elle-même la clef de son déclin, ou plutôt de sa transformation? Nous imaginons les Mayas en princes sages et pacifiques, ou bien en prêtres érudits aux mains immaculées. On les voit rarement, dans les films et les livres, s'adonner à la guerre, aux sacrifices humains, ou cultiver la terre. Or les États mayas combinaient deux couches sociales : dans la forêt tropicale, une masse de paysans très productifs, remarquablement adaptés à leur milieu; dans les cités, une élite turbulente et dissipée, dominée par un roi sacré, chef religieux et militaire. Les élites mayas fondaient leur pouvoir sur l'éclat de leurs victoires, sur la richesse de leurs rituels, sur la beauté de leurs temples et de leurs palais. Ils réclamaient de leur peuple toujours plus de main-d'oeuvre, toujours plus de grain. D'où des charges croissantes, et une surpopulation qui a fini par dégrader un milieu écologique fragile. De 750 à 1050, craignant l'insécurité, courbés sur un sol devenu infertile, les paysans ont émigré ou se sont enfermés dans des sites peu nombreux et fortifiés, tandis que les élites, incapables de répondre à la crise ou de se soutenir elles-mêmes, ont fini par abandonner les grandes cités. Les Mayas, sans disparaître, ont changé, adoptant un modèle social moins spectaculaire, mais plus efficace. Le livre d'Arthur Demarest tire de cette mutation des leçons valables pour le monde contemporain, lui aussi menacé par les déséquilibres écologiques et sociaux. Il est le pendant historique du film à paraître de Mel Gibson sur la fin des cités mayas, Apocalypto. (couv.).


M. T. Guaitoli, Les Mayas, trésors d'une civilisation ancienne, White Star, 2006.
 
.


[Histoire politique][Biographies][Cartothèque]

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2012. - Reproduction interdite.