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L'héraldique
Le blason
Principes du blason Les armoiries Les drapeaux Les ordres de chevalerie
Le blason, qu'on appelle indistinctement art héraldique, science des armoiries, a pour objet de savoir composer ou expliquer les armoiries ainsi que les figures et les signes qui les forment ou les accompagnent et cela, selon les termes propres et particuliers de la langue héraldique qui se veut universelle. On entend aussi par blason la représentation peinte, imprimée, gravée de la marque héréditaire dont chaque famille noble a fait usage, en l'apposant, soit sur les objets lui appartenant, soit sur ceux destinés à lui survivre et à devenir une sorte de certificat d'origine, tels que tombeaux, monuments, palais, etc. On trouvera au mot Armoirie les notions historiques relatives aux origines et aux développements du blason en Europe. Il suffira de donner ici les règles du blason qui ont été arrêtées par les héraldistes et les juges d'armes des XVIIe et XVIIIe siècles et qui sont aujourd'hui à peu près identiques chez toutes les nations européennes.

La composition du blason.
Trois choses sont indispensables dans la composition d'un blason : les émaux, l'écu et les figures :

Les émaux.
Les émaux comprennent les métaux et les couleurs; les métaux sont l'or ou le jaune, l'argent ou le blanc. Les couleurs ou émaux proprement dits sont l'azur qui est bleu; le gueules, rouge; le sinople, vert; le pourpre, violet; le sable, noir. Il y a aussi la carnation, qui est la couleur du corps humain, et le naturel, qui est celle des plantes, des animaux, etc. Enfin, les pannes ou fourrures qui sont l'hermine et le contre-hermine, le vair et le contre-vair. On ne peut mettre couleur sur couleur ou métal sur métal, à l'exception du pourpre qui peut être employé indifféremment comme émail ou comme métal; l'hermine est blanc moucheté de noir, le contre-hermine noir, moucheté de blanc; le vair est bleu et blanc ainsi que le contre-vair qui diffère du premier par la disposition des couleurs; c.-à-d. que le métal est opposé au métal et l'émail à l'émail. 

Dans la gravure soit sur papier, soit sur vaisselle d'or ou d'argent ou sur tout autre objet, les couleurs qui entrent dans la composition du blason sont représentées par des lignes ou hachures; l'azur par des lignes horizontales, le gueules par des lignes verticales, le sinople par des lignes diagonales de droite à gauche (en blason le droit et le gauche sont pris en sens inverse puisqu'on blasonne l'écu qu'on est censé porter devant soi, le côté droit ou dextre se trouve à la gauche de la personne qui regarde le blason et le gauche ou senestre à sa droite), le pourpre par des lignes diagonales de gauche à droite, le sable par des lignes horizontales et verticales croisées; l'hermine et le contre-hermine, le vair et le contre-vair par des traits propres à leurs émaux (le vair ou le contre-vair est formé de quatre traits). L'or est marqué par des points, l'argent par le fond uni, soit du papier, soit du métal sur lequel on grave.
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L'écu.
Le fond sur lequel sont représentées les armoiries se nomme écu ou champ; il est simple ou composé; simple, il n'a qu'un seul métal ou une seule couleur; composé, il forme plusieurs divisions qu'on nomme partitions. Quatre partitions principales servent à former toutes les autres; on les appelle : parti, coupé, tranché, taillé. Une ligne verticale séparant le blason en deux parties égales produit le parti; la ligne horizontale le coupé; la diagonale de dextre à senestre, le tranché; la diagonale de senestre à dextre, le taillé; les deux lignes verticale et horizontale réunies forment la partition qu'on nomme l'écartelé; les deux autres, l'écartelé en sautoir; les quatre ensemble, le gironné.
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Les quatre premières partitions servent aussi à établir les quartiers. Ainsi, un blason partagé en douze parties par deux lignes verticales et trois horizontales, ou, en termes héraldiques, parti de 2 et coupé de 3, établira douze quartiers qu'on blasonne successivement, en com mençant par le quartier dextre du chef; parti de 1 et
coupé de 2, il produira six quartiers. 

La configuration d'un blason est déterminée de la manière suivante :-

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C'est ainsi que toute figure placée dans la partie supérieure d'un blason est dite en chef; sur les côtés, en flanc; au milieu, en abîme, etc. 

Les figures.
Les figures couvrant le blason sont divisées en quatre catégories : les pièces héraldiques, celles que la science du héraut d'armes règle; les figures des corps naturels, c.-à-d. les astres, les animaux, les corps humains en tout ou partie, les plantes, les arbres, les fruits; les figures artificielles, telles que les châteaux, les forteresses, les instruments de guerre, de chasse, de musique, les outils et ustensiles servant aux différents métiers ou industries. Enfin, les figures de fantaisie et de caprice : les monstres, les diables, les sirènes, les centaures, etc.

Les figures ou pièces héraldiques sont de deux classes, les pièces honorables et les pièces ordinaires. Les honorables sont ainsi nommées parce qu'elles ont été les premières en usage, parce qu'elles occupent une portion importante de l'écu et parce qu'elles représentent, dit-on, des objets qui ont rapport tant aux chevaliers qu'aux lieux où ils combattaient. Ce sont : le chef, le pal, la fasce, la bande, la barre, le chevron, la croix, le sautoir, la pairle, la bordure, la franc-quartier : 

Le chef occupe le haut du blason horizontalement et le tiers de sa hauteur; le pal est une pièce droite qui traverse l'écu du haut en bas par le milieu et qui occupe le tiers de sa largeur. La fasce le traverse horizontalement par le milieu et en occupe aussi le tiers; la bande, aussi de même largeur, part diagonalement de l'angle dextre du chef à l'angle senestre de la pointe; la barre est une pièce semblable posée dans le sens contraire; le chevron est formé de deux lignes se joignant en pointe vers le haut de l'écu et descendant en manière de compas ouvert, dont les jambes seraient appuyées aux deux angles de la pointe. La croix est la réunion du pal et de la fasce, laissant quatre cantons vides égaux entre eux; le sautoir est ce qu'on appelle communément la croix de Saint-André. Le pairle a la forme d'un y; il part de la pointe du blason et vers le milieu se divise en deux branches se dirigeant vers les deux angles du chef; la bordure est une pièce qui sert de cadre intérieur au blason, elle n'a pour largeur qu'un sixième du blason; le franc-quartier est un carré occupant le quart du blason; plus petit, il prend le nom de canton, et enfin le champagne, qui n'est autre qu'une fasce occupant la tiers inférieur du blason. 
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Blasons de clans écossais.
Blasons de clans écossais.

A ces pièces honorables qui tiennent le premier rang, il convient d'en ajouter d'autres dites de second ordre, parce qu'elles sont d'un usage plus récent et parce que leurs dimensions sont plus exiguës. C'est l'orle, bordure réduite à la moitié de sa largeur ordinaire et complètement isolée des bords de l'écu; le trescoeur ou trescheur, sorte d'orle étroit, orné de trois fleurons en dedans et de trois en dehors; le giron, figure triangulaire, c.-à-d. une des divisions du gironné; le gousset, pairle plein dans sa partie supérieure; la pile, angle aigu dont la base touche la pointe de l'écu et le haut du chef. La plupart de ces pièces peuvent être doublées ou triplées sur les blasons; il n'est pas rare de voir deux fasces, deux barres, deux bandes sur le même écu; mais lorsque ces pièces, en plus grand nombre, se trouvent tout naturellement diminuées de largeur, elles changent de nom et deviennent des vergettes, des burèles, des cotices, des jumelles, des tierces, des tringles, des combles, des étaies, des croisettes, des flanquis, des filières, des filets. 

Venons aux pièces héraldiques ordinaires qui sont : le losange, dont le nom indique suffisamment la forme; la fusée, losange mince et allongée; le macle, losange percée d'un jour aussi en losange; le rustre, macle percé d'un jour rond; le besant, pièce ronde en or ou en argent; le tourteau, pièce ronde en émail; le besant-tourteau et le tourteau-besant, pièce ronde mi-métal, mi-émail ou mi-émail, mi-métal; la billette, petit carré long; le treillis, bandes et barres entrelacées au nombre de six et clouées aux points d'intersection. Les frettes, même figure sans les clous; les points équipolés représentés par neuf carrés d'échiquier; l'émanché, sorte de dentelure d'un émail différent de celui du champ pris soit en fasce, soit en pal, ce sont des pièces s'enclavant les unes dans les autres en forme de triangles pyramidaux de façon à laisser un tiers de l'écu pour chacune des parties pleines et le dernier tiers, celui du milieu, pour les parties émanchées; le lambel, filet placé horizontalement soit en chef, soit en fasce et ayant plusieurs pendants.

Les figures héraldiques ne pouvant suffire à meubler tous les écus, malgré les multiples combinaisons auxquelles on les soumet, les blasons sont aussi couverts de figures des corps naturels, de figures artificielles, de fantaisie et de caprice, mais toutes sont assujetties à des règles héraldiques et ont des attributs, qui indiquent d'une façon précise, outre leur couleur, leur situation, s'il s'agit d'animaux, sils sont représentés de face, de profil, assis, courant, etc., si ce sont des armes, telle une épée, si elle est nue, placée droite, obliquement. 

Un arbre, s'il a des feuilles, si l'on voit ses racines, et à l'égard de toutes pièces ou figures, la place qu'elles occupent sur le blason, si elles sont en nombre ou accompagnées de figures accessoires, de façon que l'on puisse transmettre à quelqu'un la désignation exacte de ses armes sans avoir besoin de les mettre sous les yeux de la personne et il suffit de la moindre omission dans le blasonnement pour produire une confusion, rendue facile par le nombre de familles qui ont un blason à peu près semblable : l'une porte : d'azur, au chevron d'argent, une autre porte les mêmes armes avec cette différence que le chevron est écimé dans sa partie supérieure, ce sont deux blasons tout à fait distincts. 
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Figures animales sur un ancien armorial.
Figures animales sur un ancien armorial.

On emploie aussi en blason beaucoup de figures de convention empruntées soit au règne animal, soit au règne végétal ou aux objets de nature en leur donnant un nom spécial; ainsi, on appelle une aile d'oiseau un demi vol; un bras tenant une épée, un dextrochère ou un senestrochère; trois feuilles posées en rosace, un caillou. Nombre de blasons sont couverts de fois, de ranchiers, d'ogoesses, d'ombres de soleil, de fermaux, de canettes, de merlettes, etc.

Les ornements extérieurs.
Le blason d'une famille, d'une ville, d'une corporation, d'une nation ne consiste pas seulement dans les figures tracées ou peintes à l'intérieur de l'écu, il comprend aussi les ornements extérieurs destinés à indiquer les dignités, le rang, les charges du possesseur, tels sont les cimiers, les casques, les couronnes, les chapeaux qui surmontent le blason des cardinaux, des archevêques, des évêques et qu'on distingue par le nombre des houppes qui les garnissent. De même qu'on reconnaît le blason d'un comte à la vue de la couronne comtale qui timbre son blason, de même sous l'ancienne France, on reconnaissait le blason des grands officiers de la couronne, à certains attributs qui leur étaient particuliers. Bien que les dignités ou les charges qui les représentaient n'existent plus guère de nos jours, comme quelques nations les ont conservées, il est utile de les connaître pour comprendre la signification des cachets armoriés, des sceaux et des ornements qui figurent sur certains monuments. 
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Blasons et ornements associés à quelques dignités royales.

Les règles héraldiques donnent au chancelier un cimier représentant la France tenant de la main droite le sceptre et de l'autre les sceaux, deux masses en sautoir derrière le blason, qui est environné d'un manteau de pourpre, timbré d'une couronne ducale et sommé d'un mortier comblé d'or rebrassé d'hermine et bordé de perles. Le connétable porte de chaque coté de son blason une main sortant d'une nuée et armée d'une épée nue. Le grand amiral, deux ancres passées en sautoir, derrière le blason, les trabes d'azur semées de fleurs de lis d'or ou d'étoiles (les autres amiraux une seule ancre droite). Le général des galères, un grappin ou ancre double en pal derrière l'écu. Les maréchaux, deux bâtons d'azur semés de fleurs de lis (d'abeilles ou d'étoiles selon les règnes); le colonel général de l'infanterie, six drapeaux, trois blancs et trois bleus; colonel général de la cavalerie, quatre cornettes fleurdelisées, deux de chaque côté; grand maître de l'artillerie, deux canons sur leurs affûts posés sous le blason; grand écuyer, deux épées royales à garde d'or avec baudrier et fourreau d'azur semé de France, une de chaque côté; capitaine des gardes du corps, deux bâtons d'ébène en sautoir; capitaine des Cent-Suisses, deux bâtons d'ébène garnis d'ivoire et en pointe de l'écu deux toques de velours; capitaine des gardes de la porte, deux clefs d'argent en pal; grand maître de la maison du roi, deux bâtons d'or en sautoir terminés par une couronne royale (ou impériale); grand chambellan, deux clefs d'or passées en sautoir et terminées par la couronne royale; premier maître d'hôtel, deux bâtons d'or en sautoir; surintendant des finances, deux clefs, l'une d'or, l'autre d'argent posées en pal de chaque côté et adossées; grand prévôt de l'hôtel, deux faisceaux de verges d'or en sautoir avec deux haches d'armes liées de cordons d'azur; grand maréchal des logis, une masse et un marteau d'armes en sautoir sous l'écu; grand veneur, deux cors de chasse avec leurs attaches, un de chaque côté du blason; grand fauconnier, deux leurres; grand louvetier, deux têtes de loup posées de front; grand panetier, une nef d'or et le cadenas royal au bas du blason; grand bouteiller, deux bouteilles aux armes de France; grand échanson, deux flacons de vermeil aux armes royales; grand écuyer tranchant, un couteau et une fourchette en sautoir sous l'écu, les manches d'azur aux fleurs de lis d'or et terminées par la couronne royale; grand aumônier, un livre aux armes de France sous le blason; les cardinaux, patriarches ou archevêques primats, sous le chapeau et derrière l'écu une double croix tréflée; les évêques ont une croix simple ou la mitre et la crosse tournées à dextre; les abbés mitrés ont de même la mitre et la crosse, celle-ci contournée à senestre; les chantres, un bâton ou masse derrière le blason; les prieurs et les abbesses environnent leur blason d'un patenôtre ou chapelet de sable avec la crosse contournée à gauche ou le bâton pastoral fait en forme de bourdon de pèlerin.

Ces marques distinctives n'empêchaient pas l'emploi des casques et couronnes. Car au-dessus de la couronne indiquant le titre, les magistrats portaient, en outre : les premiers présidents au parlement, un mortier de velours noir enrichi de deux larges passements d'or et ils entouraient leur blason d'un manteau écarlate doublé d'hermine avec des crochets d'or aux deux extrémités supérieures; les présidents à mortier timbraient de mérite, mais ne mettaient qu'un seul passement. Leur manteau était semblable à celui des précédents, mais sans crochets; les pairs de France entouraient leur blason d'un manteau bleu foncé, doublé d'hermine bordé d'une frange d'or.

Ces règles furent observées jusqu'à la Révolution de 1789, qui proscrivit l'usage du blason. Il reparut sous l'Empire, mais Napoléon Ier le réglementa à sa guise, et les blasons qu'il donna à ses nouveaux anoblis furent chargés de sabres, d'épées, de grenades, et les fasces, les bandes furent accompagnées par des pyramides, des ponts, des magasins à fourrages et autres souvenirs des guerres auxquelles ils avaient pris part. 
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Blasons.
Exemples de blasons divers.

Les ornements extérieurs furent modifiés; les abeilles, les aigles remplacèrent les fleurs de lis, et les casques et couronnes cédèrent la place à des toques de velours noir retroussées de fourrures et surmontées de plumes blanches ou d'argent; la croix de la Légion d'honneur devint une pièce héraldique et tout légionnaire, au lieu de la suspendre sous son blason, dut la placer dans l'intérieur. Tout prince grand dignitaire dut timbrer son écu d'une toque retroussée de vair avec port aigrette d'or surmontée de sept plumes et accompagnée de six lambrequins d'or, l'entourer d'un manteau d'azur semé d'abeilles d'or doublé d'hermine, sommé d'un bonnet d'honneur, forme électorale à calotte d'azur retroussée d'hermine; à l'intérieur, un chef semé d'abeilles d'or. - Duc : toque retroussée d'hermine, sept plumes, manteau doublé de vair, chef de gueules semé d'étoiles d'argent. - Comte : toque retroussée de contre-hermine, cinq plumes, franc quartier à senestre. - Conseillers d'Etat : franc quartier d'azur et d'or. - Comtes militaires : franc quartier d'azur, à l'épée haute en pal d'argent. Tous les autres comtes portaient ce franc quartier d'azur et le chargeaient : les comtes archevêques d'une croix pattée d'or; comtes sénateurs, d'un miroir en pal autour duquel se tortille et se mire un serpent d'argent; comtes ministres, d'une tête de lion arrachée d'or; comtes présidents du Corps législatif, des tables de la loi d'or; comtes ministres employés à l'extérieur, d'une tête de lion arrachée d'argent; comtes officiers de la maison de l'empereur, d'un portique ouvert à deux colonnes surmontées d'un fronton d'or accompagné en coeur des lettres D. A. du même; comtes officiers de maisons des princes, même portique et fronton avec le lettres D. J.; comtes préfets, d'une muraille crénelée d'or surmontée d'une branche de chêne de même; comtes maires, d'une muraille crénelée d'or; comtes présidents des collèges électoraux, de trois fusées rangées en fasce d'or; comtes membres des collèges électoraux, d'une branche de chêne posée en bande; comtes propriétaires, d'un épi d'or en pal; les barons portaient la toque retroussée de contre-vair avec porte aigrette en argent surmontée de trois plumes, le franc quartier à senestre, chargé d'une pièce variant suivant la nature de leurs fonctions, et différant de celles chargeant le franc quartier des comtes par l'émail ou le métal. Les simples chevaliers avaient pour ornements extérieurs la toque retroussée de sinople, surmontée d'une aigrette d'argent et dans leur blason une croix de chevalier chargeant une pièce honorable. La Restauration se hâta de faire disparaître les plumes et les toques et d'en revenir purement et simplement aux anciennes règles; qui continuèrent à demeurer en usage pendant le gouvernement de Juillet et le second Empire.
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e roi d'armes montre les blasons des chevaliers qui doivent prendre part au tournoi.
Le  roi d'armes montre au duc de Bourbon les blasons
des chevaliers qui doivent prendre part au tournoi
Miniature des Tournois du roi René. Manuscrit du XVe s.

Il reste encore quelques détails à noter dans l'ensemble du blason à l'extérieur : les lambrequins, généralement aux couleurs de l'écu, les tenants et les supports, qui semblent tenir le blason quand ce sont des anges, des sauvages, des guerriers, qui, placés de chaque côté du blason, ont une main dessus, ou le supporter s'il s'agit d'animaux, lions, licornes, cerfs, levriers, qui l'accompagnent. Souvent aussi, le cri de guerre ou la devise de la famille est écrit sur un liston placé au-dessus ou au-dessous du blason; les membres d'un ordre de chevalerie quelconque mettent soit la croix sous le blason, soit le collier alentour. Les grands officiers et les grand-croix placent la grande croix de l'ordre derrière leur écu; les empereurs et les rois mettent leur blason sous une espèce de dôme qu'on appelle pavillon. Les femmes mariées accolent leur blason à celui de leur mari, les filles l'entourent d'une guirlande de fleurs; les veuves, d'une cordelière en filets à noeuds.

Blason de roture.
Celui qui sert à distinguer une communauté, une corporation, une association. Par opposition à la botte du gentilhomme, les artisans qui se groupèrent autour des anabaptistes portaient un blason sur lequel était figuré un soulier; certains corps avaient des sceaux sur lesquels on voyait un soc de charge flanqué d'un rateau et d'un fléau; sur d'autres, un sabot; le père de Luther faisait usage d'un blason dont la pièce principale était un marteau ; nombre de blasons de roture figurent sur des monuments divers, et l'usage s'en est continué jusqu'à nos jours. (H. Gourdon de Genouillac).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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