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Les Maruts,
Marouts
ou Maroutas sont dans la mythologie védique
des génies aénies aériens, qui sont la personnification
des vents; ils sont au nombre de quarante-neuf; fils et compagnons du dieu
Roudra;
on en compte trois fois 9 ou trois fois 60. Ils forment une bruyante escorte
d'lndra, attaquant avec lui les citadelles des
mauvais génies. On les figure vêtus de peaux de biche; leur
voix est comparée à celle du lion.
Leur empire s'étend dans les plaines
de l'air; Indra, dieu du ciel et leur souverain, les lance comme sa milice
fidèle tour à tour sur la terre et sur les masses de nuages,
qui recèlent dans leurs flancs les eaux bienfaisantes de la pluie.
Les Marouts sont les émissaires d'Indra, les exécuteurs de
ses ordres; semblables aux enfants du terrible Eole,
tantôt ils sont renfermés dans les demeures que leur chef
leur assigne, tantôt ils s'échappent à sa voix, et
s'élancent dans l'espace qui leur est ouvert, pour mouvoir, ébranler,
déchirer et détruire. Aussi étaient-ils autrefois
fort redoutés des pasteurs et des colons de l'Inde ,
qui les conjuraient par des prières et par des voeux. Voici quelques
fragments des hymnes du Rigvéda ,
traduits par Nève, qui expriment poétiquement les phénomènes
causés par les Marouts, et la manière dont on les conjurait
:
«
Qui de vous est le plus grand , ô chefs qui ébranlez le ciel
et la terre! quand vous agitez ce monde comme le sommet d'une colline?
L'homme protège sa demeure contre votre impétuosité
et votre violence horrible : la plus haute montagne céderait devant
vous; à votre choc renversant tout, la terre tremble comme un chef
affaibli par les ans [...]. Partout où s'avancent les Maroutas ,
ils résonnent avec fracas sur leur route; tous les êtres entendent
leur marche. Venez promptement sur vos chars rapides; des cérémonies
ont été préparées pour vous par les fils de
Kaova ; soyez comblés de joie en ces lieux. »
Quand la foudre a retenti comme le mugissement
d'une vache, les Marouts l'accompagnent aussitôt
pour répandre la pluie au milieu des journées, ils
produisent l'obscurité par le nuage portant le poids des eaux, quand
ils vont inonder la terre; après leurs coups retentissants, toutes
les habitations terrestres sont saisies de tremblement ainsi que les hommes.
Renversant les corps solides et immobiles,
soulevant les fardeaux les plus lourds, les Marouts brisent et déracinent
les arbres du sol , ils ébranlent et entrouvrent les flancs des
montagnes.
Ils ne connaissent aucun ennemi ni dans le ciel, ni sur la terre; leurs
forces, toujours bien unies, renversent et domptent tous les obstacles
: ils s'avancent de toutes parts comme saisis par l'ivresse.
Par leur vigueur irrésistible, ils
agitent violemment toutes les créatures terrestres ou célestes,
douées de la force la plus solide; ils soulèvent des tourbillons
de poussière, et abreuvent de l'eau des nuages la terre desséchée.
Tels que des éléphants sauvages, ils détruisent les
forêts;
ils rugissent avec fureur comme des lions; ils
ressemblent à des archers qui vibrent sans cesse dans leurs mains
des flèches menaçantes; ils sont toujours prêts à
lancer leurs traits étincelants.
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Les
Marouts sur un linteau du VIIe
s. découvert au Cambodge
(Musée Guimet).
Les Marouts combattent avec agilité
comme des soldats exercés et avides de gloire; ils sont redoutés
de tous les êtres, ces chefs d'un aspect éclatant. Ils
font briller leurs armes étincelantes, et ils signalent leur force
par des coups destructeurs; sous le poids des nuages qu'ils amoncèlent,
l'univers entier tremble, dans l'attente des pluies abondantes qui s'en
précipiteront des hauteurs du ciel.
Ces grands agitateurs du monde, brillants
comme le soleil, se servant d'Agni (le feu) comme
de leur langue, sont appelés au sacrifice avec la foule des Devas;
ils ont
part aux libations de chaque jour; ils
sont conjurés, par des prières chantées, de joindre
leur assistance efficace à l'assistance que les maîtres du
ciel lumineux ne refusent jamais à l'homme qui les implore. Un hymne
du Rigvéda
les représente portés sur des chars aux roues d'or, tenant
des épées de fer, et courant çà et là
pour exterminer leurs ennemis. (Essai sur le mythe des
Ribhavas). |
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