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Argentine
Republica Argentina

34 00 S, 64 00 W
L'Argentine occupe toute la partie Sud-Est de l'Amérique méridionale : la longueur, du Nord au Sud, est de 3500 km. Sa superficie est de 2 766 890 km². L'Argentine vient donc au second rang, après le Brésil, pour l'étendue parmi les Etats américains du Sud. Le Brésil seul la dépasse. C'est une république, peuplée de 40,9 millions d'habitants (2009), et  divisée en 23 provinces, auxquelles s'ajoute une ville autonome (district fédéral), la capitale Buenos Aires. Autres grandes villes : La Plata, Rosario,Cordoba, Tucuman, Mendoza, Santa Fe.
Les 23 provinces de l'Argentine
Buenos Aires
Catamarca
Chaco
Chubut
Cordoba
Corrientes
Entre Rios
Formosa
Jujuy
La Pampa
La Rioja
Mendoza
Misiones
Neuquen
Rio Negro
Salta
San Juan
San Luis
Santa Cruz
Santa Fe
Santiago del Estero
Tucuman
Tierra del Fuego (e
Antartida e Islas del Atlantico Sur)
Bien que rattachée administrativement par l'Argentine à la Terre de Feu, les revendications territoriales en Antarctique ne sont pas reconnues par la communauté internationale.

Le pays est borné par l'Océan Atlantique jusqu'à l'embouchure du Rio de La Plata; ce fleuve, puis l'Uruguay la séparent de l'Uruguay. C'est le thalweg, c. -à-d. le courant central qui indique la ligne de démarcation. Toutes les îles situées à l'Ouest appartiennent aux Argentins. A partir du confluent du Cuareim c'est le Brésil qui possède la rive gauche du fleuve. La frontière remonte ensuite le Peperi Guassu, traverse la sierra de San Antonio, descend la rivière du même nom jusqu'à son confluent avec le rio Iguazu (Iguaçu ou Iguassu), et atteint le Paraguay. Au Nord, l'Argentine est  séparée du Paraguay par le cours du fleuve Parana, puis elle remonte le Paraguay et le Pilcomayo Jusqu'au 22e degré latitude Sud. A ce point commence la frontière avec la Bolivie, qui, vers 64° de longitude Ouest, est tracée à travers la Cordillère des Andes. Au Cerro Zapaleri (5652 m), la frontière atteint celle du Chili et suit ensuite, en direction du Sud, la ligne de partage des eaux entre le Pacifique et l'Atlantique. Comme la pente est beaucoup plus rapide du côté du Chili, c'est l'Argentine qui possède la plus grande partie des plateaux arides sur lesquels s'appuie la chaîne.

Au Sud, le Chili possède la rive septentrionale du détroit de Magellan. La limite de ce côté est ainsi fixée par le traité de Buenos Aires du 23 juillet 1881. Elle suit le 52e degré de latitude Sud jusqu'au point où il coupe le 70e méridien de Greenwich. De là elle court dans la direction du mont Aymond, da mont Dinero et de la pointe Dungeness, extrémité du cap de las Virgenes, jalonnée par les sommets les plus élevés. Elle se termine à l'entrée orientale du détroit de Magellan. Enfin, une ligne allant directement du promontoire Espiritu Santo, situé un peu au Sud de la pointe Catherine, au détroit du Beagle, partage la Terre de Feu en deux parties à peu près égales; l'Argentine possède la section orientale. Les îles au Sud du canal du Beagle, pour certaines disputées de longue date entre le Chili et l'Argentine, restent toutes au Chili. Les Argentins revendiquent comme une dépendance, les îles Falkland, territoire britannique, primitivement colonie française, devenu par suite possession britannique. On sait que les Falkland, avant d'appartenir à l'Angleterre, portaient le nom de Malouines, du nom des matelots malouins qui s'y étaient établis. L'opération militaire menée par l'Argentine au printemps 1982 (Guerre des Malouines) s'est soldée par un échec.
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Carte de l'Argentine.
Carte de l'Argentine. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte détaillée).

Côtes et îles de l'Argentine.
La République argentine est baignée par l'Océan Atlantique sur une longueur de près de 5000 kilomètres. Le golfe de la Plata, qui est la section la plus courte de cette côte, est aussi la plus importante. Au fond de cette baie magnifique se dresse l'île de Martin Gracia. L'eau du golfe est généralement douce à la surface, légèrement saumâtre quand prédominent les vents du large, salée dans les couches profondes. La côte d'abord basse et sablonneuse, coupée de ruisseaux assez profonds ou arroyos, est parsemée de petites îles. La presqu'île du Monte de Santiago abrite une rade intérieure. La côte est ensuite éle vée de 10 à 15 m au-dessus du niveau des hautes eaux, avec quelques ondulations pittoresques qui portent la capitale et ses faubourgs (Buenos Aires). Au delà de la Punta de las Piedras se creuse un golfe mal abrité, l'Ensenada de Samborombon, qui se termine par le cap de San Antonio. Cette énorme borne, avec ses caps Nord et Sud, marque le commencement d'une section de 580 kilomètres, dirigée vers le Sud et terminée par le promontoire et le phare du cap Corrientes. De là à Bahia Blanca, la côte est basse, çà et là quelques dunes, de mauvais ports aux embouchures des maigres ruisseaux qui viennent de l'intérieur. Plus au Sud, l'embouchure du rio Colorado, malgré la barre qui la borde, est facilement accessible; des îles jalonnent ensuite le littoral, Creek, Deer et Hog; elles sont plates et entourées de bancs de sable. La bouche du rio Negro, très difficile à atteindre, est assez profonde pour recevoir des navires de 4 m de tirant d'eau. 
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Ushuaia.
La région d'Ushuaia, au Sud de l'Argentine.

La côte qui s'étend au Sud est celle de Patagonie; elle a peu d'îles et pas beaucoup de ports, malgré son développement et les vastes baies qu'y a creusées l'Atlantique. Le golfe de San Matias, avec le port San Antonio au Nord, et la baie de San José, dans laquelle on accède par la porte Quiroga, dessinent le contour septentrional de la presqu'île San José ou de Valdes, la seule qui existe sur le littoral argentin; la baie neuve ou Golfe Nuevo, la limite au Sud. Cette presqu'île manque de bois et d'eau douce : elle est presque inhabitée. Tout autre est le caractère et l'aspect du rio Chubut, qui débouche à la Punta Castro. De là, jusqu'au cap de Tres Puntas la côte est rocheuse, escarpée, variée dans ses aspects, formée de baies et d'anses nombreuses; citons la baie de la Croix (Cruz), le port Santa Helena, le golfe des Camarones et le cap de Dos Bahias; des flots et des récifs marquent le commencement du golfe San Jorge, tout à fait dépourvu de havres. Il se termine au cap de Tres Puntas. L'embouchure du rio Deseado, le port San Julian, celui de Santa Cruz, au Nord de Bahia Grande; enfin, le port de Los Gallegos, au Sud, peuvent être comparés à des fjords à moitié comblés. 

La côte orientale de la grande île de la Terre de Feu est beaucoup moins découpée que la côte occidentale; sauf l'entaille circulaire de la baie San Sebastian, les seuls accidents sont des promontoires peu saillants. L'île des Etats (Isla de los Estados) est la seule petite île de l'Archipel de la Terre de Feu qui appartienne à l'Argentine.

Relief du sol. 
La République argentine contient à la fois les plaines les plus étendues et les sommets les plus élevés de l'Amérique. Très montagneuse dans la partie occidentale, très plate dans la région orientale, elle présente les paysages les plus monotones et les aspects les plus variés. Sauf quelques sierras de faible hauteur et de médiocre importance, les montagnes de l'Argentine se rattachent, pour la plupart, au système andin ou au massif central (provinces de San Luis et de Cordoba). Les Andes ont été l'objet d'une description spéciale sur une autre page; rappelons seulement que l'Aconcagua, la plus haute montagne d'Amérique (6960 m), est tout entier sur le territoire argentin et que le passage le plus fréquenté à  travers la chaîne tout entière est le col de la Cumbre : c'est précisément la grande route qui relie Valparaiso à Mendoza. 

En dehors de cette chaîne et de ses contreforts, le sol de l'Argentine est couvert au centre même du continent par un vaste massif. dont la longueur dans le sens du méridien est d'environ 500 kilomètres, c.-à-d à peu près celle des Pyrénées, la largeur de 200 à 250. Ces montagnes commencent par des ondulations presque insensibles du côté de l'Atlantique; la plaine qui se prolonge en pente imperceptible vers l'Orient est à l'altitude moyenne de 400 m. La grande route de Santiago del Estero à San Luis marque à peu près la limite orientale de ce système. Une première série de chaînons, dont l'altitude croît à mesure qu'ils se rapprochent du Nord, court parallèlement à cette route; ce sont comme les contreforts avancés du système. Innommés dans la partie méridionale, à cause de leur faible relief, ces chaînons s'appellent, au Nord, la sierra Ischilin et la sierra Quilino; ils sont séparés par un sillon profond (188 m), par où se glisse la voie ferrée de Cordoba à Tucuman. Du côté de l'Ouest, ces chaînons forment un bourrelet qui domine un plateau assez bien arrosé par des ruisseaux nombreux qui arrivent jusqu'à la plaine, mais non jusqu'à la mer. Ces ruisseaux coulent presque tous de la seconde chaîne, la mieux marquée de toutes et dont la partie centrale prend le nom de sierra de Cordoba. Elle a l'aspect de hautes plaines rocheuses de 1800 à 2884 m (Cerro Champaqui). 

Les sommets les plus élevés sont les Cumbres de las Achalas et de San Javier. Au Nord, le plateau de la Punilla s'abaisse peu à peu jusqu'à la dépression profonde de las Salinas. Du côté occidental, la sierra de Cordoba a de brusques déclivités, elle est crevassée de ravins abrupts et domine une longue courbe ou quebrada au delà de laquelle se relève une autre crête qui porte les noms de sierra de San Luis; au Sud, cette montagne commence par deux piliers dominant la haute plaine de 800 m et s'élevant à 1115 m d'altitude; c'est la Punta de San Luis et le Morro; cette chaîne est très déchiquetée, plusieurs de ses sommets présentent une silhouette étrange, d'énormes blocs aux arêtes vives dominent le plateau tourmenté qui sert de pié destal à la chaîne. Le Pancanta dépasse 2000 m. Au Nord-Est de la sierra de San Luis, s'alignent les cônes volcaniques de la sierra de Pocho; ce sont comme des dômes dont l'altitude est presque égale à celle des montagnes d'Auvergne, mais qui sont moins imposants à cause de la hauteur relative des terres environnantes. La Yerba Buena a 1645 m, le plateau qu'elle domine, près de 1200 m. 

Au Nord de la sierra de San Luis se trouve celle de Ulapes, beaucoup moins longue et de forme presque arrondie; elle s'abaisse au Nord assez rapidement et domine un seuil par lequel on accède au bassin des lagunes. Au delà s'élève la sierra des Llanos; formé de trois chaînons qui s'entrecroisent de manière à dessiner à peu près la forme de la lettre S, ce massif, riche en végétaux, contraste par la verdure de ses forêts, assez maigres d'ailleurs, avec les plaines arides qui l'entourent. Longue de 120 km, large de 12 à 20, elle domine d'environ 400 m le bassin argi leux des Salines.

Entre le 37e et le 38e degré de latitude Sud et prés du cap Corrientes commence une ligne de hauteurs qui occupent toute la partie méridionale de la province de Buenos Aires. Ces collines seraient insignifiantes n'était l'horizontalité presque complète des pampas qui se déroulent au Nord et au Sud On évalue à 245 m l'altitude du sommet culminant de la sierra de Volcan (Cerro Paulino et mont Nogote). Après une large dépression s'étend à l'Ouest la sierra del Tandil (450 m) que de faibles ondulations relient à la sierra de Quillalanquen, au coeur de la province. Dans la direction du Sud, près de la frontière, on trouve d'abord la sierra de Curamalal , et plus à l'Est, celle de Pillahuinco qui forme le rebord d'un plateau couvert de lagunes; à l'angle méridional de cette province s'élève un massif plus remarquable, la sierra de la Ventana (1020 m), qui condense les nuages venus du large et dont la base donne naissance à des ruisseaux assez abondants; mais le massif lui-même, composé de quartz blanc et d'autres roches imperméables, est d'une aridité désolante. Enfin, sur les frontières du Brésil, entre le Paranà et l'Uruguay, sous le 28e degré, s'élève le massif pittoresque de la sierra de Misiones.

La Pampa.
Le reste du territoire est occupé par l'infinie pampa : 

« Sur cette énorme superficie si plane, si égale, écrivait, au XIXe siècle, Martin de Moussy, les moindres plis de terrain prennent à l'oeil des proportions extraordinaires; le mirage, si fréquent en été, y fait ressembler les touffes d'herbe à des palmiers et sème de lacs et d'îles imaginaires cette mer de gazon. Des troupeaux nombreux, de boeufs et de chevaux, parcourent la pampa, le chevreuil, l'autruche y bondissent en liberté; le jaguar ou tigre d'Amérique, le loup rouge (Iguara) s'y tapissent dans les roseaux qui bordent les lagunes pour surprendre leur proie; l'igname s'y glisse dans les hautes herbes et la biscacha, la marmotte de la Plata, y creuse ses terriers à l'entrée desquels veille, en poussant des cris rauques, la petite chouette grise du désert. » 
La pampa argentine est divisée par le massif central en deux parties d'étendue très inégale. A l'Est, elle est arrosée par des rivières dont la plupart se perdent dans le sable avant d'arriver, soit à la mer, soit aux grands fleuves. C'est la pampa proprement dite avec ses flaques d'eau saumâtre ou douce; elle rappelle la steppe russe; les estancias et les villages s'y sont installé de loin en loin; le chemin de fer de Buenos Aires à Mendoza la coupe  en deux tronçons. Au Nord, c'est le grand Chaco et les Llanos de Manzo. Au Sud, c'est la Pampa des Andes et la Patagonie

A l'Ouest, entre le massif central et les Andes, la plaine a un autre caractère. On y trouve le bassin des salines ou des lagunes, divisé en plusieurs dépressions séparées par des collines de très faible hauteur. Au Nord est la saline de Catamarca ou des Andes, puis celle de la Rioja; enfin, celle du Bebedero au Sud. Sous une couche légère, composée d'argile, le terrain est imprégné de sels alcalins et son aspect est d'un jaune rougeâtre; la végétation est maigre, sauf dans quelques îlots disséminés au milieu d'immenses déserts ou travesias. dont le sol s'élève de quelques mètres au-dessus de la plaine. C'est l'humidité qui manque à la Pampa, mais lee sol se prête admirablement à l'élevage extensif.

Décrivons sommairement et distinguons les trois grandes sections de la plaine argentine. Le grand Chaco entre les premiers contreforts des Andes et le Paraguay, d'une part, le Pilcomayo et le Salado de l'autre, est une plaine immense qui participe au caractère de la selva brésilienne. Le sol en est constitué par des roches de grès recouvertes d'argile plastique et ferrugineux presque imperméable; aussi les lagunes et les marais salants sont très étendus; le trait caractéristique de la flore est l'uniformité, on y trouve d'immenses forêts de palmiers, de vinal et de mistol. Le climat chaud est généralement humide. 

Le Chaco se divise en deux sections : le Chaco boréal au Nord du rio Vermejo; le Chaco austral, qui n'a pas une colline. 

La plaine des pampas manque d'arbres. La Patagonie, qu'on peut faire commencer au sud du rio Negro, se partage également en deux sections : la Patagonie septentrionale qui participe au caractère géologique la Pampa; la Patagonie méridionale, qui est très creuse d'aspect et dont une partie a un sol volcanique. Le climat en est extrême.

Régime des eaux. 
Au point de vue hydrographique, nous retrouvons les mêmes contrastes qui nous ont frappé en étudiant le relief. L'Argentine possède la partie la plus importante d'un réseau fluvial qui est un des plus beaux du monde : mais une grande partie de son territoire est sillonnée par des torrents qui se perdent dans le sable ou dans les lagunes et n'ont pas la force d'arriver à la mer ou aux grands fleuves permanents. Le bassin de la Plata occupe presque le quart de l'Amérique du Sud, Ce fleuve est formé par la réunion du Parana, que grossit le Paraguay, et de l'Uruguay. Le Parana appartient à l'Argentine sur sa rive gauche, depuis le confluent de I'Iguazu jusqu'à celui du Paraguay. Il décrit de nombreux détours, est encaissé entre des rives dominantes, et forme peu d'îles. Large de 3 kilomètres environ, il est parfois rétréci par des étranglements rocheux, forme la grande île d'Yacareti et d'Apipe. Il est sujet à des crues périodiques de décembre en juillet. La zone argentine du territoire des Missions est presque déserte et couverte de grands bois, des chutes d'eau y interceptent la navigation à l'époque de la sécheresse. Au confluent avec le Paraguay ou Corrientes se trouve l'île d'Itapiru. A partir de ce point le fleuve prend la direction du Sud, il a toujours 2,25 m au minimum. Ses crues sont rares, mais terribles et imposantes. La différence de niveau atteint 8 m et, comme les rives sont basses, le fleuve couvre des espaces immenses. Le Paraguay a pour affluents, sur le territoire argentin, le rio Pilcomayo qui rappelle le souvenir de l'infortuné Crevaux, et le rio Vermejo. Le Paranà reçoit le rio Salado, qui est navigable jusqu'aux montagnes de Salta. Ses crues sont assez fortes, mais la faible pente du sol est un obstacle à leur écoulement et une lisière de lagunes et de marécages s'étend sur presque toute la longueur du fleuve. La salure de ses eaux est presque insensible, sauf pendant la saison sèche. 

L'Uruguay, qui prend sa source au Brésil, dans la Serra do Mar, borne l'Argentine sur sa rive gauche. C'est un fleuve de pampas, sa navigation est fort pénible à l'étiage dans toute la partie supérieure, elle est possible toute l'année à partir de Concordia. De nombreux gués, des récifs, des écueils en compliquent les dangers; les îles y sont plus rares que dans le Paranà ; une végétation touffue, inextricable en défend les bords, les crues en sont très fortes et très rapides de septembre en décembre. Le Parana est un fleuve à delta. Celui-ci commence à San Pedro où le fleuve bifurque en deux bras : le Paranà de las Palmas et le Paranà Guazu ou grand fleuve : ces deux canaux se subdivisent en un réseau très compliqué et changeant. 
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Les chutes de l'Iguazu (Iguassu), affluent du Parana, à la frontière de l'Argentine et du Brésil.
Images : The World Factbook.

Les autres fleuves de l'Argentine sont le rio Dulce qui se perd dans la lagune appelée Mar Chiquita (80 m d'altitude). Son régime est le même que celui du Salado auquel il est parallèle, mais il n'arrive pas jusqu'au Parana qu'il atteignait autrefois. De même les rivières qui descendent des sierra de Cordova et de San Luis : les rios Primera et Segundo; le rio Tercero est grossi du Sadillo qui se jetait autrefois dans le rio Cuarto. Il arrive jusqu'au grand fleuve par un lit tortueux et profond. Il est navigable jusqu'à Villa Nueva où bifurque le chemin de fer de Rosario à Cordoba et à San Luis. Le rio Quinto, qui réunit les eaux de la sierra de San Luis, se perd dans les lagunes du Zuncal, une ligne de lacs, de creux plus ou moins humides, des bañados qui s'étendent ou se rétrécissent suivant les saisons, se prolonge jusqu'au rio Salado, de la province de Buenos Aires, qui se jette au Nord du cap San Antonio dans l'estuaire de la Plata.

Pour achever cette énumération des principaux cours d'eau de l'Argentine il reste à indiquer les fleuves qui tombent directement dans l'Atlantique et à décrire sommairement le réseau fluvial de la plaine intérieure. Au premier de ces groupes se rattachent le rio Colorado et le rio Negro. Le rio Colorado est formé de deux bras principaux qui viennent des Andes au Nord du col de Planchon. La haute vallée est très encaissée, c'est un immense couloir qui débouche en plaine, près du village de Cordillera. Il coule ensuite au Sud-Est, séparant le territoire de Los Andes du territoire du rio Negro. Sa pente est plus rapide que celle des fleuves septentrionaux; il a deux sortes de crues, la première due à la fonte des neiges, au commencement de l'été (fin décembre), l'autre aux pluies de la fin de l'automne en juin. Il est grossi, à gauche, d'un affluent important qui s'appelle aussi le rio Salado et qui se rattache, par ses bras supérieurs, le Chadi-Leobu et l'Atuel, au système de la plaine intérieure. 

Le rio Negro recueille toutes les eaux qui ruissellent sur le flanc oriental des Andes entre le Tronador et le volcan de Chillan. II est navigable sur la plus grande partie de son cours. Deux grands courants le constituent : celui du Nord est le rio Neuquen; celui du Sud, qui sort du lac Nahuel-Huapi, est le rio Limay; son régime est le même que celui du Colorado.

Du Nord au Sud, les bassins intérieurs de l'Argentine sont : 1° Entre la chaîne orientale des Andes, la sierra des Cerros Blancos, sous le 26° degré de latitude Sud, la Laguna Blanca, dont le trop-plein, aux époques de pluie, s'écoule dans la Laguna Colorada. Ces deux nappes d'eau diminuent de surface; en même temps s'augmente le degré de salure. 2° Entre les Andes et les sierras de Aconquija et de Ambato. les salines de Andalgala, dans la province de Catamarca (28°de  latitude); elle reçoit le rio Belen; le seuil d'Amilgancho, formé de dunes sablonneuses, le sépare du bassin suivant. 3° Bassin de la Rioja entre les dernières croupes de la sierra Famatina et de la sierra de los Llanos; la lagune qui en occupe le fond est très allongée. 4° Au Sud du massif de San Luis, le bassin du Bebedero, qui communique d'une manière intermittente avec le précédent par la fameuse Cañada de la Travesia, lit desséché d'un immense fleuve aux eaux salées.

Les bords du Bebedero donnent d'énormes quantités de sel à l'époque des sécheresses. Plus à l'Ouest se creusent les lagunes de Guananche où devraient arriver les eaux du rio Vermejo qui descend des profondes vallées entre les Andes et la sierra Famatina, le rio Blanco, qui reçoit les neiges du Copiapo et du Cerro del Cobre, enfin le rio San Juan, formé de deux bras. Celui du Nord, le rio Cortano, ouvre la passe del Viento; celui du Sud, le rio de los Patos, recueille les torrents du Portillo de Vallo Hermoso et ceux qui sillonnent le flanc septentrional du massif de l'Aconcagua. Les lagunes de Desagnadero dont un bras tourne brusquement au Nord pour se jeter dans le lac du Bebedero; le bras méridional se perd dans les bas-fonds sablonneux des dunes où arrivent affaiblis les deux principaux cours d'eau de la province de Mendoza, le Tunuyan et le rio Diamante, entre lesquels se trouve le désert aride de la Travesia Grande.

Climat
Le climat de la République argentine varie nécessairement suivant la situation et l'altitude des diverses récit de cet immense territoire. On peut diviser l'Argentine en trois zones auxquelles correspondent des climats différents : la zone orientale, la zone intérieure et la zone des Andes. 

a. La zone orientale comprend le littoral, la Patagonie, les provinces de Buenos Aires, Santa Fé, Entre Rios, Corrientes et une partie du Chaco. C'est un climat maritime. L'été y correspond à l'hiver de l'hémisphère Nord, Le printemps à l'automne; mais la température est tellement douce que l'on n'y distingue guère, en réalité, que deux saisons : la chaude, d'octobre à fin avril; la fraîche, de mai à fin septembre. Le mois de juillet est le plus froid. Il rappelle le mois d'avril à Paris : en moyenne, le thermomètre ne descend pas plus bas que - 4°C et ne dépasse pas + 41°C. A Buenos Aires, la moyenne annuelle est de 17°2, celle de juillet 10,4°C, celle de janvier 24,3°C. Les brises de mer dans les contrées voisines du littoral donnent une certaine égalité de température nocturne et diurne; mais à mesure qu'on s'éloigne de l'Atlantique, l'écart augmente entre la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits, surtout au printemps. A la suite des vents violents venus de la Pampa, on observe des minima de -4°C pendant la nuit. La pression atmosphérique est très forte : elle varie entre 779 mm 747. Les oscillations les plus fortes ont été observées à Gualeguaychû, elles atteignent 29 mm. La pression est en raison inverse de la température. Le mercure s'élève par les temps froids. Les vents d'Est et de Sud-Est dominent. Le dernier souffle presque sans interruption pendant toute la saison chaude; leur action est combattue en partie, pendant la nuit, par la brise de terre sur les bords de l'Océan; de là un phénomène connu sous le nom de Virazon, dont les effets sont parfois considérables la colonne d'air entre en mouvement de haut en bas et produit ainsi une dépression que viennent occuper en tournoyant les couches voisines. Les vents du Nord, assez rares, sont chauds et humides, ils provoquent des orages et sont suivis, au bout d'un jour, en général, d'un appel d'air venu du Sud-Ouest, et qu'on appelle le Pampero, généralement accompagné de tempête et d'une pluie fine, quelquefois de trombes et de grêle. Au point de vue hygrométrique, cette région présente d'assez grandes différences entre l'humidité du jour et celle de la nuit. La rosée est abondante, sauf de janvier à mars, la neige est presque inconnue; mais les brouillards sont fréquents et produisent parfois des mirages; les pluies sont distribuées inégalement, elles sont rares et très abondantes, la hauteur moyenne des eaux de pluies est de 1200 mm. 

b. Zone centrale ou intérieure, chaleurs torrides, faibles différences entre la température de jour et de nuit, grande variété des climats locaux, surtout dans le voisinage du massif central, vents alternatifs du Nord et du Sud. Le vent du Nord ou Zonda est le simoun de cette région, il produit des tourbillons de poussière, dans la Pampa fréquents orages.

c. Zone des Andes (Andes).-

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