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Bonnet

Honoré Bonnet est un écrivain français, vivait à la fin du XIVe siècle. On ne possède presque aucun renseignement biographique sur son compte on sait seulement qu'il était, comme il le dit lui-même, « nez et nourris de la terre de Prouvence ». Entré dans les ordres, il obtint le grade de docteur en droit canon et fut prieur de Salon, en Provence. On l'appelle parfois Bonnor, mais c'est là une forme fautive due à quelque distraction de scribe. 

Le principal ouvrage du prieur de Salon est intitulé l'Arbre des batailles, autrement dit Arbre de Douleur. L'auteur le dédia à Charles VI (et non à Charles V, comme on le dit souvent). C'est une compilation en quatre livres, ou plutôt, pour rester fidèle à l'allégorie de l'auteur, en quatre branches; l'Eglise en schisme, les rois en guerre, les grands en dissension, les peuples en révolte. Mais cette division, indiquée au début par Honoré Bonnet lui-même, ne donne pas une idée exacte du contenu de l'ouvrage dont la plus grande partie est une adaptation, au goût du Moyen âge, du traité de Végèce' De re militari; toutefois, c'est plutôt sur le droit des gens et des belligérants que sur la tactique militaire du Moyen âge qu'il faut y chercher des renseignements. 

Cette compilation médiocre a eu un très grand succès; la Bibliothèque nationale en possède plus de vingt-cinq manuscrits, sans parler d'une traduction provençale faite en 1429. Le jurisconsulte napolitain Paris de Puteo (mort en 1493) s'en est parfois inspiré dans son traité De re militari. Enfin, on en possède plusieurs anciennes éditions très recherchées des bibliophiles : Sans lieu ni date (in-fol., 175 ff. ; Lyon, 1484, in-fol., 123 ff.; Paris, Vérard, 1493, in-fol., 155 ff.; Paris, Jean Dupré, 1493, in-fol., 92 ff., etc.). 

Outre l'Arbre des batailles, on a du même auteur : l'Apparition de Jehan de Meun ou le Songe du prieur de Salon (publié en 1855 par Crapelet pour la Société des Bibliophiles). Cet ouvrage, composé en 1388, est dédié à Louis d'Orléans, frère de Charles VI. L'auteur fit hommage à Valentine Visconti d'un très bel exemplaire, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale, dont le frontispice a été reproduit dans l'ouvrage de Champollion-Figeac, Louis et Charles, ducs d'Orléans (Paris, 1844, pI. VI). (A. Thomas).

Théophile Bonnet est un médecin de Genève, 1620-1689, fut un des créateurs de l'anatomie pathologique. Dans son traité intitulé : Sepulchretum seu anatomia practica (Genève, 1679, 2 vol. in-fol.), il rend compte de beaucoup d'ouvertures de cadavres; cet ouvrage traça la route à Morgagni. On lui doit aussi le Phare des Médecins, où il indique les écueils, et un des premiers dictionnaires de médecine, sous le titre de Mercurius compilatus, 1682.
Pierre et Jacques  Bonnet. - On connaît de ce médecin de la duchesse de Bourgogne une sorte d'histoire de la musique et de la danse, qu'il n'eut pas le temps de publier et qui fut mise au jour par son frère, Jacques Bonnet, dont nous parlons plus bas. Son oncle, l'abbé Bourdelot, lui avait laissé sa bibliothèque, à condition qu'il prendrait le nom de Bourdelot. Ce fut Jacques Bonnet, né en 1644, mort en 1724, qui termina l'histoire de la musique commencée par son oncle l'abbé Bourdelot et par son frère Pierre Bonnet. 

Cette triple collaboration n'aboutit qu'à un fatras assez inutile aujourd'hui, excepté pour l'histoire des musiciens de l'époque de Luth et de la fin du XVIIe siècle. Cet ouvrage anonyme est intitulé Histoire de la musique et de ses effets depuis con origine jusqu'à présent (1715; la seconde édition est sans date; la troisième, de 1725; enfin une quatrième, de 1743). 

Si médiocre qu'elle soit, cette histoire est la première qui ait paru en français. Les chapitres les plus intéressants sont ceux qui traitent de la comparaison de la musique française et de la musique italienne. Jacques Bonnet, comme beaucoup d'amateurs de son temps, était entré avec plus d'ardeur que de science dans la lutte des deux écoles qui divisaient les dilettantes français et qui porta dans l'histoire de la musique le nom de querelle de la musique française et de la musique italienne.

Charles Bonnet est un philosophe et naturaliste né à Genève le 13 mars 1720, mort à Genève le 20 juin 1793, d'une famille française réfugiée dans cette ville. Il étudia  d'abord la  jurisprudence et fut reçu docteur en 1743, mais il ne tarda pas à renoncer à cette science aride pour étudier la nature; dès lors toute sa vie fut consacrée à cette étude. De 1752 à 1768, il fut membre du Grand Conseil, puis se retira à sa propriété de Genthod sur le lac de Genève.

C'est séduit par la lecture du Spectacle de la nature de Pluche, de la Bible de la nature de Swammerdam, et des magnifiques recherches de Réaumur sur les insectes, que Bonnet se prit d'un amour si ardent pour l'histoire naturelle. Dès l'âge de dix-huit ans, il découvrit un fait extrêmement curieux, à savoir que les pucerons sont féconds pendant plusieurs générations sans accouplement; ce fait a reçu le nom de parthénogenèse. En 1741, ayant lu, d'après Abraham Trembley, que le polype d'eau douce présentait la singulière propriété de régénérer les parties qu'on lui a coupées, il répéta ces expériences, les multiplia et les étendit à un grand nombre de vers et d'insectes. Un an après, il reconnaissait que les stigmates des insectes sont les orifices de leurs organes respiratoires; il étudiait et décrivait avec soin le taenia. 

Le Traité d'insectologie, ou observations sur les pucerons (Paris, 1745, 2 vol. in-8, avec 4 pl.) renferme la plupart des curieuses observations de Bonnet. Nous devons encore citer de lui Rech. sur l'usage des feuilles dans les plantes, etc. (Goettingen, 1754, in-4), remarquable travail de physiologie végétale, et considérations sur les corps organisés (Amsterdam, 1762 ou 1768, 2 vol, in-8), ouvrage dans lequel se trouvent réunies et comparées les notions les plus certaines sur l'origine et la reproduction des êtres. 

Malgré sa modestie, Bonnet ne put échapper aux sarcasmes du philosophe de Ferney (Voltaire). Membre d'un grand nombre de sociétés savantes, il ne fut admis que tardivement parmi les membres de l'Académie de Paris qui lui pardonnait difficilement certaines attaques victorieuses contre les idées de Buffon. (Dr L. Hn.).

Célèbre à vingt ans, Bonnet se vit arrêté, dans ses études positives, par la faiblesse de ses yeux qu'avait fatigués l'usage du microscope, et il se tourna vers la psychologie, la philosophie des sciences et la métaphysique :

 « On reconnaît toujours, dit avec raison Cuvier, dans les écrits de cette seconde période, aux faits dont ils sont partout nourris, au soin avec lequel l'auteur évite de se perdre dans les systèmes fondés sur l'abus des termes abstraits, le philosophe entré dans la métaphysique par le chemin de l'observation. » 
Bonnet prit pour guides, dans ses nouveaux travaux, Malebranche et surtout Leibniz, mais aussi Locke et Hartley. Avec Malebranche il admet la préexistence des germes, qu'il place dans les femelles, et les idées qu'il développe à ce sujet dans les Considérations sur les corps organisés sont acceptées et appuyées par Spallanzani et Haller. Dès 1748, il lit la Théodicée de Leibniz; cet ouvrage, qu'il appelle plus tard une vaste forêt où l'on a trop négligé de pratiquer des routes, fut alors pour son esprit une espèce de télescope qui lui découvrit un autre univers; il y recueillit les oracles de la sagesse, s'efforça d'en pénétrer le sens profond, sans se lasser d'admirer la sublimité et la fécondité des principes qu'ils enveloppaient. Aussi le disciple de Réaumur en vint-il à mépriser les nomenclatures fastueuses qu'osent donner, pour le système de la nature, des savants pareils à des écoliers qui voudraient faire l'index d'un gros in-folio dont ils n'ont lu, et mal lu, que la tête et les premières pages.

Dans la Contemplation de la nature (1764-65, 2 vol.), un des livres éminemment propres, selon Cuvier, à inspirer aux jeunes gens le goût de l'étude et le respect pour la Providence, Bonnet s'attache à la proposition de Leibniz que tout est lié et que la nature ne fait point de sauts, il l'applique non seulement aux événements successifs, mais encore aux formes des êtres, à la gradation de leur  nature physique et morale. Ramenant tous les êtres terrestres à quatre classes, les êtres bruts ou inorganisés, les êtres organisés et inanimés, les êtres organisés et animés, les êtres organisés, animés et raisonnables, il ne voit aucun caractère distinctif, d'une valeur absolue, entre l'animal et le végétal, entre le chat et le rosier; il indique dans une échelle fameuse, l'orang-outang et le singe, l'autruche et les poissons volants, les serpents d'eau et les limaçons, les teignes, les sensitives et les ardoises, comme les degrés qui nous permettent de passer de l'homme aux quadrupèdes, de ceux-ci aux oiseaux, puis aux poissons, aux serpents, aux coquillages, aux insectes, aux plantes et aux pierres. Peut-être y a-t-il des mondes où il n'existe que des êtres inorganisés et inanimés, peut-être y en a-t-il où les rochers sont organisés, où les plantes sentent, où les animaux raisonnent, où les hommes sont des anges, 

« Quelle est donc, dit Bonnet allant de la philosophie à la théologie, l'excellence de la Jérusalem céleste où l'ange est le moindre des êtres intelligents !»
Avant d'aborder la philosophie des sciences, Bonnet avait publié un Essai de psychologie (1754), qu'il compléta six ans plus tard par un Essai analytique sur les facultés de l'âme, dans lequel il imaginait, comme Condillac l'avait fait dans  le Traité des sensations dès 1754, une statue qu'il animait par degrés, afin de montrer comment l'homme, par l'exercice des sens et la réflexion, acquiert les idées les plus simples et crée les idées les plus abstraites, même celle de Dieu dont l'existence est tirée de la contemplation des faits, dont les attributs sont déduits des traits de puissance, de bonté, de sagesse que nos sens perçoivent en ce monde. Dans cette psychologie, la physiologie a, comme chez Hartley, une grande part. Accusé de matérialisme et de fatalisme, Bonnet se disculpa dans sa Palingénésie philosophique (1770, 2 vol.), où il traita en outre de la renaissance, de la résurrection, de l'état futur des hommes et des animaux, en reprenant et développant les idées exposées déjà dans ses précédents ouvrages.

Il y a des germes invisibles et indestructibles, presque aussi compliqués que les animaux adultes qui, créés tous ensemble, ont été enfermés dans des corps vivants où ils sont emballés les uns dans les autres en attendant leur tour de croître et de se développer : l'apparition d'un nouvel être vivant n'est donc pas le produit dune génération, mais celui de l'évolution d'un germe préexistant, Les animaux qui ont précédé la révolution décrite dans la Genèse, étaient différents de ceux qui existent actuellement; ceux qui habiteront la terre, après la révolution nouvelle qu'a annoncée la Bible, seront composés d'une matière dont la rareté et l'organisation les mettront à l'abri des altérations qui, survenant aux corps grossiers, tendent continuellement à les détruire. L'homme occupera, dans la vie nouvelle, une place déterminée par les progrès qu'il aura réalisés ici-bas dans la science et la vertu; il se développera en lui des organes nouveaux, en rapport avec le nouveau séjour qu'il doit habiter, et son âme sera ainsi associée à un corps nouveau, déjà en germe dans le corps actuel.

Bonnet a eu, comme philosophe, des disciples et des successeurs, Lesage, Prévost, Dumont, Bodmer, qui ont conservé ses doctrines en tout en partie; Cabanis le proclamait un grand naturaliste et un grand métaphysicien, M. de Biran l'étudiait et l'admirait. Son nom restera, dans l'histoire de la philosophie, celui d'un émule de Condillac, d'un des précurseurs de la psychologie physiologique et des théories transformistes, mais d'un transformisme à part, mêlé de leibnizianisme et de christianisme. (F. Picavet).



En bibliothèque - Bonnet, Oeuvres complètes - Neufchâtel; 10 vol.
in-4 ou 18 vol. in-8. 1779.1783. - Jean  Trembley, Mémoire pour servir à l'histoire de la vie et des ouvrages de Bonnet, 1754. - Cuvier, Recueil des éloges historiques, vol. I.- Papillon, Histoire de la philosophie, vol. II. - Albert Lemoine. Bonnet philosophe et naturaliste. E. Perrier, la Philosophie zoologique avant Darwin.
Louis Marin Bonnet est un dessinateur, graveur au lavis et à la manière du crayon, et éditeur d'estampes, né à Paris en 1743, mort vers la fin du XVIIIe siècle. Il alla travailler à Saint-Pétersbourg, mais n'y resta que peu de temps. 

S'il s'attribua à tort l'invention du procédé de la gravure à la manière du crayon, dont la paternité est incertaine, on lui doit, en revanche, celui de la gravure à la manière du pastel, qu'il parvint à imiter avec une perfection extraordinaire, au moyen de plusieurs planches imprimant chacune une couleur. Le procédé en est décrit dans sa brochure : le Pastel en gravure, inventé et exécuté par Louis Bonnet, en 1769, composé de huit épreuves qui indiquent les différents degrés.

Il l'appliqua à la reproduction de nombre de têtes de jeunes femmes, d'après Fr. Boucher, Lagrenée et Greuze, et fonda un atelier dont sortiront des estampes en tout genre, notamment des sujets mythologiques et galants, d'après Huet, J.-B. Le Prince, Baudouin, Boucher. Ce sont surtout les dessins de ce dernier, à la sanguine, ainsi qu'à deux ou à plusieurs crayons, qui furent fac-similés au point de faire illusion. 

Bonnet publia un catalogue gravé des planches de son  fonds : Catalogue d'estampes dans le nouveau genre de gravure, tant à la manière du pastel qu'aux deux crayons, le noir rehaussé de blanc, sur papier bleu, par le sieur Bonnet, gratifie pensionné du roi pour l'invention de ces nouvelles gravures. Ces estampes dépassent mille pièces, dont un bon nombre, pourvues de titres en anglais, étaient destinées spécialement à l'exportation, souvent entourées de cadres dorés, d'après un procédé inventé aussi, en 1776, par notre artiste-négociant.

Parmi ces pièces, il y avait d'intéressantes suites de sujets décoratifs : meubles en couleur, dessins d'orfèvrerie et de fonderie, arabesques, trophées, coiffures; des paysages et des topographies, et quelques portraits, devenus très rares, entre autres celui de Mme du Barry, et trois délicieux portraits de Marie-Antoinette, encore dauphine. (G. P-i.).

Bonnet est un architecte français de la fin du XVIIIe siècle. D'après Thiéry (Almanach du voyageur), c'est à cet artiste que fut due la construction sous Louis XVI de l'hôtel de Boufflers, sis à Paris, rue de Choiseul, à l'angle du boulevard, hôtel aujourd'hui démoli et dont le terrain est recouvert par le Crédit Lyonnais. Mais Bonnet est surtout connu comme l'un des six premiers inspecteurs divisionnaires rapporteurs nommés dans le Conseil d'examen des bâtiments de la République, lors de la création de ce conseil (20 frimaire an IV, 11 décembre 1795).  (Charles Lucas).
Louis-Ferdinand Bonnet est un avocat né à Paris en 1760, mort en 1839, Il se fit remarquer au barreau de Paris en triomphant, en 1788, dans la cause fameuse de Mme Kornmann, où figuraient Bergasse le célèbre avocat, et Beaumarchais. Ce fut lui qui plaida la cause du général Moreau (1804); il fut commis d'office pour défendre Louvel, fut nommé député, et devint conseiller à la cour de cassation. Ses Discours et plaidoyers furent publiés en 1823.
Guy Joseph Bonnet est un général haïtien, né en 1773, mort en 1843. Il fut aide de camp de Rigaud pendant la guerre qui suivit la révolte des Noirs de Saint-Domingue, Après l'expédition française de 1802, il prit part à la révolution qui mit fin à la domination de Dessalines. Il fut sénateur et secrétaire d'État de la nouvelle République haïtienne. 
Auguste Bernard Bonnet est un médecin français, né à Miramont (Lot-et-Garonne) le 21 octobre 1791, mort à Bordeaux en août 1873. Il servit dans les armées de l'Empire et fut reçu docteur à Paris en 1816. Il se fixa à Bordeaux, où il obtint la chaire de pathologie à l'Ecole préparatoire.

Citons de lui : Traité des maladies du foie (1828; 2e édit., 1841); Monographie complète sur les maladies du foie (1835, trav. cour. ; Bruxelles, 1836); Traité des fièvres intermittentes (1835; 2e édit., 1853), puis des monographies sur le choléra (1832), la lièvre typhoïde (1836), la suette (1842), l'hygiène des prisons (1847), la monomanie du meurtre (1852), la contagion (1866). Il fut l'un des rédacteurs du Journal médical de la Gironde. (Dr L. Hn.).

Amédée Bonnet est un chirurgien français, né à Ambérieux (Ain) en 1802, mort à Lyon le 1er décembre 1858. Il fit ses études à Paris et y obtint la médaille d'or de l'internat. Reçu docteur en 1832, il alla concourir à Lyon pour la place de chirurgien de Hôtel-Dieu de cette ville, qu'il obtint et illustra par ses travaux. Ses cours à l'Hôtel-Dieu, pus à récole de Lyon comme professeur de pathologie, attirèrent un grand nombre d'élèves. 

Parmi les nombreux travaux de Bonnet, le plus remarquable, celui qui lui assure une des premières places dans la chirurgie de son époque, c'est son Traité médico-chirurgical des maladies des articulations (Lyon, 1845, 2 vol. in-8, pl.); citons encore parmi les plus importants : Traité des sections tendineuses et musculaires dans le strabisme (Paris, 1842, in-8); Compte rendu du service chirurgical de l'Hôtel-Dieu de Lyon pendant les années 1838-1843 (Lyon, 1844, in-8); Traité de thérapie des maladies articulaires (Paris, 1853, in-8, pl.); Traité pratique de la cautérisation d'après l'enseignement clinique de M. Bonnet, par le Dr R. Philipeaux (Paris, 1855, in-8) ; Méthode nouvelle de traitement des maladies articulaires (Paris, 1859, in-8). (Dr L. Hn.).

Joseph-Gustave Bonnet est un ingénieur né à Marseille le 18 juin 1810, mort le 9 février 1875. Entré à l'Ecole polytechnique en 1828 et à l'Ecole des ponts et chaussées en 1830, il devint inspecteur général en 1869. Il dirigea, à partir de 1854, le service des travaux publics de la ville de Lyon. On lui doit : Portefeuille municipal de la ville de Lyon: Distribution des eaux, égouts, gaz (Lyon, 1869, atlas in-fol.). (L. S.).
Armand-Benjamin Bonnet est un magistrat français, né à Ayron (Vienne) en 1810. Il fit ses études de droit à Poitiers et fut reçu docteur en 1834. Il se fit inscrire au barreau de cette ville, puis entra dans la magistrature en 1835, après avoir concouru sans succès pour une chaire de code civil. D'abord substitut à Parthenay (1835), ensuite à La Roche-sur-Yon (1836), il fut nommé successivement procureur du roi à Loudun (1841), à La Rochelle (1848), à Poitiers (1850); il devint, en 1853, conseiller à la cour d'appel de cette même ville, puis président du tribunal civil (1862), enfin président de chambre à la cour d'appel. Bonnet était membre du Conseil général de la Vienne, quand il fut promu chevalier de la Légion d'honneur en 1868.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages. Nous citerons de lui : Des dispositions par contrat de mariage et des dispositions entre époux envisagées des points de vue du droit romain, de l'ancienne jurisprudence et du code Napoléon (1859, 3 vol. in-8); Théorie et pratique des partages d'ascendants envisagés des points de vue du droit ancien, de la législation actuelle et des réformes proposées (1873, 2 vol. in-8); Des droits du conjoint survivant sur la succession du prédécédé (1874, in-8).

Jacques Victor Bonnet est un économiste et journaliste né à Maintenon (Eure-et-Loir) le 22 avril 1814, mort à Lucerne (Suisse) le 23 juillet 1885. Reçu docteur en droit en 1846, il se destinait à la magistrature; mais la révolution de 1848 vint déranger ses projets et il se consacra dès lors aux études d'économie politique et de science financière. 

Successivement attaché aux rédactions de l'Assemblée nationale, du Pays et de la Revue des Deux Mondes, il fut nommé, en 1857, secrétaire de la Conférence des chemins de fer, et en 1875 administrateur de Crédit Foncier. Lors des attaques dont l'organisation de la Banque de France fut l'objet en 1863, il défendit vigoureusement cette institution. L'Académie des sciences morales et politiques l'élut en 1881, en remplacement d'Hippolyte Passy. Il était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1866. 

Outre d'intéressantes études parues dans la Revue des Deux Mondes, il a publié : Questions économiques et financières à propos des crises (Paris, 1859, in-8); le Crédit et les Finances (Paris, 1865, in-8); l'Enquête sur le crédit et la crise de 1863-1864 (Paris, 1866, in-8); Etudes sur la monnaie (Paris, 1870, in-8); les Impôts après la guerre (Paris, 1871, in-8); le Crédit et les Banques d'émission (Paris, 1875, in-8); la Question des impôts (Paris, 1879, in-8). (L. S.).

Louis-Eugène Bonnet est un homme politique français, né à Jujurieux (Ain) le 6 octobre 1815, reçu docteur à la Faculté de Paris en 1843, il revint dans son pays exercer la médecine. Conseiller général depuis 1871 pour le canton de Poncin, il se présenta aux élections sénatoriales le 30 janv.1876 avec le docteur Robin et fut élu le premier par 350 voix sur 540 électeurs. Il siégea à la gauche républicaine.
Pierre OssianBonnet est un mathématicien  né en 1819, ancien élève de l'Ecole polytechnique, ancien répétiteur et ancien directeur des études à la même école, professeur à la Sorbonne, membre, à partir de 1862, de l'Académie des sciences. 

Les nombreux travaux d'Ossian Bonnet concernent l'algèbre, la mécanique rationnelle, la physique mathématique, l'astronomie, mais surtout la géométrie pure et, en particulier, la théorie des surfaces. La plupart ont été publiés dans le Journal de mathématiques; ils renferment souvent des résultats d'une remarquable élégance. On peut citer, par exemple, l'expression de la plus courte distance de deux tangentes infiniment voisines d'une courbe gauche : Bonnet trouve qu'elle est égale au sixième du produit de l'arc par l'angle de contingence et par l'angle de torsion. On peut citer aussi un théorème d'après lequel toute surface réglée qui se déforme en res tant réglée conserve les mêmes génératrices rectilignes (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1864). 

Dans une note sur la théorie générale des surfaces (Comptes rendus, 1853), Bonnet considère la surface définie par les équations : 

x = A(t) + A1();
y = B (t) + B1();
z=  C(t) + C1().
Cette surface est minima si les fonctions A, B, C, A1, B1, C1 des deux paramètres t et  vérifient les deux conditions : 
dA² + dB² + dC² = 0 et  dA1² + dB1² + d1C² = 0
L'auteur appelle surface adjointe à celle-là la surface minima définie par les formules :
x= i[A (t) -A1()];
y=i[B (t) B1()]
z = i [C (t) - C1 ()]
et il démontre que les lignes de courbure de la surface adjointe correspondent aux lignes asymptotiques de la proposée, et réciproquement; que les deux surfaces sont applicables l'une sur l'autre, avec correspondance des points qui sont déterminés par les mêmes valeurs de t et de ; enfin, que les plans tangents aux points correspondants sont parallèles. Ces résultats se vérifient notamment dans le cas de l'alysséïde et de l'hélicoïde gauche à plan directeur, qui sont deux surfaces adjointes l'une à l'autre. Dans d'autres mémoires, Ossian Bonnet détermine toutes les surfaces minima applicables sur une surface minima donnée. 

La plus importante peut-être de ses oeuvres a été insérée en 1860 dans le Journal de mathématiques avec le titre : Mémoire sur l'emploi d'un nouveau système de coordonnées dans l'étude des propriétés des surfaces courbes. Pour définir ces coordonnées, il suffit de considérer la représentation sphérique de la surface qu'on veut étudier, représentation obtenue en menant par le centre d'une sphère des parallèles aux normales. Si  et  sont les coordonnées géographiques, c.-à-d. la latitude et la longitude de l'extrémité d'un rayon, les deux premières coordonnées de Bonnet sont x =  et y = Log. tg (/2). La troisième coordonnée, z, est la distance du centre de la sphère à la trace du plan tangent à la surface sur le plan de l'équateur. Les formules obtenues conduisent Bonnet à la détermination des surfaces minima algébriques, des surfaces dont les lignes de courbure sont planes, etc. (L. Lecornu).

Guillaume Bonnet est un sculpteur français, né à Saint-Germain-Laval (Loire) en 1820, mort à Lyon en 1873. Elève de Ramey et Dumont, il entra à l'Ecole des Beaux-Arts en 1843, et obtint en 1818 le deuxième grand prix de Rome (gravure en médailles et pierres fines), sur un Mercure formant le caducée. Il avait débuté au Salon de 1845 par un buste. 

Ses principales expositions furent le père Lacordaire, statuette; médaillons du comte de Salvandy et de Royer-Collard (Salon de 1847); Chateaubriand, statuette, Pie IX, buste (Salon de 1848); buste du peintre Victor Orsel (Salon de 1859, au musée de Lyon); buste du docteur Gensoul (Exposition universelle de 1867, au musée de Lyon). 

Cet artiste reçut en 1860 la croix de la Légion d'honneur; une de ses dernières statues, la Ville de Lyon, a été érigée dans cette ville, sur la place Morand. (Ad. T.).

Jules Bonnet est un journaliste français, né à Nîmes en 1820. Elève de l'Ecole normale supérieure et professeur d'histoire, il abandonna l'enseignement pour conserver toute la liberté de ses opinions religieuses, s'inscrivit au barreau de Paris comme avocat et devint le principal rédacteur du Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, dont il fut secrétaire. Chargé, sur la proposition de Miguet, d'une mission littéraire qui eut pour résultat la publication des Lettres françaises de Calvin (1854, 2 vol. in-8), il est l'auteur des livres suivants : Vie d'Olympia Morata, épisode de la Réforme et de la Renaissance en Italie au XVIe siècle (1850, in-8, 4, éd., 1865, in-12); Aonio Paleario, étude sur la Réforme en Italie (1862, in-12); Récits du XVIe siècle (1864, in-12), suivis de Nouveaux récits (1869, in-12), et de Derniers récits (1875, in-12); la Famille de Curione (1870, in-12); Souvenirs de l'Eglise réformée de la Calmette (1884; in-8), etc. (M. Tx.).
Paul-Emile Bonnet est un architecte français, né à Paris le 12 juin 1828, mort dans cette ville en 1881. Elève de Lebas et de l'Ecole des Beaux-Arts où il entra en 1847, Bonnet remporta le premier grand prix d'architecture en 1854 sur un projet d'édifice consacré à la sépulture des souverains d'un grand empire et fit, comme pensionnaire de Rome, de belles études de la charpente de la cathédrale de Messine et du Grand-Théâtre, ainsi que du forum triangulaire et du temple de Neptune ou d'Hercule à Pompéi (ce dernier envoi en onze dessins avec mémoire). Ces études furent exposées au Salon de 1861 et à l'Exposition universelle de 1867, où elles lui valurent une médaille de deuxième classe. 

A son retour de Rome, Bonnet fut appelé deux fois comme auditeur au Conseil des bâtiments civils, en 1860 et 1861 et en 1863 et 1864 et il fut, à cette dernière date, nommé architecte du Vle arrondissement, puis du XIIIe arrondissement de la ville de Paris, pour laquelle il eut à construire de 1868 à 1871 la mairie de ce dernier arrondissement, située à l'angle de la place d'Italie et de l'avenue des Gobelins. Bonnet avait aussi étudié, sur un terrain à l'angle de la rue de Tolbiac et de la rue Damesme (XIIIe arrondissement), un projet d'église qui ne fut pas exécuté. Il fut nommé, en 1875, architecte des édifices départementaux dans Paris. (Charles Lucas).

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