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Le Bouclier d'Héraclès

Le Bouclier d'Héraclès est un antique poème grec attribué, au moins partiellement, à Hésiode. On y trouve la description d'un bouclier d'Héraclès, imitée vraisemblablement de celle du bouclier d'Achille par Homère

Si la critique a signalé plusieurs lacunes dans les deux autres textes attribués à Hésiode, la Théogonie et dans les Travaux et les Jours, le Bouclier d'Héraclès est encore bien moins complet puisqu'il n'offre qu'un fragment qui a dû appartenir à deux ouvrages différents. Les cinquante-six premiers vers, qui parlent de l'amour de Zeus et d' Alcmène, du retour d'Amphitryon et de la naissant d'Héraclès se rattachent probablement au poàme in titulé Mégalai Éoiai, dans lequel Hésiode chanta les femmes les plus célèbres de la Grèce, tandis que la description du combat de Cycnos et d'Héraclès,  du bouclier de ce dernier héros, a pu avoir été détachée d'un autre ouvrage intitulé Généalogiai èrôicai ou Érôogonia, que le poète avait consacré la louange des héros les plus fameux. Cette dernière partie présente une plus forte empreinte de la couleur homérique que le commencement. Il est possible qu'elle a été l'oeuvre de quelque rhapsode. 

Le bouclier d'Achille dans l'Iliade a pu servir de type à celui de cet Héraclès dont la gloire n'était pas moins répandue que la gloire du vainqueur d'Hector. C'est dans les jeux célébrés aux environ de Thèbes qu'on aura eu l'idée de chanter l'Héraclès thébain. Ainsi le morceau des Mégalai Éoiai qui concerne la naissance de ce héros aura été rattaché à la description de son bouclier et de son combat avec Cycnos. L'école alexandrine assignait à la composition du Bouclier d'Héraclès une date très ancienne. Parmi les critiques modernes, Scaliger la fait remonter jusqu'au siècle de Solon et de Tyrtée.

Quant au poème des Mégalai Éoiai, que le temps ne nous a pas conservé, Pausanias rapporte (Béotie, c. 31) que certains peuples le regardaient comme étant d'Hésiode; il est attribué à ce même poète par Athénée et par les scholiastes d'Apollonius de Rhodes, de Pindare et de Sophocle. Dans l'origine, ce poème dépendait peut-être de la Théogonie, dont les deux derniers vers semblent propres à faire naître une telle conjecture. Ce n'est que plus tard qu'on l'en aura séparé, pour lui donner un titre spécial. Hésiode y célébrait les héroïnes les plus illustres, en les proposant pour modèles aux femmes de son siècle ou en les comparant toujours les unes avec les autres. Or, chaque comparaison commençant par cette formule é oié ou telle que, c'est delà qu'est venu le titre général de Êoiai : on sait qu'autrefois les premiers mots des ouvrages de poésie servaient souvent à les faire désigner. 

Quant à l'épithète de Mégalai, quelques auteurs pensent qu'elle est provenue du grand nombre de vers que ce poème renfermait; l'importance des héroïnes qui étaient célébrées a pu aussi lui donner naissance. Quoi qu'il en soit, ce titre n'a pas été inventé par les grammairiens; s'il ne remonte pas jusqu'au premier auteur du poème, il a dû au moins être imaginé dans ces temps où la multiplication des poésies de tout genre exigeait qu'on distinguât chacune par une dénomination particulière. Le témoignage de Pausanias démontre que le poème d'Hésiode était connu très anciennement chez les Grecs sous le nom de Mégalai Eoiai.

Il y a donc lieu de penser que le commencement du Bouclier d'Héraclès n'est qu'un lambeau de ce grand ouvrage qu'Hésiode avait consacré à la gloire des femmes de l'Antiquité, mais qu'un autre poète a composé la description du Bouclier et du Combat. Ces deux fragments, réunis, reçurent le titre de celui qui avait le plus d'étendue et d'importance; on les appela le Bouclier d'Héraclès

Si ce poème a été attribué à Hésiode, c'est que son nom, ainsi que celui d'Homère, est comme le centre autour duquel a gravité toute la poésie de son siècle et même celle des âges postérieurs. Mais le caractère spécial de la muse d'Hésiode est moins le genre de l'épopée que les genres didactique et mythique; elle aime plutôt à dicter des préceptes de morale, à décrire les généalogies humaines et divines qu'à chanter le courage et les exploits des héros. 

Tout le Bouclier d'Héraclès, à l'exception du début, n'est donc vraisemblablement qu'un de ces pastiches homériques que les rhapsodes se plaisaient à composer. Si Apollodore, Athénée, Apollonius de Rhodes, Stésichore et l'Athénien Mégaclès l'attribuent à Hésiode, Aristophane le grammairien, Joseph Scaliger, Heinsius, Vossius, Dorville et d'autres célèbres critiques lui en refusent la paternité.

Le fond du sujet et les détails de la narration portent l'empreinte de celui qui chanta le combat d'Achille et d'Hector. Ici les dieux, à l'exemple des dieux homériques, partagent les formes, les passions et les souffrances humaines, viennent secourir les mortels et sont blessés par leur lance ou par leur glaive.

Ce lambeau d'épopée est rempli sans doute de brillantes images, de traits vigoureux, de nobles pensées; mais plusieurs vers sont textuellement empruntés de l'Iliade, et l'on reconnaît dans la couleur générale du style un caractère évident d'imitation. La poésie en est souvent abondante et large comme dans Homère; elle n'est plus serrée et pleine comme dans Hésiode.
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Quant au Bouclier d'Héraclès, proprement dit, sa description est faite dans le style homérique; mais il présente dans la nature des idées et dans le choix des figures quelques dissemblances avec le Bouclier d'Achille. Celui-ci n'offre point d'allusion à la généalogie ni aux exploits du fils de Pélée; ses tableaux sont empreints du caractère de la généralité. Celui-là , au contraire, semble convenir à Héraclès plus spécialement qu'à aucun autre héros. Homère se complaît davantage à décrire les travaux de la campagne, comme pour reposer sa muse guerrière sur de douces et riantes peintures. l'auteur du Bouclier d'Héraclès retrace plus longuement les horreurs des combats, sans doute parce que ce tableau formait alors un contraste naturel avec les occupations champêtres de son siècle. On voit que le dernier chantre s'efforce toujours d'amplifier et d'embellir les images dont le premier lui a fourni le modèle. Le Bouclier d'Achille ne contient que huit sujets principaux; le Bouclier d'Héraclès en renferme un bien plus grand nombre.

Le comte de Caylus a publié (Mém. de l'Acad. des Inscript., t XXVII) une figure du bouclier d'Héraclès dessinée d'après ses instructions par Lelorrain. Schlichtegroll en a fait aussi une restitution, qui diffère sensiblement de celle de Caylus.

Tzetzès et Jean Diaconus ont laissé, l'un une Explication, l'autre une Paraphrase sur le Bouclier d'Héraclès. (B.).


Hésiode

Texte du Bouclier d'Héraclès

Ou telle, abandonnant sa maison et la terre de la patrie, la fille d'Électryon, de ce chef belliqueux des peuples, Alcmène arriva dans Thèbes avec l'intrépide Amphitryon; Alcmène qui surpassait toutes les femmes au sein fécond, par la beauté de son visage et par la grandeur de sa taille. 

Aucune de ces femmes que les mortelles enfantèrent en s'unissant à des époux mortels, ne pouvait lui disputer le prix de la sagesse. Dans sa haute chevelure, dans ses noires paupières, respirait une grâce semblable à celle de Aphrodite à la parure d'or, et, dans le fond de son coeur, elle aimait son époux comme jamais aucune femme n'avait aimé le sien. Cependant ce guerrier furieux, en disputant des boeufs au noble père d'Alcmène, vainqueur, l'avait fait périr par la force. Contraint de fuir sa cité, il était venu dans Thèbes demander un asile aux enfants de Cadmos, porteurs de boucliers : c'est là qu'il demeurait avec sa pudique épouse, mais privé des aimables plaisirs de l'hyménée; car il lui était défendu de monter sur la couche de la fille d'Electryon, d'Alcmène aux pieds charmants, avant d'avoir vengé le meurtre des généreux frères de son épouse, et livré à la flamme dévorante les villages des guerriers Taphiens et des Téléboens. Telle était la loi de son hymen, et les dieux en avaient été les garants : dans la crainte de leur colère, il s'empressait d'accomplir sans retard le grand ouvrage que lui avait imposé la volonté céleste. Sur ses pas s'avançaient des soldats avides de guerre et de carnage, les Béotiens, ces dompteurs de chevaux, respirant par-dessus leurs boucliers; les Locriens habiles à combattre de près, et les magnanimes Phocéens : le noble enfant d'Alcée marchait, fier de ces peuples.

Mais le père des dieux et des humains, concevant dans son âme un autre projet, voulait engendrer pour ces dieux et pour ces hommes industrieux un héros qui les défendît contre le malheur. Il s'élança de l'Olympe, méditant la ruse au fond de sa pensée, et désirant coucher une nuit auprès d'une femme à la belle ceinture. Le prudent Zeus se rendit sur le Typhaon, d'où il monta jusqu'à la plus haute cime du Phicius. Là il s'assit, et roula encore dans son esprit ses merveilleux desseins. Durant la nuit, il s'unit d'amour avec la fille d'Électryon, Alcmène aux pieds charmants, et satisfit son envie. Cette même nuit, le chef belliqueux des peuples, Amphitryon, cet illustre héros, content d'avoir terminé son grand ouvrage, revint dans sa maison. Avant de visiter ses esclaves et les rustiques gardiens de ses troupeaux, il monta sur la couche de son épouse, tant un violent desir agi.tait le coeur de ce pasteur des peuples! Tel un homme échappe, plein de joie, aux tourments d'une douloureuse maladie ou d'un cruel esclavage, ainsi Amphitryon, délivré d'une entreprise difficile, rentra dans sa maison avec empressement et avec plaisir. Toute la nuit il coucha près de sa pudique épouse, jouissant des présents de Aphrodite à la parure d'or. Amoureusement domptée par un dieu et par le plus illustre des mortels, Alcmène enfanta dans Thèbes aux sept portes des jumeaux doués d'un esprit différent, quoique frères : l'un inférieur au reste des hommes, l'autre courageux et terrible parmi tous les héros, le puissant Héraclès. Tous deux avaient été engendrés, Héraclès par Zeus qui rassemble les sombres nuages, Iphiclès par Amphitryon, chef belliqueux des peuples. Leur origine n'était pas la même : leur mère avait conçu l'un d'un mortel, et l'autre du fils de Cronos, de Zeus, maître de tous les dieux.

Héraclès tua le fils d'Arès, le magnanime Cycnos. Dans un bois consacré à Apollon qui lance au loin ses traits, il trouva Cygnos, et Arès son père, ce dieu insatiable de combats, couverts d'armes étincelantes comme les éclairs de la flamme , et debout sur un char. Leurs agiles coursiers frappaient du pied la terre, et sous les pas de ces coursiers la poussière tourbillonnait autour du char magnifique dont leur rapide vol faisait retentir les roues. Le brave Cycnos se réjouissait, espérant immoler le belliqueux enfant de Zeus avec son écuyer, et les dépouiller de leur glorieuse armure. Mais Phoïbos-Apollon n'exauça point ses vœux : car il excita contre lui le puissant Héraclès. Partout le bois sacré et l'autel d'Apollon Pagaséen [*] brillaient du vif éclat que répandaient les armes d'Arès et la présence d'un si terrible dieu. Ses yeux brillaient comme la flamme. 

[*] L'Apollon Pagaséen était l'Apollon adoré à Pagase, ville de Thessalie, appelée dans la suite Démétrie, située au nord du golfe Pélasgique, et d'où les Argonautes partirent pour la Colchide. Hyginus dit, d'après Callimaque, qu'ils y avaient érigé un temple à Apollon.
Quels mortels, excepté Héraclès et l'illustre Iolaüs, auraient osé s'élancer à sa rencontre? Ces deux héros, en effet, étaient doués d'une grande force, et des bras invincibles attachés à leurs épaules s'allongeaient sur leurs membres robustes. Alors Héraclès adressa la parole à son écuyer, au courageux Iolaüs :
« Iolaüs! héros, le plus cher de tous les humains, sans doute Amphitryon s'était rendu coupable envers les bienheureux immortels habitants de l'Olympe, lorsque, laissant Tirynthe aux palais magnifiques, il vint dans Thèbes couronnée de beaux remparts , après avoir tué Electryon, à qui il disputa des boeufs au front large. C'est là qu'il se réfugia auprès de Créon et d'Hénioché au long voile, qui l'accueillirent avec bienveillance , lui prodiguèrent tous les secours dus aux suppliants, et le chérirent chaque jour davantage. Il vivait heureux et fier de son épouse, d'Alcmène aux pieds charmants, lorsque, les années étant révolues, nous naquîmes ton père et moi, différents tous deux de stature et de caractère. Zeus égara l'esprit de ton père, qui abandonna sa maison et les auteurs de ses jours, pour servir le coupable Eurysthée. Le malheureux! plus tard il en gémit profondément, et déplora sa faute; mais elle est irréparable. Pour moi, le destin m'imposa de pénibles travaux. Ami, hâte-toi de saisir les brillantes rênes de mes coursiers aux pieds rapides, et, l'âme remplie d'une noble confiance, pousse en avant le char léger et les chevaux vigoureux, sans redouter le bruit de l'homicide Arès. Maintenant il fait retentir de ses cris de rage le bois sacré d'Apollon, qui lance au loin ses traits; mais, quelle que soit sa force, il sera bientôt rassasié des fureurs de la guerre.

- Respectable ami, répondit l'irréprochable Iolaüs, combien ta tête est honorée par le père des dieux et des humains, et par Poséidon Tauréen' [*], qui protège les remparts et défend la ville de Thèbes, puisqu'ils font tomber entre tes mains un héros si grand et si fort, pour te procurer une gloire immortelle! Revêts donc tes belliqueuses armes, et combattons soudain en mettant aux prises le char d'Arès et le nôtre. Arès ne saurait effrayer ni l'inébranlable enfant de Zeus, ni celui d'Iphiclès; je crois plutôt qu'il fuira les deux rejetons de l'irréprochable fils d'Alcée, les deux héros qui sont là, brûlant d'une noble ardeur et tout prêts à combattre : ils aiment bien mieux la guerre que les festins. »

[*] On sait que les anciens poètes ont donné aux fleuves la forme des taureaux, et qu'ils les ont appelés taurokranoos et tauropodas. Horace a dit (Odes, lib. IV, 14, 23 ) :
Tauriformis volvitur Aufidus;
et Virgile (Georgiques, IV, 371)
Et gemina auratus taurino cornua vultu Eridanus.
Poséidon a pu être, comme les fleuves, représenté sous l'image d'un taureau. Mais on peut supposer, avec Tzetzès, que le surnom de Taureos lui vint de l'usage où l'on était dans les villes de Béotie, et surtout à Oncheste, d'immoler des taureaux en son honneur. Il y avait, selon Hésychius, des fêtes consacrées à Poséidon, et appelées Tauria.
Il dit, et le puissant Héraclès sourit en se réjouissant dans son âme, car il venait d'entendre un langage généreux. Soudain volèrent de sa bouche ces paroles ailées :
« lolaüs! héros nourrisson de Zeus, voici l'instant du terrible combat. Si tu te montras toujours habile, aujourd'hui encore dirige avec adresse cet Arion, ce grand coursier aux crins noirs, et seconde-moi de toutes tes forces. »
A ces mots , il enlaça à ses jambes les brodequins d'un orichalque [*] splendide, glorieux présent de Héphaistos; puis il ceignit sa poitrine de cette belle cuirasse d'or, magnifique chef-d'oeuvre que lui donna Athéna-Pallas, fille de Zeus, lorsque pour la première fois il s'élança vers les combats meurtriers. 
[*] Suivant Tzetzès, l'orichalque était un airain qui, naturellement rougeâtre, devenait blanc par l'effet d'une certaine préparation. - Virgile a dit (Enéide, XII, 87) : Alboque orichalco. Cette épithète répond à celle de phaeinon qu'Hésiode donne à l'orichalque.
Ce redoutable guerrier suspendit encore à ses épaules le fer qui repoussait le trépas, et il jeta derrière lui le carquois profond, rempli de flèches horribles, messagères de la mort, qui étouffe la voix de ses victimes : cette mort semblait attachée à leurs pointes trempées de larmes; polies et longues par le milieu , elles étaient revêtues à leur extrémité des ailes d'un aigle noir. Le héros prit la forte lance armée d'airain, et sur son front vaillant posa le superbe casque d'acier qui, travaillé avec art, s'ajustait a ses tempes et protégeait la tête du divin Héraclès.

Enfin il saisit dans ses mains ce bouclier aux diverses figures, que les flèches d'aucun mortel ne purent jamais ni rompre ni traverser, ouvrage merveilleux, tout entier en toure de gypse, orné d'un blanc ivoire, étincelant d'un ambre jaune et d'un or éclatant; des lames bleues s'y croisaient de toutes parts.

Au milieu se dressait un dragon terrible, funeste à nommer, et lançant en arrière des regards brûlants comme le feu. Sa gueule était remplie de dents blanches, cruelles, insaisissables. Sur son front menaçant voltigeait l'odieuse Eris, cette inhumaine déesse qui, excitant le trouble et le carnage, égarait l'esprit des guerriers assez hardis pour attaquer le fils de Zeus; leurs ames descendaient dans la souterraine demeure d'Hadès, et sur la terre noire pourrissaient leurs ossements, dépouillés de leurs chairs et dévorés par le brûlant Sirius. Là se heurtaient la Poursuite et le Retour; là s'agitaient le Tumulte et la Fuite; là s'échauffait le Carnage; là couraient en fureur Eris et le Désordre. La cruelle Kère saisissait tantôt un guerrier vivant, mais qui venait d'être blessé, ou un autre qui ne l'était pas encore, tantôt un cadavre qu'elle traînait par les pieds à travers la bataille. Sur ses épaules flottait sa robe souillée de sang humain; elle roulait des yeux effrayants et poussait des clameurs aiguës. Là paraissaient encore les têtes de douze serpents hideux, funestes à nommer, et terribles sur la terre pour tous les humains qui osaient attaquer l'enfant de Zeus; leurs dents s'entrechoquaient avec bruit, tandis que le fils d'Amphitryon combattait. Ces merveilles étaient distinctement figurées; des taches bleues parsemaient le dos de ces épouvantables dragons, et leurs mâchoires avaient une couleur noirâtre.

On voyait aussi des sangliers sauvages et des lions qui s'entreregardaient avec fureur, et, rangés par troupes, se précipitaient en foule les uns sur les autres : ils ne s'inspiraient mutuellement aucun effroi, mais leurs cous se hérissaient de poils; car déjà un grand lion avait été abattu, et près de lui deux sangliers étaient tombés privés de la vie; de leurs plaies un sang noir s'épanchait sur la terre, et, la tête renversée, ils gisaient morts sous leurs terribles vainqueurs. Cependant les deux troupes brûlaient encore de combattre; une nouvelle ardeur enflammait les sangliers sauvages et les farouches lions.

Ailleurs s'offrait le combat des belliqueux Lapithes qui entouraient le roi Cénée, Dryas, Pirithoüs , Hoplée, Exadius, Phalère, Prolachus, le Titarésien Mopsus, fils d'Ampyx, rejeton d'Arès, et Thésée, fils d'Égée, semblable aux immortels; tous , formés d'argent, portaient des armures d'or. De l'autre côté, les Centaures ennemis se rassemblaient autour du grand Pétréus, du devin Asbole, d'Arctus, d'Hurius, de Mimas aux noirs cheveux, et des deux enfants de Peucis, Périmede et Dryale : formés aussi d'argent, tous avaient des massues d'or entre leurs mains. Les deux partis s'attaquaient, comme s'ils eussent été vivants, et ils combattaient de près, armés de lances et de massues. Les coursiers aux pieds rapides du cruel Arès étaient figurés en or; au milieu de la mêlée, ce dieu, ravisseur de butin, ce dieu funeste frémissait, une pique à la main, excitant les soldats, couvert de sang, dépouillant les vaincus qui paraissaient respirer encore, et triomphant du haut de son char. Près de lui se tenaient la Terreur et la Fuite, impatientes de se mêler au combat des héros. La belliqueuse fille de Zeus, Pallas Tritogénie, semblait vouloir allumer le feu des batailles; une lance dans les mains, un casque d'or sur la tête, et l'égide sur ses épaules , elle se précipitait vers la guerre terrible.

Ici on contemplait le choeur sacré des immortels; au milieu de ce choeur, le fils de Zeus et de Létô tirait de sa lyre d'or des sons ravissants qui perçaient la voûte de l'Olympe, séjour des dieux. Autour de la céleste assemblée s'élevait en cercle un monceau d'innombrables trésors; et, dans cette lutte divine, les Muses de la Piérie chantaient les premières, comme si elles faisaient entendre une voix harmonieuse.

Là, sur la mer immense, s'arrondissait un port à l'entrée facile, composé de l'étain le plus pur et rempli de flots écumants. Au milieu, de nombreux dauphins paraissaient nager çà et là, en épiant les poissons; deux dauphins d'argent, soufflant l'eau par leurs narines, dévoraient les muets habitants de l'onde, et sous leurs dents se débattaient les poissons d'airain. Un pêcheur les contemplait, assis sur le rivage, et balançait dans ses mains un filet qu'il semblait prêt à lancer.

Plus loin, le fils de Danaé à la belle chevelure, Persée, ce dompteur de chevaux, ne touchait pas le bouclier de ses pieds rapides et n'en était pas très loin; par un incroyable prodige, il n'y tenait d'aucun côté. Ciselé en or par les mains de l'illustre Héphaistos, il portait des brodequins ailés, et le glaive d'airain à la noire poignée, suspendu au baudrier, brillait sur ses épaules; il volait comme la pensée. Tout son dos était couvert par la tête de la cruelle Gorgone : autour de cette tête voltigeait, ô merveille! un sac d'argent d'où tombaient des franges d'or au loin étincelantes. Sur le front du héros s'agitait le formidable casque d'Hadès, enveloppé des épaisses ténèbres de la nuit. Le fils de Danaé lui-même s'allongeait, semblable à un homme qui se hâte de fuir en frissonnant de terreur; sur ses pas s'élançaient les monstres insaisissables et funestes à nommer, les Gorgones, impatientes de l'atteindre. Dans leur élan impétueux, l'acier pâle du bouclier retentissait d'un bruit aigu et perçant. A leurs ceintures pendaient deux dragons qui courbaient leurs têtes, dardaient leurs langues, entre-choquaient leurs dents avec fureur, et lançaient de farouches regards. Sur les épouvantables têtes de ces Gorgones planait une grande terreur. 

Là combattaient deux peuples couverts de belliqueuses armes, les uns cherchant à repousser la mort loin de leur cité et de leur famille, les autres avides de meurtre et de ravage. Plusieurs guerriers étaient déja tombés; un plus grand nombre soutenait le choc des combats. Du haut des tours magnifiques, les femmes poussaient des clameurs aiguës, se meurtrissaient les joues, et semblaient vivantes, grâce au talent de l'illustre Héphaistos. Les hommes saisis par la vieillesse, rassemblés hors des portes, élevaient leurs mains vers les bienheureux immortels et tremblaient pour leurs fils. 

Ceux-ci combattaient, et derrière eux les noires Destinées, entrechoquant leurs dents éclatantes de blancheur, ces déesses à l'oeil farouche, hideuses, ensanglantées, invincibles, se disputaient les guerriers couchés sur l'arène. Toutes, altérées d'un sang noir, étendaient leurs larges ongles sur le premier soldat qui tombait mort ou récemment blessé, et les âmes des victimes descendaient dans la demeure d'Hadès, dans le froid Tartare. A peine rassasiées de sang humain, elles rejetaient derrière elles les cadavres, et s'empressaient de retourner au milieu du tumulte et du carnage. Là paraissaient Clotho, Lachésis, et plus bas Atropos, qui, sans être une grande déesse, était plus puissante et plus âgée que ses soeurs. Toutes les trois, acharnées sur le même guerrier, se lançaient mutuellement d'horribles regards, et, dans leur fureur, entrelaçaient leurs ongles et leurs mains audacieuses. A leurs côtés se tenait la Tristesse désolée, horrible, pâle, desséchée, consumée par la faim, chancelant sur ses épais genoux. De ses mains s'allongeaient des ongles démesurés; une impure émanation s'échappait de ses narines, et le sang coulait de ses joues sur la terre. Debout , elle grinçait des dents avec un bruit terrible, et ses épaules étaient couvertes des tourbillons d'une poussière humide de larmes.

Auprès s'élevait une cité munie de superbes tours, et de sept portes d'or attachées à leurs linteaux. Les habitants s'y livraient aux plaisirs et à la danse. Sur un char aux belles roues, ils conduisaient une jeune vierge à son époux, et de toutes parts retentissaient les chants d'hyménée. On voyait au loin se répandre la clarté des flambeaux étincelants dans la main des esclaves. Florissantes de beauté, des femmes précédaient le cortège, et des groupes joyeux les accompagnaient en dansant. Des chanteurs mariaient aux chalumeaux sonores leur voix légère et flexible, qui perçait les échos d'alentour, et un choeur gracieux voltigeait, guidé par les sons de la lyre. D'un autre côté, les jeunes garçons se divertissaient aux accords de la flûte; les uns goûtaient les plaisirs du chant et de la danse, les autres souriaient à ces jeux, et chacun s'avançait précédé d'un musicien habile; la joie, la danse et les amusements animaient la ville tout entière. Devant les remparts, des écuyers couraient, montés sur leurs chevaux. 

Des laboureurs fendaient le sein d'une terre fertile, en relevant leurs tuniques. Il y avait un champ couvert de blés, où des ouvriers moissonnaient les tiges hérissées de pointes aiguës, et chargées de ces épis, don précieux de Déméter, tandis que leurs compagnons les liaient en javelles et remplissaient l'aire de leurs monceaux. Ailleurs, ceux-ci, armés de la serpe, récoltaient les fruits de la vigne; ceux-là, recevant de la main des vendangeurs les grappes blanches ou noires cueillies sur les grands ceps aux feuilles épaisses et aux rameaux d'argent, les entassaient au fond des corbeilles, que d'autres emportaient. Non loin de là, rangés avec ordre et figurés en or, des plants nombreux , chefs-d'oeuvre de l'industrieux Héphaistos, s'élevaient couverts de pampres mobiles, soutenus par des échalas d'argent et chargés de grappes qui semblaient noircir. Les uns foulaient le raisin, les autres puisaient le vin nouveau. On voyait encore des athlètes s'exercer à la lutte et au pugilat. Quelques chasseurs poursuivaient des lièvres agiles, et deux chiens à la dent acérée couraient en avant, impatients de saisir ces animaux, qui cherchaient à leur échapper. Près de cette chasse, des écuyers se disputaient le prix avec une ardente rivalité; debout sur leurs chars magnifiques, ils lançaient leurs légers coursiers et leur lâchaient les rênes : ces solides chars volaient en bondissant, et les moyeux des roues retentissaient au loin. Cependant les rivaux continuaient leurs efforts; la victoire ne se déclarait pas, et le combat restait indécis. Dans la lice brillait à tous les yeux un grand trépied d'or, glorieux ouvrage de l'habile Héphaistos.

L'océan, qui semblait rempli de flots, coulait de toutes parts autour du superbe bouclier. Des cygnes au vol rapide y jouaient à grand bruit; plusieurs nageaient sur la surface des vagues, et les poissons s'agitaient autour d'eux : spectacle surprenant même pour le dieu du tonnerre, qui avait commandé à l'adroit Héphaistos cette vaste et solide armure! Le généreux fils de Zeus la saisit avec ardeur, et d'un saut léger s'élança sur le char, pareil à la foudre de son père qui porte l'égide, Son valeureux écuyer, Iolaüs , assis sur le siège, conduisait le char recourbé. A lors la déesse aux yeux bleus, Athéna s'approcha des deux héros, et pour les animer encore fit voler de sa bouche ces paroles ailées : 

« Salut, ô descendants du fameux Lyncée! Puisse le roi des bienheureux immortels, Zeus, vous donner aujourd'hui la force d'immoler Cycnos et de le dépouiller de sa glorieuse armure! Mais écoute mes conseils, ô le plus courageux des hommes! Quand tu auras privé Cycnos de la douce existence, laisse-le avec ses armes étendu sur l'arène. Observe l'approche d'Arès, ce fléau des mortels, et frappe-le de ta lance acérée à l'endroit que tu verras nu sous le magnifique bouclier. Après, éloigne-toi ; le sort ne te permet point de t'emparer de ses chevaux, ni de sa glorieuse armure. »
A ces mots , la puissante déesse monta promptement sur le char, portant la victoire et la gloire dans ses mains immortelle. Alors, d'une voix terrible, Iolaüs, issu de Zeus, excita les chevaux, qui, effrayés de ses menaces, emportèrent le rapide char en couvrant la plaine de poussière. Car Athéna aux yeux bleus, secouant son égide, leur avait inspiré une nouvelle ardeur, et la terre gémissait sous leurs pas.

D'un autre côté s'avançaient de front, semblables à la flamme ou à la tempète, Cycnos, ce dompteur de coursiers, et Arès, insatiable de combats. Les chevaux des deux chars, arrivés les uns devant les autres, poussèrent des hennissements aigus qui perçaient les échos d'alentour. Le puissant Héraclès parla ainsi le premier :

« Lâche Cycnos! pourquoi diriger ces rapides coursiers contre des hommes éprouvés comme nous par le travail et par la souffrance? Détourne ton char éclatant, et cède-moi le chemin. Je vais à Trachine [*], auprès du roi Céyx, qui, puissant et respecté, règne dans cette ville : tu le sais par toi-même, puisque tu as épousé sa fille, Themisthonoé aux yeux noirs. Lâche! Arès ne repoussera pas la mort loin de toi, si nous nous mesurons tous les deux. Jadis il éprouva le pouvoir de ma lance, lorsque, me disputant la sablonneuse Pylos, il osa me résister, dans son insatiable ardeur de combats. Blessé trois fois, il s'appuya contre la terre; j'avais déja frappé son bouclier, lorsque du quatrième coup je lui perçai la cuisse, en l'accablant de toute ma force; je déchirai sa chair de part en part, et, le front dans la poussière, il tomba sous le choc de ma lance. Alors, couvert de honte, il retourna parmi les immortels, laissant entre mes mains ses dépouilles sanglantes. »
[*] Trachine était une ville de la Thessalie, située au pied du mont Oeta.
Il dit; mais le belliqueux Cycnos ne voulut pas, docile à la demande d'Héraclès, détourner ses vigoureux coursiers. Aussitôt du haut de leurs solides chars s'élancèrent le grand Zeus et le fils du terrible Arès. Les écuyers rapprochèrent les chevaux à la belle crinière, et sous le choc de leurs pas la vaste terre gémit profondément. Comme, du faîte élevé d'une grande montagne, les rochers se précipitent en roulant les uns sur les autres, et dans leur rapide chute entraînent un grand nombre de chênes à la haute chevelure, de pins et de peupliers aux profondes racines, jusqu'à ce que ces confus débris arrivent dans la plaine : ainsi les deux héros s'attaquèrent avec des cris effrayants. Toute la ville des Myrmidons, la célèbre Iaolchos, Arné, Hélice, Anthée aux
gras pâturages, retentirent des longs éclats de leur voix; car ils s'entre-choquèrent en poussant d'incroyables clameurs. Le prudent Zeus fit gronder au loin son tonnerre et laissa tomber du ciel des gouttes de sang, pour donner à son fils audacieux le signal du combat. 

Lorsque, dans les gorges d'une montagne, un sanglier à l'aspect farouche, aux dents menaçantes, brûle de combattre une troupe de chasseurs, la tête baissée, il aiguise contre eux ses blanches défenses; l'écume ruisselle de sa gueule prête à les déchirer; ses yeux ressemblent à la flamme étincelante, et sur son dos, sur son cou se dressent ses poils frémissants : tel le fils de Zeus s'élança de son char. C'était la saison où la bruyante cigale aux noires ailes, assise sur un verdoyant rameau, commence à prédire aux humains par ses chants le retour de l'été; la cigale, qui choisit pour boisson et pour nourriture la féconde rosée, et depuis l'aurore jusqu'au déclin du jour ne cesse de faire entendre sa voix au milieu de la plus ardente chaleur, lorsque le Sirius dessèche tous les corps : c'était la saison où le millet, semé dans l'été, se couronne d'épis, où l'on voit se colorer ces verts raisins que Dionysos donne aux humains pour leur joie et pour leur malheur : c'était alors que ces héros combattaient, et leurs clameurs retentissaient de toutes parts. 

Tels deux lions furieux, se disputant une biche qui vient de périr, s'élancent l'un contre l'autre; ils poussent d'affreux rugissements et leurs dents s'entrechoquent : tels encore, sur une roche élevée, deux vautours aux serres aiguës, aux becs recourbés, combattent a grands cris pour une chèvre des montagnes ou pour la grasse dépouille d'une biche sauvage, que tua la flèche lancée par l'arc d'un jeune chasseur; tandis que ce chasseur s'égare, incertain de sa route, ils s'en aperçoivent aussitôt, et commencent une lutte opiniâtre : ainsi les deux rivaux se jetèrent, en criant, l'un sur l'autre. Cycnos, impatient d'immoler le fils du puissant Zeus, frappa son bouclier d'un javelot d'airain, mais sans pouvoir le briser; car les présents de Héphaistos le protégeaient. Le fils d'Amphitryon, le puissant Héraclès, lançant rapidement sa longue javeline, atteignit Cycnos au-dessous du menton, entre le casque et le bouclier, à l'endroit où le cou restait découvert; la pointe homicide lui trancha les deux muscles, car son vainqueur l'avait accablé d'un coup violent. Il tomba comme un chêne ou un roc élevé tombe, frappé par la brûlante foudre de Zeus. 

Dans sa chute, retentirent autour de lui ses armes étincelantes d'airain. Le fils patient de Zeus abandonna sa victime, et voyant s'avancer Arès, ce fléau des humains, lui lança de farouches regards. Lorsqu'un lion a trouvé un animal vivant, de ses ongles vigoureux il le déchire, et soudain lui arrache la douce existence; son coeur avide se rassasie de sa fureur; il roule des yeux effrayants, bat de sa queue ses flancs et ses épaules, creuse du pied la terre, et nul à son aspect n'ose s'approcher de lui, ni le combattre ainsi le fils d'Amphitryon, insatiable de batailles, se présenta en face d'Arès, et son audace s'enflamma plus encore au fond de son coeur. Arès s'avança, la douleur dans lame, et tous les deux, en criant, fondirent l'un sur l'autre. Comme une pierre, détachée du faîte d'une montagne, roule et bondit au loin avec un grand fracas, lorsque enfin elle rencontre dans une colline élevée un obstacle qui arrête sa chute tel le funeste Arès, qui fait plier les chars sous son poids, s'élança, poussant d'effroyables clameurs; Héraclès soutint son choc avec promptitude. Alors Athéna, fille de Zeus maître de l'égide, alla au-devant d'Arès en agitant sa ténébreuse égide, et, le regardant d'un oeil irrité, elle fit voler de sa bouche ces paroles ailées :

« Ô Arès! apaise ta bouillante audace et retiens tes mains invincibles. Le sort ne te permet pas de tuer Héraclès, ce fils intrépide de Zeus, ni de le dépouiller de sa glorieuse armure. Cesse donc le combat, et ne lutte pas contre moi.»
Elle dit, mais ne persuada point le coeur magnanime du dieu Arès. Arès, brandissant à grands cris ses armes semblables à la flamme, se précipita aussitôt sur le puissant Héraclès : impatient de l'immoler et furieux du trépas de son fils, il atteignit de sa lance d'airain le vaste bouclier. Mais Athéna aux yeux bleus, se penchant hors du char, détourna le choc de la lance. Arès, en proie à une vive douleur, tira son glaive acéré, et se jeta sur le généreux Héraclès. Tandis qu'il accourait, le fils d'Amphitryon, insatiable de combats et de carnage, frappa d'un coup violent sa cuisse restée à découvert sous le magnifique bouclier. Armé de la lance, il déchira sa chair de part en part , et le renversa au milieu de l'arène. Soudain la Fuite et la Terreur firent avancer son char agile et ses coursiers; puis l'enlevant de la terre aux larges flancs, elles le portèrent sur ce char magnifique, frappèrent du fouet les chevaux, et remontèrent dans le vaste Olympe.

Le fils d'Alcmène et le glorieux Iolaüs partirent après avoir dépouillé les épaules de Cycnos de la belle armure; et bientôt, traînés par leurs coursiers aux pieds rapides, ils parvinrent dans la ville de Trachine. Athéna aux yeux bleus regagna le grand Olympe et les demeures de son père.

Cycnos fut enseveli par Céyx et par le peuple innombrable, qui, auprès de la cité de cet illustre monarque, habitait Anthée, la ville des Myrmidons, la célèbre Iaolchos, Arné et Hélice. Une foule immense se rassembla pour honorer Céyx, cet homme cher aux bienheureux immortels. Mais l'Araunus [*], grossi par les pluies de l'hiver, fit disparaître sous ses ondes le tombeau et le monument de Cycnos. Ainsi l'avait ordonné Apollon fils de Létô, parce que Cycnos, se plaçant en embuscade, dépouillait de vive force tous les mortels qui conduisaient à Pytho de superbes hécatombes.

[*]L'Araunus était un fleuve de Thessalie, dont Euripide fait mention en rappelant le meurtre de Cycnos dans l'Héraclès furieux (389).
(Hésiode).
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