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Métempsycose, altération de Métempsychose, (du grec meta, marquant un changement, et psuchè, âme), transmigration des âmes. La métempsycose est une des premières formes que prit le dogme de l'immortalité de I'âme. Les Égyptiens croyaient que l'âme, aussitôt après la mort, entrait successivement dans les corps de tous les animaux qui vivent sur notre globe, et qu'elle revenait au bout de trois mille ans dans le corps d'un humain, et cela éternellement (La Religion égyptienne). Cette forme archaïque fut remplacée par la croyance à un empire des morts appelé Amenthès (qui donne et qui reçoit), et sur lequel régnait Osiris, sous le nom de Sérapis. Chez les Indiens, la métempsycose prit un caractère plus métaphysique, et qui se rattachait à la doctrine des émanations; le cercle des transmigrations embrassait la nature organisée, depuis la plante jusqu'à l'humain, et la fin de l'âme était d'aller s'absorber en Dieu (La Religion en Inde). Chez les Perses (La religion de l'Avesta), la métempsycose devint la croyance à la résurrection de l'âme dans le corps qu'elle avait occupé; cette doctrine, enseignée par Zoroastre, annonçait un jugement dernier.

On trouve encore la métempsycose enseignée en Grèce, dans les Mystères, au nom d'Orphée. Après lui, Pythagore lui donna une forme plus précise, en posant comme condition une certaine harmonie entre les facultés de l'âme et l'organisation du corps qu'elle doit habiter. Platon prit de la métempsycose ce qu'elle avait de plus spiritualiste, en cherchant, dans son Phédon, à l'élever à la hauteur d'une doctrine philosophique. Porphyre essaya de la faire entrer dans la philosophie alexandrine, sans faire descendre l'âme jusqu'à l'échelle animale. A cette forme nouvelle se rattache celle qu'on rencontre dans la Kabbale des Juifs; des deux côtés, on voit la métempsycose renfermée dans la vie humaine.

Au XIXe siècle, on a vu cette vieille doctrine dans un livre de Pierre Leroux, De l'Humanité, avec ce caractère nouveau qu'au lieu d'être une déchéance pour l'homme, c'est un progrès, et dans le système de Charles Fourier (Utopie), père de l'école phalanstérienne, qui admet une série d'existences dans ce monde ou intra-mondaines et dans des sphères supérieures ou extra-mondaines. (R.).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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