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Alberoni
(Giulio),
cardinal du titre de saint Chrysogon, célèbre ministre du
roi d'Espagne Philippe
V, né à Plaisance, ou, suivant d'autres, à Fiorenzuola
(Parmesan) le 31 mai 1664, mort à Rome le 26 juin 1752. Clerc sonneur
à la cathédrale de Plaisance, et élevé par
charité au couvent des barnabites de cette ville, il devint en 1702
chapelain du comte de Roncoveri, évêque de Bourg de saint
Donnin, et agent du duc de Parme auprès du duc de Vendôme,
commandant les troupes françaises en Italie. Sa souplesse et son
esprit lui gagnèrent, la faveur de Vendôme, le duc de Parme
le pourvut d'un canonicat, et lui donna la place de Roncoveri.
En 1706 Vendôme
l'emmena en France ,
le présenta au roi et lui fit obtenir une pension. Alberoni suivit
le maréchal dans sa campagne des Pays-Bas, en qualité de
secrétaire, et l'accompagna en Espagne
(1709). Il fut chargé de parcourir les principales villes de l'Aragon
et de Valence, pour y raffermir les partisans de Philippe
V ( L'Espagne au XVIIIe
siècle ).
En 1712, après la mort de son protecteur, il revint à Versailles
rendre compte à Louis XIV de la situation
de l'Espagne, et retourna l'année suivante dans ce pays comme chargé
d'affaires de Parme. La mort de la reine M.-L. Gabrielle
de Savoie (14 février 1714) lui permit de se pousser plus avant
encore. Il maria Philippe V avec Élisabeth
Farnèse, nièce du duc de Parme, s'entendit avec la nouvelle
reine pour chasser de la cour la princesse des Ursins,
et devint bientôt le personnage le plus important de la cour d'Espagne.
L'envoi d'une escadre
espagnole au secours des Vénitiens menacés par les Turcs
lui valut le chapeau de cardinal (17 juillet 1717). Créé
grand d'Espagne ,
déclaré premier ministre, pourvu successivement de l'évêché
de Malaga
et de l'archevêché de Séville (16 décembre 1717),
il crut pouvoir tenter la réalisation des plans gigantesques qu'il
avait formés pour le relèvement de l'Espagne. Il voulait,
en déchirant les traités d'Utrecht ,
lui rendre toutes les provinces qu'elle avait été obligée
de céder en 1713. Il avait donc à combattre l'Angleterre,
intéressée plus que toute autre puissance au maintien de
la paix, le Régent. de France, Philippe d'Orléans ,
allié de l'Angleterre et de la Hollande depuis le mois de janvier
1747, l'Autriche et la Savoie qui détenaient les provinces cédées.
Contre l'Angleterre, Alberoni arma
Charles
XII, Pierre le Grand et le prétendant
Jacques III; il attaqua le Régent en favorisant les intrigues du
duc du Maine, il eut même l'idée de faire donner la régence
à Philippe V; l'Autriche fut
menacée par les Turcs, et attaquée directement en Sardaigne.
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Giulio
Alberoni.
Les débuts
de l'entreprise furent heureux : huit mille Espagnols débarquèrent
à Cagliari
et soumirent la Sardaigne en moins de trois mois (1717). L'année
suivante, une belle flotte de 22 vaisseaux et de 300 transports jeta 30
000 hommes en Sicile, et l'île parut sur le point de rentrer sous
la domination espagnole, mais les plans d'Alberoni étaient trop
vastes, Philippe V était trop
irrésolu, les ennemis de l'Espagne, étaient trop unis pour
que le succès tôt possible. Le 21 juillet 1718, l'Autriche
signait avec la Turquie le traité de Passarowitz ( Le
Déclin de l'Empire Ottoman ),
et le 2 août de la même année elle adhérait à
la ligue conclue entre la France, l'Angleterre et la Hollande. Le 10 août
l'amiral Byng coulait 18 vaisseaux espagnols à Melazzo. Le 11 décembre
Charles
XII était tué à l'assaut de Frederickshald. La
conspiration de Cellamare, ambassadeur d'Espagne
à Paris, était découverte. Le 2 janvier 1719, la France
déclarait la guerre à Philippe V, le 16 juin Berwick prenait
Fontarabie, Urgel succombait le 11 octobre; la flotte qui devait porter
Jacques III en Écosse était dispersée par la tempête,
Alberoni avait échoué partout.
Philippe
V le sacrifia au rétablissement de la paix. Le 5 décembre
1719, un secrétaire d'État communiqua au cardinal un acte
écrit de la main du roi qui lui commandait de quitter la cour dans
un délai de trois jours, et l'Espagne dans trois semaines. Le 12
décembre, Alberoni quitta Madrid
et se rendit à Sestri di Levante sur le territoire de Gènes
(5 février 1720). Le 24 février, il fut arrêté
par ordre du pape, sur une plainte du tribunal de l'Inquisition ,
qui l'accusait d'intelligence avec les Turcs, mais le grand Conseil de
Gênes le fit remettre en liberté le mois suivant. Le 7 avril
1721 Alberoni rentra à Rome, et prit part à l'élection
d'Innocent XIII. En mai 1722, le pape fit
instruire son procès, les juges ecclésiastiques le reconnurent
coupable « de quelques irrégularités » et le
condamnèrent à quatre ans de réclusion dans un couvent;
le pape réduisit la peine à un an, le déchargea bientôt
après des censures ecclésiastiques (20 décembre 1723)
et lui rendit solennellement le chapeau (12 janvier 1724). A son premier
consistoire (12 juin 1724), Benoît XIII
lui assigna le titre diaconal de saint Adrien, in Campo Vaccino, qu'il
échangea en 1728 contre celui de saint Chrysogon. Comme il n'avait
jamais obtenu ses bulles pour l'archevêché de Séville,
le pape le consacra lui-même évêque de Malaga
(11 novembre 1725). En 1732, dans un voyage à Parme, il fut reçu
avec distinction par le duc et la duchesse, et fonda un séminaire
pour les pauvres écoliers. Légat du Saint-Siège
en Romagne (1738) il réunit un moment la république de Saint-Marin
aux États du pape. (G. Desdevises du Dézert.) |
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