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Carra

Jean-Louis Carra est un littérateur et homme politique français, né à Pont-de-Veyle (Ain) en 1743, mort à Paris le 31 octobre 1793. 

Ses premières années sont assez mal connues. Ses adversaires politiques disaient, mais sans preuves, que, dans sa jeunesse, accusé d'un vol peu considérable, il s'était expatrié, avait voyagé en Allemagne et était devenu secrétaire d'un hospodar de Valachie

En 1773, il publia à Londres le Système de la raison ou le Prophète philosophe, ouvrage inspiré par les idées des encyclopédistes

Rentré en France, il fut employé comme secrétaire par le cardinal de Rohan. C'est sans doute par la protection de ce prélat qu'il obtint une place à la bibliothèque du roi. Il publia contre Calonne des libelles qui lui avaient été, dit-on, inspirés par Loménie de Brienne

Au début de 1789, il se rendit célèbre par un pamphlet libéral, l'Orateur des Etats généraux de 1789, qui eut plusieurs éditions. L'un des électeurs élu par le district des Filles-Saint-Thomas, il fit, dès le 10 juillet 1789, dans l'Assemblée des électeurs de Paris, une motion pour la formation de la commune et de la garde nationale.

Il participa à la rédaction du journal de Mlle de Keralio, le Mercure national ou Journal d'Etat et du citoyen (31 décembre 1789-30 août 1790). Il fut, de juin 1791 à juillet 1793, le principal rédacteur des Annales patriotiques et littéraires, fondées par Louis-Sébastien Mercier, feuille démocratique, qui eut une grande popularité. C'est dans ce journal qu'il accusa les ministres de Louis XVI, Bertrand de Moleville et Montmorin, de faire partie d'un Comité autrichien. 

Roland le nomma, conjointement avec Chamfort, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, aux appointements de 4000 livres avec le logement (19 août 1792). Il offrit à la Législative, le 8 septembre 1792, pour contribuer aux frais de la guerre contre la Prusse, une tabatière qui lui avait été donnée jadis par le roi de Prusse. Député de Saône-et-Loire à la Convention, il s'attacha au parti de Brissot et dénonça le général Montesquiou.

Il fut nommé avec Sillery et Prieur (de la Marne) commissaire à ChâIons et près de l'armée du centre pour surveiller les opérations de la défense nationale. De nouvelles missions lui furent confiées, d'abord dans les Deux-Sèvres et la Vendée, avec Auguis (9 mars 1793), puis près de l'armée des côtes de La Rochelle, avec Choudieu, Garnier (de Saintes), Goupilleau, Mazade et Trullard (30 avril 1793). 

Sa conduite, dans les guerres de la Vendée, fut souvent inculpée par Marat. Rappelé le 13 juin 1793, il fut décrété d'accusation avec les Girondins et guillotiné avec eux.

On a de Jean-Louis Carra une Histoire de Moldavie et de Valachie, 1778; une traduction de l'Histoire grecque de Gillies, 1787, des Considérations sur les États généraux, 1789, et des Mémoires sur la Bastille, 1790. (F.-A. A.).

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Dictionnaire biographique
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